‹ Essai sur le regne de l'empereur DomitienChapitre 34 sur 72 · IV, 21, 3; VII, 30,4; IX · texte numérisé non relu

IV, 21, 3; VII, 30,4; IX

(9) Il le défendit sous Trajan devant le Sénat (IV, 9).

(10) Voir p. 279.

(13) Panég,^ 90 et 95; Lettres, III, 11, 3.

HEUBTRB DB DOHITIÈN. GONSÉQUBNGBS DB SON HÊONB. 321

perdre. Un jour, il plaidait contre cet orateur pour une certaine Arrionilla (l)i II fondait en partie son argumentation sur une opinion de Mettius Modestus, alors en exil. Regulus Tapostropha tout à coup : « Pline, que pensez-vous de Modestus? » La question était embarrassante : Si Pline avait répondu a Du bien, » il se serait exposé à un grand péril ; s'il avait médit de Modestus , il se serait déshonoré par sa lâcheté. Il dit alors ; « Je vous répondrais, si c'était la question que les centumvirs avaient à juger. » — « Je vous demande, » reprit Regulus, « ce que vous pensez de Modestus. » Pline répliqua qu'on ne demandait pas de témoignage contre un condamné, mais seulement contre les accusés. — € Eh bien ! je ne vous demande plus votre opinion sur Modestus , mais ce que vous pensez de son attachement pour le prince. » — « Vous voulez savoir ce que j'en pense, mais moi, je crois qu'il n'est pas même permis de remettre en question la chose jugée. » C'était habilement répondre : Regulus, déconcerté, se tut (2). — Après la mort de Domitien , on trouva dans ses papiers une accusation contre Pline , envoyée par Mettius Carus à l'empereur (3). — Ces renseignements, nous les tirons des lettres de Pline. Mais il ne faut pa-; oublier la vanité de ce personnage qui, dans une époque de réaction contre Domitien, fut fort aise de se faire considérer comme une victime du tyran. On doit aussi observer qu'après 93, sa disgrâce ne fut pas complète. A la suite de sa préture, il devint préfet du trésor militaire (4). Or, cette fonction était donnée par le prince.

Nerva, le futur empereur, faillit périr. Il cherchait, il est vrai, à se faire oublier (5) ; mais il avait été compromis par des astrologues qui lui avaient prédit la dignité impériale : par bonheur, un d'entre eux rassura Domitien en lui affirmant que Nerva n'avait plus que peu de temps à vivre (6).

(1) Cette affaire eut Ueu avant la mort d'Arulenus Rusticus (fin de Tannée 93) : voir I, 5, 5.

(2) I, 5, 5 et suiv.

(3) VII, 27, 14. Cf. Panég.y 90.

(4) C. /. L., V, 5262, 5667. Voir Mommsen, Etude sur Pline le Jeune, p. 63.

(5) Martial vante son repos, quies (V, 28, 4). Cf. VIII, 70 :

Quanta qoios plaoidi, tanta est facandia Nerrae.

Voir encore Philostrate, Apollonius, VII, 33; VIII, 7 (p. 179 de l'édition Westermann).

(6) Dion Cassius, LXVII, 15. — Philostrate {Apollonius, VU, 8; tf. VII, il) rapporte que Nerva, accusé de conspiration, reçut l'ordre dé quitter Rome et que la ville de Tarente lui fut assignée comme résidence (cf.

3?2 ESSAI SITR LE BÈONE DE L^EBn>EBEUB DOMTTTEN.

Des citoyens illustres étaient écartés des honneurs : leurs talents, leur réputation leur avaient attiré la haine du prince. « Les gens de bien, dit Pline (1), relégués, et en quelque sorte ensevelis dans l'oisiveté et Tobscurité , n'étaient amenés à la lumière que par des délations et des périls. » — Tacite, préteur en 88 (2) , aurait dû parvenir au consulat avant 96, mais il était gendre d'Agricola : il ne reçut les faisceaux qu après la mort de Domitien. — Verginius Rufus, qui avait deux fois refusé l'empire, vivait dans la retraite ; « il était suspect et détesté à cause de ses vertus (3). » — Il devait en être de même de Frontin , le vainqueur des Silures, Fauteur des Stratagèmes et des Aqueducs j un des personnages les plus considérables de son temps (4) ; ce fut seulement sous Nerva qu'il devint curateur des eaux et consul pour la seconde fois (5) ; sous Trajan, il reçut un troisième consulat (6). — Trajan , qui dès cette époque était fort considéré (7), fut peut-être menacé aussi (8) ; « au milieu de l'adversité, lui dit Plinç (9), vous avez vécu avec nous , vous avez couru des dangers, vous avez tremblé : c'était alors la vie des honnêtes gens. >

Tacite, au commencement de ^es Histoires {\0) ^ résume avec

Georges le Syncelle, p. 649). Si Nerva fut réellement exilé de Rome, il le fut après 94, car Martial le loue dans son livre IX (IX, 26, 1), publié cette année-là , ce qu'il n'aurait certainement pas fait si le futur empereur avait été en complète disgrâce. On lit , dans le livre des Caesares attribué à Aurelius Victor (chap. XII), que Nerva s'était retiré chez les Séquanes par crainte du tyran, et qu'il y fut salué empereur par les légions. Mais Nerva se trouvait certainement à Rome au mois de septembre 96 (voir p. 328). — Martial écrivit plus tard ces vers (XII, 6, 11), qui sembleraient indiquer, à la rigueur, que Nerva tomba en disgrâce sous Domitien :

Sed ta snb principe doro Temporibnsqae maliB aasus es ewe boniu.

(1) Panég,, 45.

(2) Annales, XI, 11.

(3) Pline, LeltreSy II, 1. 3. En 97, sous Nerva, il reçut un troisième consulat (Klein, Fasti cojisulares, p. 51). — Il n'y a pas de raison de penser avec Pichlmayr (T. Flavius DomUianus , p. 94, n. 3) que Verginius Rufus ait été le Rufus dont parle Philostrate {Apollonius^ VII, 8) et qui fut, selon cet auteur, exilé par Domitien.

(4) Pline, IV, 8, 3; IX, 19. Tacite, Agr., 17.

(5) Klein, Fasti consulares^ p. 52.

(6) Klein, loc. cil,

(7) Pline, Panéy., 94, dit en exagérant : c omnibus excelsior. »

(8) Ce fut, non Domitien , mais Nerva qui lui confia le gouvernement de la Germanie Supérieure. Voir appendice II.

(9) P&nég. . 44.

(10) I, 2 et 3.

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