Caess
colonisa la Dacie devenue déserte. Eutrope nous apprend de plus que les colons avaient été appelés de tous les points de l'empire 4; et les monuments de la Transylvanie confirment d'une maniènd remarquable cette assertion d'Ëutrope'. Ainsi, dans les inscriptions votives, on ne trouve le nom d'aucune divinité dacique', ce qui prouve que la population indigène avait disparu. Mais on y lit les noms d'Isis *, de Bonus Puer Phosphorus (l'Horus enfant égyptien^), delà Nehalennia gauloise^, de la Dea Caelestis de Carthage'', de Cautes*, du dieu Azizus de Phrygie®, de Jupiter Dolichenus^^, du même Dieu enfin avec les ethniques Taviantièg Heliopolitanus^ Prusent^Sy Commagenorum^^. Ces persooi nalités mythologiques nous reportent à l'Orient, d'où le plus grand nombre des colons paraît avoir été tiré^*. L'idiome, si directement formé du latin, que parlent aujourd'hui les Roumains a plusieurs fois suggéré la pensée que l'Italie avait fourni à la nouvelle province ses 'premiers habitants. Les inscriptions nous conduisent, comme on le voit, à écarter cette opinion, qui est d'ailleurs en opposition directe avec ce que nous connaissons dés vues de Trajan sur l'Italie **.
Le plus ancien monument que l'on possède de la Dacie Trajaœ est un diplôme militaire de l'an 110 ^^ où est nommé le légat propréteur^de la province D. Terentius Scaurianus. On a trouvé à Sarmizegethusa une inscription relative à ce personnage ; il y est dit fondateur de la colonie romaine établie dans la résidence des anciens rois daces *^. Cette ville fut appelée la
1. Butrop. VIII, 6. c Trajanus, victa Dacia, ex toto orbe Romano inflnitas copias hominum transtulerat ad agros et urbes colendas; Dacia enim diutumo belle Decebaii viris fuerat exhausta. »