‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 238 sur 327 · Histoire des Empereurs , 11, p · texte numérisé non relu

Histoire des Empereurs , 11, p

7. Champagny, les Antonins, 3' éd., I, pp. 347 et suiv., 381 et suiv.

8. b)ç oO (lovov xpi<rriavo;, àXXà xal û; ànà Tt5v toO y^vouç Aa6(d Oirdifx^^» P* 471, éd. Bonn.

de David. Il est vrai que son supplice, si l'on adopte la date à laquelle le rapporte la chronique, ne pourra être expliqué conune une mesure d'intimidation vis-à-vis des rebelles, puisqu'il aurait précédé leur prise d'armes de plusieurs années, mais cette date, très^voisine de celle que la même chronique assigne au martyre d'Ignace, doit être déplacée aussi bien que cette dernière, et leur rapprochement prouve simplement que les deux évêque45 furent mis à mort à peu près à la même époque. Hégésippe, cité par Eusèbe*, rapporte que Siméon fut dénoncé par des hérétiques qui périrent eux-mêmes peu de temps après, et cette allégation offre tous les caractères de la vraisemblance.

Le supplice d'Ignace, mis à mort sous le règne deTrajan, n'est pas contestable, mais on n'en peut indiquer avec précision ni les circonstances ni la date, car les actes de son martyre ne présentent aucun caractère d'authenticité. La rédaction la plus anciennement connue, et qui est aussi la plus chargée d'interpolations, met la mort d'Ignace « consulatu Attici et Marcelli » (lisez Attii [Suburani II, Asinii] Marcelli) Kalendis fehruarii^ (c'est-à-dire en Tan 104). La Chronique Paschale rapporte cet événement à l'an 105 (consulat de Gandidus et de Quadratus); la version plus courte des Actes, découverte par Ruinart et seule défendue aujourd'hui, au 23 décembre 107^ Enfin, Malalas, ainsi que nous l'avons dit, place cemartyre au moment du tremblement de terre d' Antioche (décembre 11 5). Ces divergences dans les dates jettent déjà un certain discrédit sur l'autorité des Actes. L'année 107 ne saurait être acceptée. D'abord il faut admettre, puisque Ignace aurait comparu devant Trajan, à Antioche, au moment de la guerre Parthique, que cet empereur aurait fait deux expéditions en Orient, et nous avons démontré le contraire. En second lieu, il est clair que le martyre d'Ignace n'aurait pu passer inaperçu à Rome, et pourtant Pline, qui était à Rome en 107, déclarait quatre ou cinq ans après ne pas savoir comment procéder contre les chrétiens, et semble n'avoir même jamais entendu parler d'eux ^. A

1. Hisl. Eccles., III, 33. Les dénonciateurs de Siméon furent peut-ôtre des Ebionites, qui détestaient David et sa race (Bpiphan., Haeres,, XXX, 18.)

Page 1