‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 161 sur 327 · OrelU · texte numérisé non relu

OrelU

4. Borghesi (Œuvrei, V, 407-415] et M. Waddington (MémoWet de VAeadémk des h%$eriptions, XXVI* l'* partie, p. 222-228) ont parfaitement élucidé la nature des fonctions confiées à ces agents. Tiberius JuliusSeverus qui, flous Hadrien, fut chargé en Bithynie de la même mission que Pline, est qualifié dans une inscription grecque (Corpus 4033) de StopOwi^ç xal >oY*^^ Sous le régne de Septime Sevére, un certain italiens envoyé en Grèce avec des instructions semblables, est dit dans une inscription athénienne >oy(ot^ç xal iiravopO«dtil)ç. Le StofOuxi^ç ou iirovopOarr^ç {eorrector ; mais ce mot désigna plus tard des fonctions très-différentes) est chargé des réformes administratives : on ne le trouve jamais dans les provinces réservées à Tempereur (Waddington, 1. 1., p. 224). Le XoYurrIiç {lo§Uta^ eiÊrator) réorganise les finances des villes ou des provinces (Orelli- Henzen, 6483, 6484). Pline et Messius Maximus cumulèrent probablement les fonctions de eorrector et de curator, comme cela est dit expressément de Severus et d'itaiicus.

5. On sait que le gouverneur des provinces impériales se nommait legatus augusti pro praetore et qu'il avait sous ses ordres, non pas un questeur, mais un procurateur. Or L. Goelius Festus fut proconsul de Bithynie 80U8 Garacalla (Orelli, n* 77).

cette modification du régime de la province comme tout à fait provisoire, et qu'il entendait ne rien innover par des coups d'autorité.

Faute de connaître ces missions temporaires données à plusieurs reprises par les empereurs dans les provinces sénatoriales où il fallait rétablir l'ordre, on a pris l'exception pour la règle, et on a supposé que Trajan entretenait avec les gouverneurs des vingtneuf provinces, entre lesquelles était alors partagé l'empire, une correspondance aussi active qu'avec celui delà Bithynie. Comme on l'y voit autoriser, par des rescrits particuliers, la construction d'un bain à Brousse, l'achèvement d'un théâtre à Nicée, la couverture d un égout dans la ville d'AmastrisS on s'imagine qu'il en était partout de même, et on s'élève contre cette centralisation excessive, on plaint les peuples soumis à une administration si lente, si minutieuse et si tracassière, on s'apitoie sur le sort de Trajan obligé de statuer et de répondre sur tant de questions, et en effet cette besogne surhumaine provoque autant de commisération que d'étonnement. Mais une étude plus attentive dissipe ces illusions, révèle le caractère provisoire et spécial de la mission confiée à Pline, et explique comment la correspondance relative à cette mission fut si abondante et si détaillée. La situation de la province était fort embarrassée*, de sorte que des tâtonnements étaient inévitables, et les pouvoirs du conunissaire n'avaient pu être à l'avance exactement définis : il était obligé d'en demander, pour ainsi dire, un nouveau pour chaque cas particulier. Pline n'avait gouverné aucune province jusqu'alors et n'avait même jamais été attaché à un gouvernement provincial : c'est à Rome qu'il avait rempli toutes ses fonctions politiques, et il n'osait résoudre maint problème courant qui n'aurait pas embarrassé un homme plus habitué au maniement de ce genre d'affaires 5. Enfin Trajan comptait principalement, pour aplanir les difficultés, sur son ascendant personnel, sur la confiance et l'affection qu'il inspirait aux peuples, et pour cela il fallait qu'il se montrât constamment derrière son agent*.

Page 1