‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 194 sur 327 · Tacit., Annal.y VI · texte numérisé non relu

Tacit., Annal.y VI

5. Montesquieu, Grandeur des Rom. y chap. 6. c Lorsqu'ils accordaient la ff paix à quelque prince, ils prenaient quelqu*un de ses frères ou de ses f enfants en otage, ce qui leur donnait le moyen de troubler son c royaume à leur fantaisie. Quand ils avaient le plus proche béritier, c ils intimidaient le possesseur; s'ils n'avaient qu'un prince d'un degré fl éloigné, ils s'en servaient pour animer les révoltes des peuples. §

tare nouveau. Le dessein poursuivi avec persévérance par les premiers Césars est abandonné. Trajan inaugure la politique de conquête au-delà de TEuphrate. La soumission des rois barbares ne lui suffit plus, il veut étendre les limites du territoire romain, y faire entrer de nouvelles provinces ^ Il obtint, au début de son expédition, depuis longtemps combinée, des succès éclatants et rapides, dont les Romains, malheureusement, ne perdront plus le souvenir; la légende va bientôt pénétrer et défigurer cette glorieuse guerre parthique, et multiplier les exploits du nouvel Alexandre. Hadrien, averti par les défaites que Trajan subit au lendemain même de ses victoires, reprend l'ancienne limite de TEuphrate, traite avec les Arsacides et cherche à renouer la tradition diplomatique interrompue : l'opinion s'en irrite et s'en indigne et bientôt la guerre reconunencera. Trois siècles de revers n'éclaireront pas les Romains sur l'impossibilité de leur entreprise, et les forces de l'empire s'useront dans une lutte sans issue. Nous allons assister au commencement de cette période fatale, et suivre Trajan dans ces plaines où iront mourir après lui Macrin, Gordien le Pieux, Valérien, Carus, Constance, Julien.

Trajan ne fit qu'une seule expédition en Orient.

Pour le récit des guerres de Trajan dans l'Orient, les sources sont aussi peu abondantes que pour la guerre dacique. L'histoire des guerres parthiques avait été écrite par Arrien*. En songeant à l'exactitude bien connue de cet auteur, à sa critique judicieuse, aux moyens qu'il avait eus, pendant qu'il gouverna la Cappadoce, d'être bien instruit sur des faits encore tout récents, on sent vivement la perte des DapOlxi: nous essaierons de tirer parti des très-courts fragments de cet ouvrage conservés dans Malalas et dans Etienne de Byzance. Xiphilin, complété par Suidas qui a puisé dans le livre même de Dion, reste notre garant principal et presque unique^. Malalas donne quelques détails intéressants,

1. Dion, LXVIII, 17, dit qu'il fit la guerre sous prétexte que le roi d'Arménie ne lui avait point demandé Tinvestituro, mais en réalité pour satisfaire son désir de gloire, x^ S*àXT)Oeicf, 86^ic èiciOu|A%.

2. Photius, BÎbL Cod. 58, cité par Mueller, Fr. Hisl. Gr., 111, p. 586. 'Avrrvco9&y) 'Appiovoû IlapOixà év pi6XCoi; ir..< AtepxéTai 6é èv raÛTiQ t^ icpaYiiaxeitf ToO; iio/i(AOuç oO; èiroXé(j.Y]iTOcv *Pa>(j.a?oi xat IlàpOoi, *Pa>(jLai(ôv auroxpaxopo; ôvxo; TpatovoO.

3. Sur plusieurs points on a le texte môme de Dion, dans les extraits d'Orsini.

noyés dans une narration prolixe, confuse et mêlée de circonstances fabuleuses ^

Nous devons d'abord élucider brièvement un point important de chronologie.

On a beaucoup discuté sur la date à laquelle il faut rapporter le départ de Trajan pour l'Orient, et le commencement de la guerre des Parthes.

Tillemont veut que l'empereur ait fait en Orient deux guerres, l'une en 106 après J.-C., l'autre en 114*.

Les autres historiens et chronologistes n'admettent qu'une guerre, commencée en 112 selon le P. Pagi^, en 113 suivant Borghesi et Noris^ en 115 suivant Eckhel, suivi par Francke*.

Etablissons d'abord contre Tillemont* qu'il n'y eut qu'une seule guerre parthique. Les raisons qu'il a invoquées à l'appui de son opinion sont : 1® la chronographie de Malalas ; 29 les actes du martyre de saint Ignace ; 3** des médailles; 4® des inscriptions.

1® Suivant Malalas, Trajan, provoqué par Meerdotes, roi des Parthes, quitta Rome, la xif année de son règne, au mois d'octobre, et entra à Antioche le jeudi 7 janvier suivant "'. Tillemont ne s'attache qu'à cette dernière circonstance, et fixe dès lors l'entrée de Trajan dans la capitale de la Syrie à Tannée 107; car, dit-il, « cette rencontre du jeudi avec le septième jour de janvier, « qui convient à l'an 107 et qui ne convient à aucun autre durant « tout le reste du règne de Trajan, semble ne se devoir point mé-

1. Il faut lire dans l'ouvrage de M. Dierauer, p. 155, une note importante, rédigée au moyen de communications de M. Gutschmid sur les sources de Malalas qui sont : 1* une histoire abrégée des empereurs; 2* une histoire de TEgUse; 3* et surtout la Chronographie de Damninoê, écrite vers 528 et composée elle-même à l'aide : 1* d'Arrien, 2* d'une histoire d'Antiocbe , 3* de traditions locales. Celles-ci entrent dans le récit pour la proportion la plus considérable. M. Gutschmid pense que Malalas n'a connu Arrien que par les citations et extraits que Domninos en avait faits.

2. Histoire des Empereurs, notes sur Trajan, XVII, XXII et XXV.

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