Epitome
ne tenir aucun compte de ce qu'il avance ici : car son dire est corroboré en partie par un mot d'Homullu^ à Trajan lui-même, mot consigné par Thistorien contemporain Marins Maximus dans son histoire de ce prince, d*où Lampride^ Ta tiré; le consulaire reprocha un jour au prince de faire plus de mal que Domitien; car, lui dit-il, « ce mauvais empereur avait des amis honnêtes, « et on ne soufirait que de sa méchanceté personnelle, tandis que « tu abandonnes ton autorité à des favoris indignes, et l'on te hait « justement. » On doit croire que ces abus remontent au temps où Trajan, tout entier à la défense de la Germanie, ne pouvait donner qu'une attention incomplète au reste de l'empire, car dès l'an 100 le procès de Marins Priscus, jugé et condamné par le Sénat en présence de l'empereur', lui indiquait assez clairement le vœu public, et d'autre part Pline, cette année même, vante l'administration des provinces^. Or malgré l'exagération concédée aux panégyristes, il n'aurait osé se mettre en contradiction si complète avec ce que les Romains pensaient et disaient tout haut. La réforme fut donc accomplie dès que Trajan fut rentré dans Rome.
Au nombre des mesures qui intéressent toutes les provinces je placerai d'abord la réorganisation du service des postes. Trajan, conune l'a démontré M. Naudet^, ne créa pas les postes, ainsi qu'une phrase d'Aurelius Victor pourrait le faire croire*, mais cette phrase prouve du moins qu'il s'occupa de cette branche des services publics, et en effet M. Henzen a reconnu que les employés appelés praefecti vehieulorium paraissent pour la première fois sous son règne ^. L'institution du cursus publicus conmiaii en l'établissement d'un certain nombre de relais où les courriers de l'Etat trouvaient des voitures et des chevaux frais en permanence. Ces relais étaient entretenus aux dépens des provinces, et ces prestations constituaient un lourd impôt, à en juger par la reconnaissance témoignée aux empereurs qui en allégèrent les contribuables en le rejetant sur le fisc. Outre les courriers de l'Etat (tabellarii), le cursus publicus transportait en effet les