Henzen, Annal, Inii. Areh,, 1851, p
compétence et de leur mandat. Mais on ne peut se défendre d*un regret légitime en signalant cette intervention du pouvoir central danslesintérêtsmunicipaux, cette tendanceàune centralisation qui étouffera plus tard toute initiative et toute vie locale sur les points qu'elle aura touchés. Trajan, sans doute, ne songeait pas à concentrer dans ses mains tous les éléments de la puissance publique, mais, sous l'impulsion donnée par lui, et par le jeu même d'une institution dont il ne soupçonnait pas la portée, ces éléments se réunirent peu à peu dans la main de ses successeurs. La création des curatores est en effet un acheminement à l'assimilation de l'Italie aux provinces; dans les règnes suivants, cette surveillance, toujours temporaire, se généralisera dans la péninsule*, et déjà nous trouvons sous Trajan un C. Julius Proculus qualifié de legatus Augusti pro praetore regionis Transpadanae, c'està-dire chargé de surveiller toutes les civitates de la Transpadane*. On connaît trois curateurs délégués par Trajan dans les cités des Ifergomates^, des Aecani^ et des Caerites'*. Le dernier figure dans un document intéressant qui nous révèle la nature des rapports officiels de la civitas et du curator, et nous montre l'effet immédiat et bien connu de la centralisation, c'est-àdire le ralentissement qu'éprouve la marche des affaires •. Vesbinus, affranchi de Trajan, offrait aux Caerites de construire à ses frais un phretrium (salle de séances) pour les Augustales, si le municipe disposait d'un terrain pour cet objet. Le 13 avril 113, le conseil des décurions accorda la concession du terrain , mais il feUut en référer au curateur Curatius Cosanus. Une lettre du 13 août de la même année, adressée à ce personnage, lui fit connaître que « le terrain en question ne servait point à la république, et n'était d'aucun rapport'. » Dans ces circonstances, Cosanus émit un avis favorable, mais il ne le fit connaître que le 13 juin 114, et la dédicace de l'édifice n'eut lieu que le 1" août suivant. Du 13 août au 13 juin, intervalle écoulé entre la lettre envoyée à Cosanus et la réponse de ce magistrat sur l'affaire la plus simple, on compte dix mois.