‹ Essai sur le regne de l'empereur DomitienChapitre 30 sur 72 · POLITIQUE A L*ÉGARD DBS JUIFS BT DES CHRÉTIENS · texte numérisé non relu

POLITIQUE A L*ÉGARD DBS JUIFS BT DES CHRÉTIENS

saris Vespasi]ani (1) neptis, fecit, etc. (2). » — « [Flavia Domitilla^ filia Ftaviae Domitillae^ D]wi Vespasiani neptis, patri (3). » D'autres inscriptions mentionnent aussi cette Flavia Domitilla (4).

Quant à Tautre Donnitilla, on se fonde sur deux textes d*Eusèbe pour croire à son existence. Nous lisons dans VHistoire ecclésias^ tique (5) « <I>Xaou{av AofiiTtXXoev..., èl âSeX^vjç YSYovuïav OXaou(ou KXi)- (Acvroc » Dans ce passage, Eusèbe s'appuie sur Tautorité dV< historiens païens. » La Chronologie donnait une indication semblable. Saint Jérôme (6) dit : « Flaviam Domiiillam^ Flavii démentis ex sorore neptem » (ici le mot neptem signifie nièce, non petite-fille); Georges le Syncelle (7) « 4>Xauia AofjieTiXXa, èSaSeXçiQ KXi^jxevroç 4>Xau(ou. » Ces écrivains, dont l'un traduit et l'autre copie Eusèbe, disent que cette indication est tirée de Bruttius, Bp6rcioç(8), qu'on a identifié avec Bruttius Praesens, dont la famille avait des biens confinant h ceux de Domitilla, femme do Clemens (9); ce personnage aurait vécu au temps de Pline le Jeune dont il aurait été l'ami (Pline dit seulement Praesens) (10). On en a conclu que cet auteur devait être très bien informé sur la famille Flavienne. — On allègue en outre les Actes des saints Nérée et Achillée, qui présentent Flavia Domitilla comme une vierge, fille d'une certaine Plaulille, sœur elle-même de Flavius Clemens (II). — On fait observer que la Flavia Domitilla, mentionnée par Dion Cassius (12), fut exilée à Pandataria, tandis qu'Eusèbe (d'après Brut- Ci) Le nom n'étant pas martelé, on ne peut suppléer [Domiti]ani,

(3) C. /. L., VI , 949. Nous donnons ici les restitutions de M. de Rossi (Bull, arc/i. cHat., 1865, p. 21 et 23). quoiqu'elles soient contraires aux règles de répigraphie. La généalogie des Flaviens proposée par Mommsen (au Corpus ^ loc» cit.) est inadmissible : voir de Rossi, BulL arch. crist., 1875, p. 70 et suiv.

(4) C. /. L., VI, 16246, et Orelli-Henzen , 5423. C'est à elle aussi, sans doute, que se rapportent les briques C. /. L.. XV, 1139.

(5) m, Ts.

(6) P. 163, édition de la Chronologie d'Eusèbe par Schône.

(7) P. 650, édition Dindorf. — La version arménienne d'Eusébe a un texte fort incorrect dans ce passage. Dans l'epitome syriaque (p. 214, édition Schône), on lit : « Flaviam Domitillam, filiam sororis Clemeptis consulis. »

(8) Version arménienne : Drettius. Epitome syriaque : Burtnus. Dans la Chronique p/isca/e, il est appelé BpouTxtoc (édit. Dindorf, I, p. 468).

(9) De Rossi, Bull. arch. crist,, 1865, p. 24: 1875, p. 74.

(10) Lettres, VII, 3. — Un Bruttius Praesens fut consul pour la seconde fois en 139 : voir Klein, FasH consulares, p. 67.

(11) Acta Sanctorunij mai, III, p. 8 F (je n'ai pas eu à ma disposition la version grecque des Actes, éditée récemment).

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tius) et les Actes (1) parlent d*une Flavia Domitilla, reléguée à Pontia, indication que confirme saint Jérônne : cet écrivain nous apprend , en efifet, que de son temps on allait encore visiter dans File de Pontia la demeure illustrée par la noble exilée (2). — M. de Rossi remarque enfin que si la Domitilla dont parlait Bruttius avait été femme de Clemens , il aurait mentionné en môme temps la condamnation de ce personnage, à laquelle il ne fait aucune allusion.

Mais aucun auteur, ni Dion Cassius, ni Eusèbe, ni saint Jérôme, ni le rédacteur des Actes des saiuls Nérée et Achillée, ne parle de deux Flavia Domitilla, et les textes qui induisent à croire à Texistence de la seconde ne semblent pas cx)nvaincants. Dans la source dont Eusèbe s'est servi, plusieurs mots peuvent avoir été passés par erreur; il faudrait peut-être restituer ainsi la phrase primitive : « OXaou{av Ao[ACT{X>av, <I>Xqcou{ou KXi{{uv- Toç [yavatka , AofjLCTiavou] âÇ aSeXçpîjc ftyowlay, » Cette erreur serait l'origine du dédoublement de Flavia Domitilla. Rien n'autorise, du reste, à donner à Bruttius (3) le cognomen de Praesens, et rien ne prouve que Praesens, ami de Pline, s'a[»pelât Bruttius. — On sait le peu de valeur historique des Actes des saints Nérée et Achillée ; d*ailleurs l'auteur se contredit, car il qualifie la Flavia Domitilla dont il parle de nièce de Domitien (4) : cette désignation conviendrait à la femme de Clemens. Considérant le célibat comme préférable au mariage, il fait de la sainte une vierge. — Les îles de Pontia et de Pandataria étaient l'une et l'autre assignées comme résidence aux personnages de la famille impériale condamnés à la déportation (5). Dion Cassius a donc pu commettre une confusion sur un point sans importance pour lui (6). — « L'argument tiré du silence de Bruttius au sujet de Clemens n'est pas non plus très convaincant. De même que Suétone, en racontant la condamnation de Clemens » ne mentionne pas celle

(1) Loc, cit., p. 9 D.

(2) Lettre 108, 7 (ad Eustocljium).

(3) C'est, semblo-t-il, le véritable nom do cet auteur. Dans Malalas, qui le cite (peut-être d'après Julius Africanus : voir Gelzer, Srxtus Julius Africantis, I, p. 282), il est appelé Bouttioç, Bottio;, Bwttio; (p. 3i, 193, 262. édit. Diudorf).

(4) Loc. cit.f p. 7 B ; « Domitillam, nobilissimam virgiiiom, neptem Domitiani imperatoris. »

(5) Suétone, Tibère, 53 et 54; Tacite, Annalps, I, 53: XIV, 63. Voir Hartmann, De exilio apud ïlornanoa inde ab inilio bellorum civUium, p. 52-53.

(6) Le témoignage très précis do saint Jérùriic doit nous décider pour Pontia, non pour Pandataria.

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de Domitilla, de même Brultius, en parlant de Domitilla, a pu négliger de parler de Glemens. D'ailleurs, est-il certain que, dans le passage dont Eusèbe s*est servi, Bruttius n'ait rien dit de démens ? Ce qui avait rapport à ce personnage peut avoir été omis par Eusèbe (ou sa source) , qui s'intéressait surtout à Domitilla : cette princesse semble, en effet, avoir témoigné aux chrétiens des sympathies encore plus vives que son mari.

Nous pensons donc qu'il n'est pas nécessaire d'admettre l'existence d'une seconde Flavia Domitilla, nièce de Flavius Clemens.

Après la mort de T. Flavius Sabinus et de Julie, fille de Titus (1), T. Flavius Clemens, frère de ce même Sabinus, et sa femme Domitilla, furent les plus proches parents de Domitien : nous avons vu que l'empereur destina sa succession à leurs deux fils (2). — Or Dion nous apprend que Clemens et sa femme furent, comme Glabrion, accusés d'athéisme et de mœurs juives (3), et Eusèbe, qui cite un auteur païen, Brultius, indique formellement que Flavia Domitilla était chrétienne (4), Son témoignage semble confirmé par les belles découvertes de M. de Rossii qui ont mis hors de. doute le christianisme de plusieurs Flaviens. Dans le cimetière de sainte Domitille a été trouvée une inscription du second siècle portant les noms de Flavius Sabinus et de sa sœur Titiana : « OX(aou(oç) Za^Etvo; xal TiTiav^ à5fiX<p6T (5), » personnages qui descendaient probablement en ligne directe du frère aîné de Vespasien. A côté de cette inscription , il faut citer celles de Flavilla (6), de Flavia Speranda, peut-être qualifiée sur une inscription de Cl{arissima) {\emina) (7), de ^X(aou{oç) IlToXefiaîoç (8), recueillies au même endroit (9). Enfin, il ne serait pas impossible que la célèbre vierge chrétienne Aurélia

(1) Voir p. 240 et 248.

(4) Chronologie, p. 160; 163; 214; cf. Histoire ecclésiastique y III, 18. Voir aussi saint Jérôme, lettre 108, en tenant compte des observations faites page précédente.

(5) De Rossi, BulL arch, crist,, 1875, p. 40, 64, pi. v.

(6) Bull, arch, crist., loc/cit,

(7) Bull. arch. crisL, 1881, p. 67 et suiv.

(8) BulL arch. crist., 1875, p. 42 et 68.

(9) On a retrouvé dans le cimetière de sainte Domitille un fragment d'une grande inscription que M. do Rossi serait tenté de restituer ainsi : « [Sepulc]rum [Flavi]orum » {Bull. arch. crist. ^ 1874, p. 17, pi. i). Mais cette restitution n'est nullement certaine.

300 ESSAI SUR LG RÉ6NR DE L^EMPBREUR DOMtTIBN.

Petronilla (1), ensevelie aussi dans ce ciraetiëre, ait été alliée à la famille Flavienne (2) : le grand-père de Vcspasien s'appelait T. Flavius Petro (3). — D'autre part, Flavia Domitilla posséda certainement un domaine sur la voie Ardéatine, à un mille et demi de Rome, au lieu appelé actuellement Tor Marancia. L'inscription suivante (4), qu'on y a trouvée en 1822, lo prouve d'une manière certaine : « Ser. Cornelio Juliano, frat(ri) piissimo, et Calvis[i]afi ejus, P. Calvisius Philotas, et sibi, ex indulgentin Fiaviae Domitill(ae) ; in fronte p{edes) XXXV, in agro p(edes) XXXX (5). » C'est sous ce domjiine qu'on voit encore le cimetière auquel M. de Rossi a rendu son véritable nom (6). Domitille, étant propriétaire du lieu, pouvait seule accorder l'autorisation d'y- faire des inhumations , et si l'on prouvait que des chrétiens y furent ensevelis pendant sa vie, ce serait une marque évidente de la protection qu'elle aurait accordée à leur foi. Mais à cet éjçard on ne peut rien aflBrmer de certain. Le nom de coemelerium Domitillae, donné par la tradition chrétienne (7) à la nécropole dont nous parlons , semblerait indiquer que son origine remonte à la petite fille de Vespasien. En outre, plusieurs parties de ce cimetière sont fort anciennes, par exemple : a) un ambulacre découvert en 1860 par M. Michel de Rossi , et déblayé en 1865 (8); b) un hypogée découvert en 1852 (9); c)la cripte où furent enterrés sainte Pétronille, saints Nérée et Achillée (10). Dansce

(1) Sur son nom, voir de Rossi, Bull. arch. crist., 1865, p. 46; 1879, p. 6. 9. 17, 145, 156.

(2) De Rossi, Bull. arch. crisL, 1865, p. 22.

(3) Suétone, Vespasien, 1.

(5) Une autre inscription (Orelli-Henzen, 5423) vient peut-être du même endroit (voir de Rossi, Bull. arch. crist., 1865, p. 23). M. de Rossi est porté à croire, mais à mon avis sans raison suffisante, que Tinscription C. /. L., VI, 948, a la même origine. Voir encore Actes des saints Nérée et Achillée, p. 11 E : « quorum corpora in praedio Domitillae in crypla arciiaria scpelivit, via Ardeatina, a muro Urbis miliario uno et semis, b

(6) Roma Sotterranea, l. p. 260.

(7) Index Coemeteriorum e notilia regionum uvhis Romae (de Rossi , R. Sott., t. I, p. 180 : a Cocmeteriura Domitillae, Ncrci et Achtllci ad S. Pctronillam, via Ardeatina. »

(8) R. Sott., I. p. 187 (et p. 60 du Supplément de M. Michel de Rossi); Bull, c-irch. crist., 1865, p. 23 ot suiv.: 3i et suiv.; 95 et suiv.

(9) R, Son., I. p. 168; 187. Bull, iirdi. cvi.<t., l.^nô, p. 34; 1874, p. 8.

(10) Bull. arch. crist., 1874, p. 8 et suiv.; 1875, p. 1 ot suiv.; 1878, p. 132 et suiv.; 1879, p. 158 et suiv.

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lieu, traDsformé à la fin du quatrième siècle en basilique (1), et tout auprès, on a trouvé des traces d*une haute antiquité chrétienne (2) ; de plus, rien n'empêche d'admettre^ comme Tindique la tradition (3), que ces trois personnages aient vécu à la fin du premier siècle (4); d) Thypogée d'Ampliatus, découvert en 1880 (5).

Flavius Glemens se montra-t-il, comme sa femme, sympathique aux chrétiens (6)? On est fort porté à le croire; cependant Suétone, Philostrate, Ëusèbe, qui parlent de lui, n'en disent rieiî ; c'est seulement dans Georges le Syncelle, auteur byzantin de la fin du huitième siècle qui copie la chronologie d'Ëusèbe en y faisant quelques additions, qu'on trouve la mention du christianisme de ce personnage (7). D'autre part, Glemens était , selon Sué-

{{) BulL arc/i. crist.^ 1874, p. 12 et suiv., 26 et suiv., 68 et suiv.; pi. IV et V.

(2) Bull, arc/i. crisL, 1874, p. 9 et 10, 16 et suiv.; 1875, p. 40; 1879, p. 158.

(3) Acles des saints Nérée et AcfiiUée^p. 7 et suiv.

(4) Bull. arch. crtst., 1874, p. 21 et suiv.; 1979, p. 14G et suiv.

{o) Bull, arch. criai., 1880, p. 170 et suiv.; 1881, p. 57 et suiv., pi. III et IV.

^6) iSaint Clément, auquel une tradition fort ancienne attribue Tépitro des iiouiains a l'église de Gorinthe ^saint Denys do Corinthe dans Eusébe, Hisi. ecclés.y IV, 23; ilégcsippe dans Ëusèbe, IV, 22; cf. Pastor d'Uermas , Vi^ sions^ II, 4, etc.) et dont on a lait un des premiers papes (saint Irénée dans Eusébe, V, 6 s: Adversus HaereseSy III, 3, 3 ; Eusèbe , III, 15 et 21, C/ironologie^ p. IbO et 161, etc. : voir Duchesne, Ltber PontificaliSy p. lxxi), vivait certainement à la fin du premier siècle (Ëusèbe, Hisi. ecclés:, III, 15, 20, 34; CUronologie f loc. cit.; saint Jérôme, De viris illuslribus, 15; cf. saint Irénée, loc. cit.). Quelques textes sans autorité {Homélies pseudoclémenlineSy IV, 7, où saint Clément est indiqué comme parent de Tibère ; cf. XII, 8; XIV, 10; Hécognilions, VII, 8; IX, 35) font même de lui un personnage de la famille impériale. — Cependant il est impossible de l'identiticr avec Flavius Clemens. Eusébe {Uist. ecclés. ^ III, 15, J6, 18, et Chrono^ logie) les connaissait tous les deux (cf. Actes des saints Nérée et Actiillée^ p. 8 F). Selon Eusébe, dans son Histoire ecclésiastique (III, 34) et saint Jérôme {loc. cit. ; voir aussi la relation du martyre de saint Clément dans Funk, Opéra pairum apostolicorum , II, p. 41 et suiv.), Tévéque de Rome mourut, non sous Domitien, mais sous Trajan. Enfin, si saint Clément avait éic mis à mort lors de la persécution de Domitien, il est fort probable que les auteurs ecclésiastiques du deuxième et du troisième siècles parleraient du martyre d'un personnage aussi important. Or ce fut seulement au quatrième siècle que semble s'être établie la tradition qui fit de lui un martyr de la toi chrétienne (Duchesne, Liber Pontijicalis, p. 123, n. 9). — Sur cette question, très discutée, voir en particulier: Funk, T. Flavius Clemens Li^ristf nicM Bischof, dans la Ttieologische Quartalschrift, LXl^ 1879, p. 531 et suiv.; Lightfoot, S. Clément of Home, I, p. 52 et suiv. (7) P. 650, édition Dindorf : < olùxôç t6 KXi^|&yk 0«àp Xpioroù àvoipcÏTau »

302 ESSAI SUR LE RÈGNE DE l'eMPEREUR OOMITIBN.

tone (1), un homme fort méprisé à cause de son inertie « contemptissimae inertiae. » Un reproche semblable fut souvent adressé aux chrétiens, qui s'intéressaient peu aux affaires publiques (2); mais c'est là un indicé bien léger (3). — On a pensé d'autre part, d'après plusieurs textes du Talmud (4), que Flavius Clemens s'était converti au judaïsme, mais le rapprochement est très forcé et ne semble pas pouvoir être accepté (5).

On sait qu'avant le triomphe de l'Eglise, bien des chrétiens cherchèrent des compromis entre leur foi et les mœurs, les institutions de la société païenne au milieu de laquelle ils vivaient (6). Parmi les adeptes de la nouvelle religion, surtout parmi ceux qui appartenaient à la haute société, il en était qui ne renonçaient pas complètement aux pratiques du paganisme. Acilius Glabrion et Clemens suivirent la carrière des honneurs, ils furent consuls ; ils ne purent pas par conséquent se dispenser de présider d'importantes cérémonies du culte national. Proches parents de l'empereur, qui était grand-pontife, Clemens et Domitille durent souvent assister auprès de lui à des sacrifices solennels , à des fêtes dans lesquelles la religion païenne tenait une grande place. S'ils avaient renié hautement leur ancienne foi et fait profession publique de christianisme , Suétone n'aurait pas dit que Clemens fut mis à

(1) Domiiien, 15.

(2) Voir Greppo, loc, cit,, p. 144 et suiv.; Allard, HisL des persécutions de VEglise pendant les deux premiers siècles, p. xxv et suiv., 92 et suiv.

(3) L'indolence de Clemens ne fut peut-être qu'une feinte pour ne pas porter ombrage à Domitien : l'empereur, on s'en souvient, avait fait mettre à mort son frère Sabinus. Peut-être était-ce aussi un défaut naturel qu'il tenait de son père. Tacite (Hist., III, 75) dit en effet du frère aîné de Vespasien : a in fine vitae alii segnem [eum] credidere » (cf. II, 63; III, 59 ot 65). On a supposé, il est vrai, que Flavius Sabinus inclina lui aussi vers le christianisme : préfet de la ville en 64 (Borgbesi, Œuvres, IX, p. 264 et suiv.), lors de la première persécution , il fut alors chargé de faire saisir , et sans doute aussi de juger un grand nombre de chrétiens. C'est là une b/pothése bien hardie qui ne paraît guère admissible.

(4) Surtout d'après un passage où il est question d'un certain Onkelos, fils de Cleonimos , fils lui-même d'une sœur de Titus : cet Onkelos aurait voulu se convertir au judaïsme.

(5) Je n'entre pas ici dans le détail de cette question, pour laquelle toute compétence me manque. Voir, d'un cMé, Grâtz, Geschichte der Juden^ IV, p. 435 et suiv ; de l'autre, Darmesteter, Reliques scientifiques , I, p. 59-60.

(6) Voir Le Blant, Les persécuteurs et les martyrs aux premiers siècles de notre ère, p. 21 et sùiv. — M'Acilius Qlabrio Cn. Cornélius Severus, et Arria Plaria Vera Priscilla, dont il a été parlé plus haut (p. 295, n. 1), étaient l'un pontife ^ Rome {C, T. f.,, XIV, 4237), l'autre flaminique à Pisaurum (OreUi, 2228).

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mort « sur le plus léger des soupçons (1) ; » et Quintilien, le précepteur de leurs deux fils , ne se serait peut-être pas permis de parler avec tant de mépris des Juifs (2), à une époque où, pour les païens, le christianisme n'était qu'une secte juive.

Vers la fin du règne de Domitien , éclata une violente persécution religieuse (3). « Domitien, » dit Dion Cassius (4), « fit mourir Flavius Clemens, qui était alors consul, bien que ce personnage fût son cousin et qu'il eût pour femme Flavia Domitilla, sa parente. L'accusation d'athéisme fut portée contre eux deux. De ce chef, furent condamnés beaucoup d'autres citoyens qui avaient adopté les coutumes juives : les uns furent mis à mort, les autres virent confisquer leurs biens. L'empereur fit aussi périr Glabrion, qui avait été consul avec Trajan : il l'accusait du même crime que les autres. » — Quelques textes permettent de compléter ces indications. « Domitien, » dit Suétone (5), « tua, sur le plus léger des soupçons, son cousin Flavius Clemens, homme dont on méprisait fort l'inertie. Clemens venait à peine de sortir du consulat. » Consul ordinaire en 95 (6), vraisemblablement du 1**' janvier au 30 avril (7), il périt donc dans le cours de cette année (8).

(1) Suétone, Domitien^ 15 ; a ex tenuissima suspitione. »

(2) Quintilien, Insl. Orat., III, 7, 21.

(3) Voir, sur cette persécution. Aube, Histoire des persécutions de l'Eglise jusqu'à la. /}n des AntoninSf p. 130 et suiv.; Renan, Les Evangiles, p. 286 et suiv.; Allard, Histoire des persécutions pendant les deux premiers siècleSf p. 96 et suiv.; de Rossi, Bull, di arch, crist., 1888-1889, p. 49 et suiv.; Neumann, Der rômische Staat und die allgemeine Kirche bis auf Diohletian, I, p. 7 et suiv.

(5) Suétone, Domitieny 15. Cf. Philostrate, Apollonius, VIII, 25.

(6) Klein, Fasti consulares, p. 51.

0) Voir p. 59, n. 2.

(8) Imbof {Domitianus , p. 116, n. 4) s'appuie sur un passage de Suétone pour placer la mort de Clemens en janvier 9G. Après avoir raconté cette mort, rhistorien ajoute : « Quo maxime facto maturavit sibi exitium. Continuis octo mensibus tôt fulgura facta nuntiataque sunt, ut..., » etc. Il y aurait donc eu, selon Imhof, huit mois d'intervalle entre le meurtre de Clemens et celui de Domitien, de janvier à septembre 96. Mais, dans 'cette hypothèse, on ne pourrait concilier les textes de Suétone et de Dion Cassius (l'assertion de Dion s'explique par le fait que Clemens ayant été consul ordinaire, par conséquent éponyme, il figura comme consul sur les monuments publics ou privés de toute l'année 95). De plus , nous savons par Dion que Flavia Domitilla fut condamnée en même temps que lui : or elle le lut dans la quinzième année du régne de Domitien, dans celle où Clemens fut consul (Eusèbe, Hist, ecclés., III, 18), et très probablement dans les trois derniers mois de cette année. Eusèbe (Chronologie, p. 163], d'après la

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Domitille fat reléguée ^ non pas à Pandataria, comme Dion le dit, mais à Pontia, comme nous l'apprennent Eusèbe (d'après Bruttius)^ saint Jérôme et Fauteur des Actes des saints Nérée et Achillée (1). Fut-elle exceptée de la mesure qui, au début du règne de Nerva, rappela les exilés et resta-t-elle plusieurs années, jusqu'à sa mort, dans cette îie (2)? Nous n'eu savons rien ; il faut seulement observer que saint Jérôme parle de son a long martyre » à Poutia (o). — Quant à Acilius Glabrion, il fut d abord exilé, puis mis à mort (4). Dion Cassius dit, qu'outre le crime d' athéisme, on lui reprocha d'être descendu dans Tai-ène pour y combattre des bètes féroces, àl'époque où il était consul, en 91 (5). C'était cependant Domitien qui , voulant peut-être déjà se débarrasser de lui, 1 avait contraint , un jour qu'il l'avait invité à Albano pour la fête des Juvenalia , à tuer un lion énorme, épreuve dont Glabrion était sorti sans blessure. D'autre part, il fut, selon Suétone (6), mis à mort pendant son exil, comme coupable de conspiration, « qu(isi moiUor novarum rerum. » Faut-il confondre cette accusation avec celle d'athéisme qui, au témoignage de Dion, fut portée contre lui? L'homme auquel on faisait un crime de mépriser la religion nationale, pouvait sans doute être considéré comme un « moLiior novarum rerum ; » mais nous serions plus disposé à croire qu'il s'agit de deux accusations difierentes. Il est possible que Glabrion ait été d'abord exilé pour ses croyances et

version de saint Jérôme, place sa condamnation en 2112 (s 1*' octobre 95- 30 septembre 96). Il ne faut donc pas chercher un lien d'idées dans les deux phrases consécutives de Suétone , qui supprime volontiers les transitions. Quant à ces huit mois remplis de présages, ils s*ecoulèrent depuis le commencement de Tannée qui devait être fatale à Domitien jusqu'au jour de sa mort.

(1) Voir plus haut, p. 298, n. 1, 2 et 6. — 11 n'est pas impossible que saints Néree et Achillée , qui furent plus tard ensevelis dans l'ancien domaine de Domitille, aient été ses serviteurs, et l'aient accompagné à Pontia, comme le racontent leurs Actes (p. 9).

(2) Tillemont, Mémoires pour sermr à, Vhisioire ecclésisisiique , p. II, 127.

(3) Saint Jérôme, lettre 108, 7. belon la passion des saints Nérée et Achillée (p. 12 A), qui ne mérite aucune confiance, elle aurait été martyrisée à Terracine. — Philostrate [Apollonius , VllI , 25) prétend que , trois ou quatre jours après la mort de Clemens, Domitien força Domitille à se remarier (c'est, semble-t-il, le sens do l'expression obscure : éc &vô{>dc foit&v); rien ne confirme cette assertion.

(4) Suétone, Domitien ^ 10.

(5) Dion Oassius, LXVII, 14. Cf. Juvénal, IV, 99 et suiv.; Leitrez de Fronton et do^Marc-Aurèle, V, 23.

(b) Loc. cit.

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sa conduite lors des fêtes d*Albano, et ensuite rais à mort comme conspirateur.

On lit dans Eusèbe (1) : « Domitien, ayant fait preuve de sa cruauté à l'égard de beaucoup de gens et mis à- mort par des arrêts injustes un grand nombre de nobles romains et d'hommes illustres... finit par se faire le successeur de Néron dans sa haine et sa guerre contre Dieu. A son tour, il entreprit de nous persécuter... A cette époque , la doctrine chrétienne avait un tel éclat que des écrivains, fort étrangers à notre foi [il s'agit de Bruttius, comme le montre la chronologie], n'hésitèrent pas à parler, dans leurs histoires, de la persécution et des martyres qui eurent lieu alors. Ils marquent môme avec exactitude la date de la persécution; car ils rapportent que , dans la quinzième année du règne de Domitien, beaucoup de chrétiens furent condamnés, entre autres Flavia Domitilla, etc. » Malalas, citant aussi l'historien Bruttius, écrit ces mots (2) : « Domitien condamna beaucoup de chrétiens, si bien qu'an grand nombre de fidèles s'enfuirent dans le Pont. »

Dans la lettre de Pline le Jeune à Trajan au sujet des chrétiens, le gouverneur de Bithynie écrit : « D'autres, dénoncés de- Tant moi, ont reconnu qu'ils étaient chrétiens, puis l'ont nié, disant qu'ils l'avaient été, mais ne l'étaient plus, les uns depuis plusieui^s années, quelques-uns même depuis plus de vingt ans (3). » La lettre datant de Tannée 112 (4), ces dernières apostasies semblent avoir eu pour cause la persécution de Domitien (5).

Méliton de Sardes, dans son Apologie, dit que, seuls parmi les empereurs, Néron et Domitien voulurent inquiéter la foi chré-

(1) Hist. ecclés., III, 17 et 18.

(2) X, p. 262, édition Dindorf. Faut-il supposer avec Lipsius {Chronologie der rômischen Bischëfe^ p. 157) que Malalas confond le Pont avec l'île de Pontia, et ne fait, par conséquent, que reproduire avec des inexactitudes lo texte cité par £usébe ? Il est difficile de le dire.

Q) Lettres f 96, 6 : a non nemo etiam antc viginti [annos].

(4) Voir Mommsen, Etude sur Pline^ p. 30.

(5) Pline dit dans la même lettre (1) : a cognitionibus de cbristianis inter* fui numquam. » Par ces mots, il fait évidemment allusion à des affaires jugées de son temps, auxquelles il aurait pu assister si l'occasion s'en était présentée pour lui. 11 ne peut donc être question, dans ce passage, de la persécution de Néron, car, en G4, Pline n'avait que trois ans (voir Mommson, l. c, p. 51). Comme sous Vespasien, Titus et Nerva, il n'y eut pas de per-r sécution, ces procès eurent lieu soit sous Domitien, soit sous Trajan. — Là seconde hypotbése est, je crois, admissible, quoique Trajan ne fasse pas mention de ces procès dans sa réponse. Mais cette réponse est fort courte et x\e contient que les instructions indispensables à Pline.

306 ESSAI SUR LE RÈGNE DE l'ebOPEREUR DOMITIEN.

tienne (1). — « Domitien, » écrit Tertullien, « ce demi-Néron par la cruauté , essaya contre nous de la violence , mais comme il avait encore quelque chose d'humain, il renonça à son entreprise et rappela même ceux qu'il avait exilés (2). »

L'auteur du libelle De moriibus persecutorum (attribué à Lactance) parle aussi de l'hostilité de cet empereur à l'égard du christianisme (3) : « Quoiqu'il exerçât une injuste domination, sa tyrannie pesa fort longtemps sur ses sujets, et il régna tranquille jusqu'au jour où il leva ses mains impies contre le Seigneur. Mais après qu'il eut été poussé par les démons à persécuter les justes, il fut livré aux mains de ses ennemis et puni de ses crimes. * Paul Orose (4) et Sulpice Sévère (5) mentionnent aussi cette persécution contre les chrétiens. Dans les Actes de saint Ignace, il est question « des tempêtes excitées dans Téglise d*Antioche par les nombreuses persécutions de Domitien (6). »

On retrouve la trace de cette persécution dans un écrit chrétien qui date de la an du premier siècle. La lettre qu'à cette époque (7) l'église de Rome adressa aux Corinthiens commence par ces mots (8) : « Par suite des catastrophes, des malheurs soudains et répétés qui nous ont frappés, nous nous sommes occupés tardivement des questions que vous nous avez adressées. » C'est là une allusion évidente à la persécution de Domitien. Dans le même écrit, on lit encore (9) : « Seigneur, sauve ceux d'entre nous qui sont dans la tribulation, réveille ceux qui ont failli, délivre nos

(1) Cité par Easèbe, Hist. EccL, IV, 26 : « Mdvoi 7cdcvT«ov .... xèv xa6> VJtiôÊc év Sia^oX^ xaTaorfjaat Xd^ov ^OéXiQaQcv Népcûv xal Ao|i6Tiavôç. »

(2) Apologéi.t ô : « Temptaverat et Domitianus, portio Neronis de crudelitate ; sed qua et homo facile coeptum repressit, restitutis etiam quos relegaverat. »

(3) Chapitre IIL

(4) HUtoirea, VII, 10.

(5) Chronique, II, 31.

(6) Dom Ruinart, Acia sincera, p. 8 (édition d'Amsterdam, 1713) : c [Ignatius] procellas vix mitigans multarum sub Domitiano persecutionum. » Les martyres de divers saints, saint André, saint Denys TAréopagite. saint Onésime, saint Timothée, saint Marc d'Atina ont été placés sous Domitien, mais sans aucun fondement historique : voir Tillemont, Mémoires pour tervir à l'histoire ecclésiastique, I, p. 539; II, p. 118, 119, 122 et suiv., 524.

(7) Sur la date de cette lettre, voir les éditions de Gebhart-Hamack , p. LIY et suiv. ; d'Hilgenfeld , p. xxxvn et suiv. ; de Funk (Opéra pttrum apostolicorum), p. xxi et suiv.

(8) I, début : < Aià tàc alfvifiCouç xaX âiroXX^Xouç Y^^^^f^^^C ^l"*^^ ov|ji9opàc xal ictfiirccoaei;, » etc.

(9) LIX et LX.

POLITIQUE A l'Égard des juifs et des CHRéTiENS. 307

prisonniers (1)! Montre-toi à nous, afin que nous jouissions des bienfaits de la paix , que nous soyons protégés par ta main puissante et délivrés de toute iniquité par ton bras élevé ; sauve-nous de ceux qui nous haïssent injustement. »

Parmi les victimes de la persécution de Domitien, l'Eglise compte saint Jean TEvangéliste. A cette époque, il aurait été plongé, à Rome, dans une cuve d'huile bouillante (2), puis relégué à Patmos (3) ; ce serait alors qu'il aurait vu l'Apocalypse (4). Sous Nerva, il aurait quitté son lieu d'exil et se serait rendu à Ephèse (5). — Il ne semble pas qu'il y ait lieu de rejeter d'une manière absolue toutes les données de cette tradition. Le témoignage de saint Irénée qui, par saint Polycarpe avait pu avoir des renseignements exacts sur saint Jean , est ici d'une importance particulière. % Ce fut, » dit-il, « à la fin du règne de Domitien que Jean vit TApocalypse. » On sait que de nombreux savants ont cru trouver dans le texte môme de l'Apocalypse la preuve que ce livre fut écrit vers le commencement de 69 après Jésus-Christ. Cette opinion a été fortement ébranlée depuis quelques années, surtout à la suite de la publication de MM. Vischer et Harnack (6), qui voient dans l'Apocalypse une œuvre juive remaniée ensuite dans le sens chrétien (7). L'Apocalypse, sous la forme où nous la

(1) II s'agit ici des chrétiens de basse condition détenus dans les carrières et dans les mines.

(2) Tertullien , De praescriptione h&ereticorum, 36 (il n'indiqae pas la date). Cf. saint Jérôme, Adversus Jovinianurrif I, 26 (d'après Tertullien) et Comment, in ev&ng, Maith., III, 20.

(3) Tertullien. loc. cit, : « in insulam relegatur n (il ne nomme pas Patmos). Eusébe, Hist. ecclés,, III, 18; Chronologie^ p. 160 (année2109 = l*' octobre 92-30 septembre 93, d'après la version arménienne), p. 163 (année 2110, d'après saint Jérôme). Saint Jérôme, Adv. Jovinianum, I, 26; Comment, in evang» Matth,, III, 20; De viris illustribus^ 9.

(4) Saint Irénée, dans Eusèbe, Hist, ecclés., III, 18 (?= Adversus Haereses, y, 30). Eusèbe (Chronologie^ d'après Irénée). Saint Jérôme, Adv, Jovtn., Z. c; De viris j I. c, etc.

(5) Clément d'Alexandrie, Quis dives salvetur, 42. Eusèbe, Hist. ecclés», III, 20; Chronologie, p. 162 et 163. Saint Jérôme, De utrts, loc, cit,

(6) « Die Offenbarung Johannis, oine judische Apokalypse in christlicher Bearbeitung, » dans les Texte und Untersuchungen zur Geschichte der altchristlichen Literatur de Gebhart et Harnack (t. II, cahier 3, 1886). Cette publication en a fait naître un très grand nombre d'autres , qu'il est inutile d'énumérer ici ^voir le Theologischer Jahresbericht de Lipsius, à partir de 1886).

(7) La théorie nouvelle n'a du reste pas convaincu tout le monde. Voir en particulier Hilgenfeld, Zeitschrift fur wissenschaftliche Théologie^ XXXIII. 1890, p. 385 et suiv.

possédons aujourd'hui, pourrait dès lors être fixée à Tépoque indiquée par saint lignée, et il serait légitime d'y chercher dans les passages certainement chrétiens des allusions à la persécution de Domitien (1) :

c Ântipas, mon témoin fidèle, qui a été tué chez vous, à Pergame, là où habite Satan (2). » — « J*ai vu... les âmes de ceux qui ont été décapités pour le témoignage de Jésus et pour la parole de Dieu, ceux qui n'ont pas adoré la béte, ni son image (3). » — > « ...les âmes de ceux qui ont été tués pour la parole de Dieu et pour le témoignage qu'ils ont rendu (4). » — € Nos frères l'ont vaincu [le Dragon] par le sang de T Agneau et par la parole de leur propre témoignage et ont méprisé la vie jusqu'à la mort (5). » — « J*ai vu la Femme ivre du sang des saints et du sang des martyrs de Jésus (6). »

D'autres allusions pourraient être cherchées à la rigueur dans le Pasteur d'Hermas (7) : les visions d*Hermas y sont placées à répoque où vécut saint Clément (8), c'est-à-dire vers la fin du premier siècle (9).

(1) Déjà cités par Neumann, Der rômische Staat, I. p. 12.

(2) II, 13 : a 'Avt^icaç ô (idcptvc |jiou ô tciffxdc, 8; àicexTdvOv) icap^ 0|iîv 6icov ô £a- TOvâ; xaToixel. »

(3) XX, 4 : c Kai elSov... toc 4^X°^( "^^^ iceireXexiapivwv dtà t^v {&aptvp(av ^Y)ffoû xal Sià Tàv XÔYOV toO 6eoi7, xal otxivc; oO irpooexvvriaav Tè 6v)pbv oû5è Tijv elx6va aOxoO... »

(4) VI, 9 : a ... xàç ^x^ "^^^ i(r9aY{iëva>v Bià xiv X6yov toO OeoO xa) ttà xi^v liapTVpiav V elxov. »

(5) XII, 11 : ff Kal a^Tol ivîxvjaav aÙT6v Bià, x6 al\UL toO 'ApvCou xal Tèv X^yov xilc i&oiprvpCaç orôrâv, xal oOx ffxàiniaas xi^v «('^x^^ aùxûv ^XP^ OavdTou. »

(6) XVII, 16 : « Kal eI8a t^v ruvatxa |jie(h;ou(rav éx toO aXy>anoç tôiv &y(wv xal ix ToO at(i,aTOC tûv {lapitipcov 'IviaoO. »

(7) Visions^ II, 2, 7 : « Maxàpioi 0(acIc, ftaoi OicojiiéveTe tt^v 6Xt4;iv xi^v 2pxo|&fvY}v Ti^v iiTfdXTjv, xal 6(T0i oùx àpv^ffovxai t^v Çwi^v aûtwv » (cf. II, 3, 4 ; IV, 2, 4). Mais ces indices sont bien légers.

(8) Vitions, II, 4, 3.

(9) On pourrait aussi voir une vague allusion à la persécution dans la lettre attribuée à saint Barnabe (II, 1 : a Vjpiepûv oùcrâv vroviQpâv, etc. h), qui semble avoir été écrite vers la fin du premier siècle. — Quant à Tépitre aux Hébreux , les arguments invoqués pour la placer à cette époque paraissent bien fragiles; il est donc très peu vraisemblable que certains passages de cette lettre (X, 32-34; XII, 4; XIII, 7) puissent être rapportés à la persécution de Domitien. — Renan {les Evangiles^ p. 302 et suiv.) incline à croire que Josèpbe fut mis à mort pendant cette persécution. Mais Thistorien juif vivait encore en 100, date de la mort d' Agrippa II (VHa, 65; Photius, BtbUothèquBy 33). Domitien se montra, au contraire, favorable à Josèpbe (ViU, 76).

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