‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 212 sur 327 · Malalas, p · texte numérisé non relu

Malalas, p

3. D'après Ritter, Erdkunde, X, p. 120, il y a près de Nisibe, à la source du Chaboras, des forêts qui fournirent les bois nécessaires. Le passage eut lieu sans doute près de Gezireb Ibn Omar, localité ainsi nommée d*une tle qui se trouve au milieu du fleuve et qui faciUta rétablissement du pont de bateaux. G^est toujours un passage important au point de vue militaire. Les Romains y établirent plus tard la forteresse de Bexabde,

voir ces embarcations surgir, en quelque sorte, au milieu cl*un pays déboisé , s'enfuirent à l'exœption d'un petit nombre d'archers Carduques qui , avec une bravoure égale à œlle que leurs ancêtres avaient déployée jadis contre Xénophon et ses compa-f gnons, essayèrent de s opposer au passage ^

Mais la hardiesse de quelques barbares ne pouvait arrêter une armée romaine pleine d'élan, munie de puissants moyens d'action et habile à les mettre en œuvre. Le nombre des barques dont on disposait dépassait celui qui devait entrer dans la composition du pont. Pendant que les soldats le construisaient avec cette promptitude surprenante qu'admiraient les hommes du métier^, d'autres l^ionnaires et des auxiliaires légèrement armés traversaient le Tigre sur difierents points, forçant les Carduques à courir de Tun à l'autre, et couvrant ainsi les travailleurs par plusieurs attaques, réelles ou feintes, exécutées dans le même moment. Les barbares furent balayés, le pont s'acheva et bientôt l'armée tout entière, transportée sur la rive gauche, devint presque inmiédia^ t^nent la maîtresse du pays. Dans des pourparlers engagés l'année précédente, Mebarsapès^ avait traîtreusement fait prisonniers un centurion nommé Sentius et quelques soldats. Il les retenait dans la ville fortifiée d' Adenystra ^ ; ces Romains, pendant un long séjour, avaient pu étudier les moyens d'introduire leurs compatriotes dans la place, et ils les aidèrent effectivement à s'en emparer'^. La prise d'Adenystra les rendit maîtres du pays sans coup férir. Après cette facile et rapide conquête, Trajan se dirigea vers Babylone, en suivant le chemin qu'avait pris Alexandre quatre siècles auparavant. On peut croire qu'il ne manqua point de visiter le champ de bataille d'Arbèles : en traversant ces plaines à jamais célèbres, il put songer à la destinée du fils de Philippe sans être écrasé par les souvenirs qu'évoquait naturellement un tel parcours. Aux exploits si vantés du héros grec, le capitaine romain pouvait opposer cette guerre, ^ussi heureuse et aussi rapide, qui assurément avait jusqu'ici coûté moins de sang. U vit aussi les sources de bitume de Memnis, et les flammes qui s'échappent du sol à Kirkuk^. Repassant

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