GUERRE EN ORIENT
Jusqu*ici Trajan n'a pas cessé de mériter l'éloge que lui adressait Pline au commencement de son règne : < Ce qui rend « votre modération plus admirable, c'est que vous aimez la paix, « vous, nourri dans la gloire des armes... Vous ne redoutez la « guerre ni ne la provoquez » *. Comme nous l'avons dit, en effet, les expéditions dirigées contre les Daces étaient commandées par une nécessité impérieuse, elles assurèrent la sécurité de l'empire sur la jQrontière la plus souvent menacée au premier siècle et procurèrent l'heureuse extension delà civilisation occidentale audelà du Danube. L'assujétissement de l'Arabie était également nécessaire, et ne fut ni long ni difficile. Maintenant, après sept ans d'une paix glorieuse et féconde, Trajan éprouve ce vertige qui troublera si souvent ses successeurs, les jettera contre les Parthes ou les Perses, et causera les guerres les plus inutiles et les plus longues qui aient ensanglanté l'empire jusqu'à son déclin.
Depuis longtemps déjà, les Romains songeaient à porter la guerre dans le Haut-Orient. A peine remis des discordes civiles, ils demandèrent à Auguste d'attaquer et d'assujétir les Parthes, et après plus d'un siècle ils ne se lassaient pas de répéter leur vœu. On peut, je pense, assigner trois causes à ce désir irréfléchi dont la réalisation était impossible et dont la j)0ursuite devait coûter si cher.