Annales de VInst Arch.^ 1S57, p. 98 et suiv
fonctionnaires etaussi toute personne pouvant montrertin diploma gigné de l'empereur. Xies diplômes étaient délivrés par le gouverneur de la province, seulement sur un ordre du prince appelé evectio. Mais les empereurs en vinrent à accorder cette faveur avec tant de prodigalité que les provinces furent écrasées sous des chaînes que ne compensait aucun avantage. Les particuliers ne jouissaient pas, pour leur correspondance, de ces communications rapides et régulières, et la décentralisation de cette époque rendant peu fréquents et peu nécessaires les rapports de la capitale et des provinces pour la satisfaction des besoins publics, le cursus publicus n'existait réellement qu'au bénéfice du gouvernement central, de ses agents et de ses favoris*. C'était toutefois un service indispensable, qu'on ne pouvait songer à supprimer, mais qu'il fallait rendre le moins onéreux possible : tel est le but que poursuivit Trajan en instituant les praefecti vehiculorum qui veillaient à ce que les prestations fussent équitablement réparties, et aussi en se montrant fort économe à'evectiones*.
Le Digeste ne contient que trois lois relatives à l'administration des provinces, édictées sous le règne de Trajan. Elles favorisent les civitateSy considérées avec raison comme des personnes ayant leur vie et leurs intérêts propres, et constituant l'unité véritable du corps social, et elles tendent à accroître leur richesse et leur indépendance. Les dispositions légales propres à seconder de plus en plus l'émancipation des communautés dans l'ordre civil sont un des traits caractéristiques de l'époque antonine.
Lors des élections municipales, les candidats promettaient à l'envi à leurs concitoyens des édifices publics, des jeux, des banquets ou même des distributions d'argent 3. Mais souvent ces promesses n'étaient pas tenues ; l'édifice commencé restait inachevé, ou bien la construction n'était pas même ébauchée. La ville n'avait aucun recours contre ce manque de foi, car la simple pollicitatio n'obligeait pas. Trajan voulut que dans ce cas spécial elle créât un lien de droit, et fit décider que quiconque, en
t. Comme le remarque Hegewisch (p. 203), il eût suffi de permettre aux courriers de se charger, outre leurs dépêches, des lettres particulières, moyennant une certaine rétribution, pour changer en une source abondante de revenus pour TEtat, et en un établissement très-commode pour les citoyens, une institution qui n'était pour eux qu*un fardeau.