Ruinart, Acta sinceraf p
5. L'époque de la légation de Pline, très-discutée autrefois, est aujourd'hui flxée par la découverte faite en Mésie d'un monument élevé en l'honneur de Trsgan, Tan 112 de notre ère, par Gaipurnius Macer qui
ces présomptions défavorables tirées de raisons extérieures, joignez la conversation absolument invraisemblable de l'empereur et de révêque, le libellé bizarre de Tarrêt*, l'itinéraire incroyable suivi par Ignace pour aller d'Antioche à Rome, et il sera bien difficile de méconnaître le caractère apocryphe de cette production. Notons aussi qu'elle était inconnue à Eusèbe, qui, parlant d'Ignace comme d'un personnage toujours célèbre en Orient, et citant ses lettres, ne possède sur sa fin que la tradition orale*. Assurément l'auteur de V Histoire ecclésiastiqite qui aime à baser ses assertions sur des pièces écrites, et les transcrit volontiers, n'aurait pas négligé un document de cette importance. C'est donc seulement dans les Lettres d'Ignace qu'il semble permis de chercher quelques détails sur les événements qui précédèrent immédiatement sa mort. Nous y lisons que, pendant que Tévêque se rendait à Rome, l'église d'Antioche avait retrouvé la paix', ce qui prouve qu'il n'y eut pas en Syrie de persécution systématique ; on y voit également Ignace très-effrayé à l'idée que les Romains pourraient obtenir sa grâce en la demandant à l'empereur, ce qui le priverait, lui Ignace, d'une mort glorieuse et désirée*. Cette crainte ne fait pas supposer chez Trajan une rigueur inflexible ni un esprit bien prévenu. Nous ne pouvons donner les raisons précises de la condamnation, puisque nous ignorons queLs furent les rapports de l'évêque avec l'empereur : il est probable qu'il le brava dans un moment où toute hardiesse de langage était périlleuse, alors que les superstitieux habitants d'Antioche^, émus du tremblement de terre qui avait presque détruit leur riche cité, demandaient la mort des chrétiens, qu'ils considéraient comme les auteurs de la catastrophe. En envoyant Ignace à Rome, Trajan voulut sans doute le soustraire à l'irritation de ses concitoyens et le mettre en face de juges plus équitables. Mais le ton de la lettre aux Romains nous indique assez quel dut être
gouvernait cette province pendant la mission de Pline en Bithynie. Voir notre n* 71. Cf. Pline, Ép, ad Traj., 42, 61, 62, 77.
1. c Nous ordonnons qu'Ignace, qui prétend porter en lui le GruciOë, f soit enchaîné et conduit sous bonne garde dans la grande ville de f Rome pour être la proie des bêtes féroces et servir de divertissement f au peuple. >
2. A6yoç ^'^X^^ toOtov ànà SupCo^ èTcl ti^ 'P(i>(Aaia>v iroXiv àvancc^içOéyra ^p(wv yevéaOat ^pdv tt); eCç Xpioràv (laprupCoïc Svexev. Hist, EccL, III, 37.