Vitruv., De archUect., V, I
dans le traité classique de son art, plutôt que dans la vallée du Nil, qu'il sera allé chercher l'inspiration qui lui manquait ? H avait tout près de lui, et sur le sol et dans les livres, des modèles d*arcs de triomphe, de temples, de basiliques, de bibliothèques : la colonne au contraire est en son genre le premier monument connu, et paraît bien de Tinvention d'ApoUodore. M. Froehner croit y reconnaître une imitation du Panium d'Alexandrie * et ici encore je me sépare de son opinion. Le Panium était-il pourvu d'un escalier intérieur et décoré de bas-reliefe sur sa surface extérieure? Rien n'autorise à le croire et l'on ne trouve rien de tel dans la description que Strabon nous en a laissée'. L'art grec ofirait déjà des exemples de statues posées sur des colonnes ^ et c'est là, peut-être, qu'ApoUodore prit l'idée du monimient à élever en l'honneur de Trajan ; quant à l'invention del'escalier intérieur, il lui appartient bien légitimement.
Nous pouvons étudier d'autres édifices de la même époque, tels que les arcs de Bénévent et d'Ancône, et le tombeau des rois de la Comagène, à Athènes^. Ils offrent un caractère conamun de simplicité et de sévère élégance, un peu altéré pourtant à Bénévent, où la construction prend déjà quelque chose de lourd dans son aspect. Les surfaces extérieures y sont couvertes de sculptures, ce qui est aussi un symptôme de décadence : offusqué, égaré par l'abondance des détails, l'œil du spectateur ne saisit pas nettement l'idée première de l'architecte, qui a laissé envahir son domaine par les décorateurs.
Les grandes villas que possédait Pline, et dont il a si complaisamment développé les descriptions, nous fournissent d'excel-