‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 237 sur 327 · ApoL, c · texte numérisé non relu

ApoL, c

5. De morte persec. rescissis actis tyranni [se. DomitianiJ non tantum in statum pristinum Ecclesia restituta est, sed etiam multo clarius ac floridius enituit. Lactance no cite pas d'empereur persécuteur entre Néron et Trajan Dèce.

70 églises, et expié par son supplice le zèle qu'il témoignait pour la foi et les succès rapides qu'il avait obtenus*. Tillemont, depuis longtemps a émis des doutes sur l'exactitude de ce fiait* dont personne ne parle avant Rufin^. Baronius lui-même a reconnu que les actes de ce martyre ont été composés d'après la tradition, à une époque tardive^ et, ce qui doit nous suffire, ils sont implicitement démentis par Irénée. Ce père atteste, en effet, que parmi les douze évêques de Rome qui s'étaient succédé depuis saint Pierre jusqu'à lui, Tèlesphore seul avait souffert une mort violente^.

Tillemont fait également justice des martyres de onze mille soldats égorgés à Mélitène, de ceux de saint Césaire, de saint Hyacinthe, de saint Romule, de saint Eudoxe. Il écarte aussi l'idée d'une persécution exercée alors en Asie par le proconsul Arrius Antoninus. 11 donne les raisons qui doivent faire rejeter comme apocryphe la leUre de Tibérien, gouverneur de Palestine, à Trajan, et le rescrit de ce prince ordonnant la suspension des poursuites que Tibérien avait commencées®. Ainsi, bien que tous ces faits aient été récemment admis comme authentiques et imputés au fanatisme de Trajan"', nous nous en rapporterons au pieux historien du xvii'' siècle; nous n'admettrons comme réels et nous n'étudierons que les événements relatifs à Ignace évêque d'Antioche, à Siméon évêque de Jérusalem, et aux chrétiens de Bithynie contre lesquels Pline informa.

En ce qui concerne les deux premiers, nous avons déjà laissé entrevoir que leur mort se rattache aux faits de la guerre Parthique et à la révolte juive qui s'y mêla : la condamnation qui frappa ces deux pasteurs offre un caractère aussi politique que religieux. A l'égard de Siméon, qui descendait de David et dont le nom pouvait, à ce titre, rallier les Juifs qui revendiquaient leur indépendance, cette manièrede voir est presque formellement appuyée parla Chronique Paschale^, laquelle atteste qu'il fut condamné non-seulement comme chrétien mais comme descendant

t. Surius, 23 nov.

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