‹ Essai sur le regne de l'empereur DomitienChapitre 23 sur 72 · LXXI · texte numérisé non relu

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^6) Nous n'avons que le témoignage d'Eusébe : « Domitianus plurimos nobilium in exilium mittit atquc occidit, » selon Jérôme (p. 161) en 2105 (!•' octobre 88-30 septembre 89 ; la version arménienne place le fait en 2104, p. 160). — Dion Cassius (LXVII, 9) dit qu'après son triomphe sur les Daces, Domitien fit périr quelques-uns des premiers citoyens , et qu*il confisqua

HOSTILITÉ DE l' ARISTOCRATIE CONTRE DOMITIEN. 261

L*échec d'Ântonius et les représailles sanglantes de Domitîen exaspérèrent la noblesse. Dès lors, elle ne songea plus qu'à faire disparaître le tyran. Elle renonça à le renverser par une révolte militaire, car les derniers événements avaient prouvé la fidélité de la plus grande partie des troupes pour Domitien (1); mais elle forma sans cesse des conspirations. Quant au prince, cette épreuve augmenta sa méfiance et aigrit son caractère. Il montra dès lors une cruauté atroce et raffinée (2). Connaissant la puissance de ses ennemis, il voulut frapper des coups terribles pour les abattre ; voyant partout des assassins et des traîtres, trompé par des flatteurs qui voulaient se concilier sa faveur ou écarter d'eux ses soupçons en lui désignant de prétendus coupables (3), il fit d'innombrables victimes. Il tua sans regret, sans pitié, se croyant en état de légitime défense. Entre le prince et les sénateurs, il y eut désormais une haine implacable (4). Cette lutte acharnée dura longtemps, car pendant plusieurs années, toutes les conspirations échouèrent; d'autre part, les rigueurs de Domitien, loin d'étouffer l'opposition, lui donnèrent plus de force. Chaque condamnation capitale fut suivie de nouveaux complots, dans lesquels entrèrent les parents, les amis, les protégés des victimes, par désir de vengeance ou par crainte d'être punis comme complices.

les biens d'un homme qui avait donné la sépulture à l'un d'eux, mort dans sa terre. Peut-être ces condamnations frappcrent-elles des complices d'Antonius.

(1) Dion Gassius (LXVII, 11) laisse entendre que l'honneur de la victoire remportée sur Ântonius revint autant aux soldats qu'au général Norbanus. La monnaie de bronze (Cohen, Domitien^ 117) qui a pour exergue : « Fides exercU{uum) . S. C, d et qui représente l'empereur et quatre soldats sacrifiant est pcutrétre une allusion à la conduite de l'armée lors de la révolte d' Antonius.

(2) Suétone,. Domih'en, 10 : « aliquanto post civilis belli victoriam saevior.» — Ce que Suétone dit encore {Domitien y 11) : a erât non solum magnae, sed etiam callidae inopinataeque saevitiae » s'applique aux dernières années de Domitien; cf. chapitre 3 : a quantum coniectare licet, super ingenii naturam inopia rapax, metu saevus. »

(3) Tacite, Agricolay 45. Juvénal, IV, 110. Aurelius Victor, Eptfome, XII (à propos de Voionto).

(4) Pline, Panég., 62 : a Nonne paulo ante nihil magis exitiale orat quam illa principis cogitatio : « bunc Scnatus probat , hic Senatui carus est ! » Oderat quos nos amarcmus, sed et nos quos ille. » Cf. Panë^., 72.

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