‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 59 sur 327 · Ârr. Anab, I · texte numérisé non relu

Ârr. Anab, I

l. Florus I, 38 (éd. Halm). Ces forêts faisaient suite à la forôt Hercynienne. César, BÀ. GalL, VI, 25.

S. Strab. VU, 3, it.

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cration religieuse de son autorité tanporelle, par ses relations habituelles avec le ministre du Dieu suprême de la nation, Boerebistas obtint de celle-ci une confiance aveugle et sans limites, le plus puissant élément du succès militaire. Il commença par exterminer les peuplades gauloises qui occupaient encore plusieurs points dans le bassin du Danube; puis, poussant à l'Est, il soumit les côtes de la mer Noire jusqu'à ApoUonie et saccagea les villes grecques de cette région*. Au sud, enfin, traversant le Danube à la tête de deux cent mille soldats, il fit trembler les Romains dans la Thrace, la Macédoine et TUlyrie. Ces vastes et rapides conquêtes, dont un enthousiasme à la fois militaire et religieux avait suscité et soutenait l'essor, ont été assez justement comparées aux débuts de Ylslam^ : mais cette ébauche de khalifat n'eut qu'une durée éphémère : les Daces, dont Boerebistas réprimait les penchants invétérés, se lassèrent vite de sacrifices faits à la gloire, ou en vue de réformes dont ils ne comprenaient ni le dessein ni la portée. Boerebistas périt dans une sédition, au moment même où César était frappé au milieu des préparatifs d'une expédition contre le redoutable chef des Daces'. Ceux-ci se désunirent bien vite quand ils ne sentirent plus la main puissante qui les avait entraînés dans une action commune : à la faveur de cette désunion, les lazyges, peuple sarmate, s'emparèrent des plaines fertiles que possédaient les Daces et confinèrent alors ces derniers dans les montagnes de la Transsylvanie^.

Leur puissance militaire, tout amoindrie qu'elle était, demeurait redoutable pour Rome, à cause de l'éventualité toujours menaçante d'une alliance entre les Daces et les Germains. Octave, ne perdant pas de vue le dessein de Jules César, voulut conquérir en Pannonie un poste qui lui servît de base d'opérations dans les campagnes qu'il projetait contre les Daces ; il s'empara de Ségeste, sur la Save, et y laissa une garnison de vingt-cinq cohortes*^.

Dans la guerre civile, les Daces prirent parti pour Antoine*, et bien qu'ils ne lui eussent fourni qu'un petit nombre d'auxiliaires'', ils inspirèrent à Rome une frayeur dont l'écho est

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