De regno, Orat, II
4. ... Quum scirem quaotam soleres militum precibus patientiam humanitatemque praestare. ?iin., Ep,, X, 106.
testament militaire, en y introduisant cependant quelques garanties dont l'inexpérience des testateurs avait besoin ^
En campagne, il vivait au milieu des troupes, et comme elles ; mangeant gaiement leur nourriture grossière, buvant leur piquette*, souffrant même avec elles la faim et la soif. Au bout de quelques jours, il connaissait les noms de ses compagnons d'armes, leurs surnoms et leurs sobriquets, et il s'en servait, avec bonne grâce, pour leur adresser la parole^. Il venait voir comment on exécutait les travaux qu'il avait commandés, il prenait part aux jeux militaires, lançant et se faisant lancer des javelots, donnant et recevant des coups. Au milieu de ces rudes divertissements, il se couvrait de sueur et de poussière, et bientôt on ne le reconnaissait plus dans la mêlée qu'à sa force et à son habileté supérieures *.
Dans^les batailles, il renvoyait ordinairement son cheval*, courait se mettre à la tête de la légion la plus exposée et chargeait avec elle. L'action finie, il ralliait les troupes et veillait à ce que tout rentrât dans l'ordre ; puis il visitait les ambulances, encourageait les blessés, prenait soin que rien ne leur manquât, et après une inspection minutieuse et complète il retournait dans sa tente, seule ouverte encore, car tous commençaient déjà à se délasser de leurs fatigues quand l'empereur songeait à prendre un peu de repos'. Ceux qui, dans la journée, l'avaient vu risquer dix fois sa vie et l'entendaient le soir, au milieu du camp silencieux, regagner à pas lents le praetoriuniy lui vouaient un attachement sans limites et chérissaient sa bonté autant qu'ils avaient admiré son courage.