‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 197 sur 327 · Dion, LXVIII · texte numérisé non relu

Dion, LXVIII

présents pour l'empereur ^ ; mais Trajan ne voulut pas les recevoir. U répondit brièvement qu'à tous ces arrangements il fallait pour garantie des actes, et non des paroles, — qu'il allait se rendre en Syrie, — qu'il verrait là et ferait voir ce qu'il jugerait le plus convenable ^. En effet, il traversa rapidement la province d'Asie*, la Lycie, gagna Séleucie sur l'Oronte, et enfin Antioche. Là il consacra dans le temple de Jupiter Kasios une partie du butin &it dans la guerre dacique> et on peut lire dans l'Anthologie les vers que le bel esprit Hadrien composa pour accompagner Toffirande impériale :

< A Jupiter Kasios, au maître des Dieux, Trajan, descendant € d'Enée, maître des mortels, a dédié cette offrande : deux coupes € artistement ciselées, une corne d'unis^ travaillée et rehaussée € d'or. Il les prit aux Gètes superbes, qu'il terrassa de sa lance. € Dieu, dont la tête se cache dans les nuages, accorde-lui la vic- € toire dans la guerre achéménienne, et ton cœur se réjouira à € la vue des doubles dépouilles, celles des Gètes et celles des < Arsacides ^. »

L'empereur fit plus encore : pour flatter les superstitions locales, il alla consulter l'oracle d'Héliopolis sur l'issue de la guerre qu'il entreprenait^. Il soumit d'abord la science du dieu à une épreuve peu respectueuse. Les prêtres lui avaient dit d'écrire sa demande sur un billet qu'il remettrait cacheté , et lui avaient promis une réponse dans la mêmeforme*^. Trajan remit un

I. Bntr'autres des étoffes de soie et des sabres appelées sampsèrei. Les SsfuMpot étaient réservées aux souverains (Joseph., Ani. Jvd., XX, 2, 3) Dans cet envoi de présents/ on reconnaît un usage oriental. On en offk*ait toujours au roi des Partbes quand on Tabordait (Senec, Bpiti,, 17).

S. Dion, 1. c.

; 3. Probablement il vint par mer jusqu^à Ephése, comme Pline, Ep. ad

4. Suivant Malalas, Chron., XI, p. 271, il était à Séleucie en décembre.

5. Ânihoi, PalaL. VI, 332. pod< oOpou &oxt)t^ X'?^^ 'KaL\ij^œt6tmi xépoc. L^riM est le bœuf sauvage des forêts de la Germanie, appelé aussi hitbahu (Pline, BUi. Nat, VIII^ 15). Avec les cornes de l'tinM, qu^ils garnissaient d'argent, les Germains faisaient des coupes à boire (Gaes. B. GaU., Y, 2S). Vaurochs {urus des classificateurs modernes) s'appelait chez les anciens bison (Pline, 1. 1. Martial, Spectac, 23). V. Boulin, art Aurochs et Bison dans le Dict Univ. (THist, Nat de d'Orbigny. — Suidas^ au mot Uswi 6poc, nous apprend qu'Hadrien composa les vers, et que les coupes étaient d'argent

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