Dion, LXVIII
6. Fabricius, Bibl. Gr,, VIII, p. 153. Trajan célébra un sacrifioe en rhonneur d'Alexandre, dans la maison oà il était mort
ihnitent la Mésopotamie, débouchait en face de Ctésiphon même : il eût été imprudent d'essayer le passage sur ce point. Un nouveau canal, creusé par les ordres de l'empereur, sur une longueur de 30 stades (5548°^ 50), fit tomber le Naharmalcha dans le Tigre, au-dessus de Ctésiphon : les Romains purent ainsi tourner la place et l'investir*.
Elle ne tarda pas à tomber entre leurs mains. Chosroès s'enfuit : mais sa fille ne put échapper à la captivité *. Le trône doré sur lequel s'asseyaient depuis tant d'années les ennemis déclarés de Rome, ceux qui, suivant l'expression des écrivains latins, partageaient le monde avec elle ', fut saisi avec bonheur par les soldats et réservé pour orner plus tard le triomphe de Trajan . Celui-ci traversa le Tigre avec la flotte, en bel ordre*, pour entrer
1. On ne comprend cette opération qu*en se reportant au récit de la guerre faite par Julien, deux siècles et demi plus tard, dans le même pays. Dion ne donne que des détails manifestement inexacts. Suivant lui, rempereur songeait à joindre les deux fleuves par un canal, et il dut renoncer à ce projet en s'apercevant que le niveau de rBuphrate était bien plus élevé que celui du Tigre, et que la dérivation aurait rendu impossible toute navigation sur le bas Buphrate. Dès lors on aurait transporté les navires d'un fleuve à l'autre sur des chariots (LXYUl, 28). Mais qui ne sait que la Mésopotamie était, depuis la plus baute antiquité, sillonnée de canaux qui réunissaient TEuphrate et le Tigre? Hérodote, Strabon, Pline, Ptolémée nomment tous le plus important de ces canaux, le Naharmalcha, que sa largeur faisait considérer comme un bras de TEuphrate, et qui s'étendait de Massice à Séleucie.
Ammien, à son tour, dit (XXrv, 6) que le Naharmalcha était Tœuvre de Tnyan, que les Perses l'avaient comblé, et que Julien, en le rouvrant, put faire fk^ncbir à sa flotte une distance de trente stades. Mais le Naharmalcha est bien antérieur à Trajan : sa longueur était de neuf schoenes ou parasanges (Ibid., Stathm. Parih,, éd. Didot, p. 249), qui correspondent a vingt-sept milles romains ou quarante kilomètres. Gomment pouvaiton exécuter rapidement un tel travail? Zozime au contraire (ill, 24) explique très-bien qu'il s'agit d'un canal reliant au Tigre le Nahar^ maleha, et non TEuphrate. Le chiffï*e trente stades (5548 m. 50), donné par Ammien, devient alors intelligible, même en y voyant des stades olympiques, les plus grands de tous. Le canal de Trajan dut être creusé au commencement de Tété, la crue de TEuphrate ayant lieu en juillet et août (Pline, Hist. nat., V, 21).