‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 216 sur 327 · Dion, LXXVIIl · texte numérisé non relu

Dion, LXXVIIl

5. Attambélos est l'orthographe des monnaies frappées par d'autres rois de la Mesène, du même nom. Celui-ci est Attambélos IV. (Waddington. Mélanges de Numismatique ^ II, p. 104.) L*étude de ces monnaies présente une difficulté. On possède trois pièces du roi Théonnesés, datées suivant Tére des Séleucides, l'une de 421 » 109 ap. J.-G., la deuxième de 423 =:= 111, la troisième de 43t ou 434 » 119 ou 122 (on hésite entre les lectures YAA et YAA). Les deux premières ont été ft^ppées du temps de Trajan, avant Ja guerre Parthique, la troisième est contemporaine du règne d'Hadrien. La parfaite identité des portraits sur ces trois pièces ne permet pas d'admettre qu'elles appartiennent à deux princes ayant porté le môme nom. Gomme, suivant Dion, la Characène était en Pan 116 gouvernée par un Attambélos, M. Waddington émet la supposition très-vraisemblable que cet Attambélos, à la faveur de la guerre Parthique, détrôna Thèonnèses, et que le prince dépossédé ressaisit son pouvoir au commencement du règne d'Hadrien. Alors en effet les conquêtes de Trajan furent abandonnées, et son œuvre détruite par les peuples auxquels il Pavait imposée.

6. Dion, 1. c Eutrop. VIII, 3 : Messenios vicit ac tenuit La conquête de la Mesène valut sans doute à Trajan sa Xlll* salutation impériale qui figure dans ses titres sur un diplôme militaire du 8 septembre 116. (notre n* 8) on lit dans les Parthica : 'Axpa, icépav toO Tiyçv\xoç. 'Appiav^ Ixxai5exd<q). X)pa^, icéXtç t^ç èv Ttypi^rt Mcoi^ç. 'Apptov^ cxxatdsic^. On

ne connaît pas la position de ces localités. Gh. Mueller propose d'idenr

ravis de Trajan. Des projets vagues et grandioses occupèrent et amusèrent quelque temps son imagination. Il demanda de nombreux renseignements sur ces pays célèbres et songea aux moyens de faciliter le commerce et les relations de Tancien monde avec ces régions lointaines. Toutefois, il n*eut jamais, comme on Ta cru plus tard, le dessein d'y conduire ses armées; au contraire, voyant un vaisseau qui appareillait pour les Indes, il exprima le regret que son âge ne lui permît pas d'y aller chercher les traces d'Alexandre*. Mais les relations qu'il fit passer en Italie n'étaient pas empreintes de la même sagesse, et il osa écrire au Sénat qu'il avait porté ses pas plus loin que le héros macédonien*. On voit que son esprit si ferme et son caractère si modeste s'étaient altérés sous la grandeur et la rapidité des succès. On souffre aussi d'avoir à rapporter que le vainqueur de Décébale, donnant le change sur ses promenades et les faisant passer pour autant de conquêtes, poussait l'enfantillage au point d'envoyer à Rome courrier sur courrier, avec des bulletins de victoires remportées sur des peuples qu'on cherchait péniblement sur la carte, et dont les noms, choisis à dessein, étaient si bizarres qu'on ne parvenait

tifier lOpaOa avec VOr d^Âmmien Marcellin (XXV, 8). C'est impossible : le contexte d'Ammien montre clairement qn' Ur était entre Âtra et Nisibe.

1. Dion, LXVIll, 29. IvSovc te yà^ èvcv6et, xai Ta èxeCvoiv iz^é:f\taxa 2iroXuicp«Y|i^ei t6v Te 'AX^ÇavSpov l|iaxàpiCe. Voilà le noyau de la légende qui étendit les conquêtes de Trajan jusqu'aux limites de Tlnde. Aurelius Victor (Caes,, 13) dit seulement : c ad ortum solis cunctae gentes, quae c inter Indum et Buphratem, amnes inclitos, sunt, concussae belle » ; mais Kutrope (Vlll, 3) est plus affirmatif : c Usque ad Indiae fines pof< Alexandrum accessit •. De même, sur un mot de Gharlemagne à des ambassadeurs grecs, rapporté par le moine de Saint-Gall (1, 28) : c utinam non esset ille gurgiculus inter nosl forsitan divitias Orientales c aut partiremur, aut pariter participando communiter haberemus », Timagination populaire édifia l'histoire d'un voyage de cet empereur à Gonstantinopie et en Terre sainte (Gaston Paris, Histoire poétique de Chartemagne, p. 41). Fréret ajustement contesté l'expédition de Trajan dans Tlnde {Acad. des B. Lettres, XXI. Bist,, p. 55), mais il invoque à tort un passage de Lucien comme témoignage des récits fabuleux qui avaient cours sur la guerre des Partbes. c Le Philopatris, attribué communément à Lucien et c composé, selon toute apparence, sous le régne de Trajan, fait menc tiod d'une prétendue victoire remportée sur les Partbes et de la c prise de Suse dont les armées romaines n'approchèrent jamais. » Le PhUopatris fut composé vraisemblablement au iv* siècle, et les vers relatilîs à la prise de Suse (ch. XXVII) sont tirés d'une tragédie grecque aujourd'hui perdue.

2. Dion, LXVIII, 29. KaCToi IXsye xal èxeCvov ircpaiT^pu irpoxexwpT)xivat, xai TO&ro xai t) PouXj iiceareTXc.

pas à les prononcer distinctement ; de sorte que le Sénat, étourdi de ces dépêches, aussi nombreuses que difficiles à transcrire, lui permit, une fois pour toutes, de triompher d*autant de nations qu'il le voudrait*. N'insistons pas sur ces faiblesses passagères d'un grand homme, qui va cruellement expier quelques mouvements d'abandon et de vanité.

Pendant qu'il naviguait à l'embouchure du Tigre, il apprit, en effet, qu'une insurrection formidable avait éclaté dans la Cyrénaïque, dans l'Egypte ' et à Chypre. Les Juifs très-nombreux dans ces contrées^ furent probablement maltraités après le tremblement de terre d'Antioche. Une grande partie de l'Orient avait soujOTert ^u même fléau ; l'esprit superstitieux des populations dut attribuer ce malheur à l'irritation des Dieux, mécontents de la liberté laissée par les Romains aux cultes étrangers. Il est certain que les Chrétiens furent inquiétés à cette époque, et, selon toute vraisemblance, pour cette cause : or, les Juifs et les Chrétiens étaient si souvent confondus par les anciens que la persécution constatée des uns nous autorise à penser que les autres n'échappèrent pas aux mêmes rigueurs *. D'autre part, les zélotes n'avaient point cessé, après la destruction de Jérusalem, de revendiquer l'indépendance nationale. La guerre commença* en Cyrénaïque, là où

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