‹ Essai sur le regne de l'empereur DomitienChapitre 28 sur 72 · POLITIQUE A L*ÉGARD DBS JUIFS BT DES CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

POLITIQUE A L*ÉGARD DBS JUIFS BT DES CHRÉTIENS

a) la I Lusitanorum qui est indiquée, en Pannonie, pour les années 84, 85, 98, 113/114, 167 (1): b) la I Augusta Lusitanorum qui a appartenu à Tarmée d'Orient; sous Antonin et Dioclétien, elle était certainement en Egypte (2).

Il n'y a par conséquent pas lieu, je crois, d'adopter cette hypothèse d'une révolte en Judée en 86 (3).

Suétone nous apprend (4) que l'impôt du didrachme fut perçu, sous Domitien, avec une grande rigueur, a On déférait au fisc judaïque, » dit cet historien, « ceux qui menaient la vie juive sans le déclarer et ceux qui, dissimulant leur origine, ne payaient pas les tributs imposés à leur nation (5). » Il s'agit, dans cette phrase : des hommes de race juive qui ne faisaient pas de déclaration à l'autorité et ne payaient pas le didrachme, soit parce qu'ils avaient renoncé à leur religion, soit simplement pour frauder l'Etat; — des païens qui s'étaient convertis au judaïsme et fait circoncire, mais qui ne s'étaient pas fait inscrire sur les listes tenues par TEiat et ne payaient pas le didrachme. Désormais, tous les circoncis furent déclarés coutrihuables. Suétone raconte (6) qu'il vit un procurateur examiner devant une assemblée nombreuse un vieiilat-d de quatre-vingt-dix ans pour savoir s'il était circoncis. Dans Martial, on lit ces vers (7) :

Sed quae de Soljmis venit perustis damnatam modo mentulam tributis.

(1) Le diplôme de 84 est publié Ephem, epigr,, V, p. 94; celui de 167, C. i. L., m, p. 888. Pour les autres , voir notes précédeutes.

(2) Mommsen, Ephem. epigr,^ VII, p. 457.

(3) Une monnaie de 85 (Cohen, Domitien, 318) porte Tezergue : Judaea capta ; mais il est fort probable qu'elle est hybride. — Ces deux vers de btace {Silves, V, 2, 138) :

An Solymum cinerem palmetaqae capta subibis non sibi felices silTaa ponentis Idomes ?

ne doivent pas être invoqués à l'appui de l'hypothèse d'Uenzen ; ils peuvent aussi bien se rapporter à la révolte juive, à laquelle Titus mit fin par la prise de Jérusalem.

(4) Domitien, 12.

(5) « Judaïcus fiscus acerbissime actus est. Ad quem deferebantur qui vel inprofessi judaïcam [intra urbem : c'est une glose dont il ne faut pas tenir compte] viverent vitam, vel dissimuiata origine imposita genti tributa non pependissent. »

(6) Loc. oit,

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