‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 120 sur 327 · Panég · texte numérisé non relu

Panég

aussi, oonformément à l'usage républicain, les préteurs élus sous les mêmes auspiœs que ces consuls et proclama le même jour au Champ de Mars^ Pour les citoyens de toute condition, Trajan était constamment accessible dans son palais ; il sortait dans les rues de Rome, à pied ou dans une litière, sans appareil et sans gardes, saluant sur son passage, avec autant d*afifection que de simplicité, tous ceux qu'il connaissait *. Bref, pendant tout son règne, dans les plus grandes comme dans les plus petites choses, il écarta ou abaissa les barrières que la défiance des autres princes avait élevées entre l'empereur et la nation. « Je ne veux € pas, dit-il dans une lettre adressée à Pline, m'attirer le respect « par la crainte et par la terreur, ou par des accusations de lèsent majesté »', et cette règle de conduite fut religieusement observée par lui. Dès le premier jour, il commit à la foi publique son flanc désarmé, comme le dit éloquemment son panégyriste ^ ety en retour de cette confiance, il obtint et le respect de ses sujets et leur amour, sans que la puissance suprême fiït jamais avilie ou diminuée dans sa personne.

Le Sénat. En montant sur le trône, Trajan avait convié les sénateurs au partage du pouvoir, les exhortant à ressaisir la liberté, à veiller avec lui aux intérêts publics^. Ce n'étaient point de vaines paroles : mais il fallait, avant tout, conquérir la confiance des patriciens, et le nouveau prince leur sacrifia les délateurs qui les avaient fait trembler si longtemps.

La mort de Domitien fut suivie d'une puissante réaction contre le régime qui tombait avec lui. Dans les premiers jours où la liberté nous fut rendue, chacun, dit Pline, s'empressa d'accuser et d'accabler ses ennemis •. Nerva, bien décidé, comme il le prouva, à gouverner avec modération, refusa d'exécuter les mesures violentes que sollicitait le parti vainqueur, et que condamnaient les gens honnêtes et sensés tels que Frontin, qui voyant < tout le monde accuser tout le monde, dit en face à € Nerva : Mauvais prince celui qui ne permet rien, plus mauvais € encore celui qui permet tout » ^. L'empereur mit donc un terme aux récriminations du Sénat, et on s'en plaignit vivement 8.

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