‹ Essai sur le règne de TrajanChapitre 99 sur 327 · Eutrop. Vin · texte numérisé non relu

Eutrop. Vin

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aux autres provinces danubiennes S et conformément au plan d'Auguste, qu'il semble avoir toujours eu devant les yeux, il arrêtisL brusquement l'œuvre deTrajan dans ces contrées. S'il eût romanisé les autres pays situés entre le Danube, les Carpathes et la Theiss (il pouvait au moins commencer cette entreprise ^ en léguer l'achèvement à Antonin), il aurait prévenu les longues guerres que Maro-Aurèle eut à diriger contre les Marcomans et les Quades, au milieu des circonstances les plus critiques, quand la peste sévissait dans son armée et dans Rome. L'empereur philosophe reconnut trop tard la nécessité d'incorporer à l'empire toute cette région* et la mort l'empêcha de compléter et de réaliser ainsi le plan conçu par Trajan. La lâcheté de Conmiode, les guerres civiles qui suivirent le meurtre de ce tyran, puis lea expéditions inûnictueuses et toujours renouvelées contre les Parthes, et enfin, au troisième siècle, la nécessité chaque jour plus visible de défendre l'ancienne frontière violée sans cesse et sur tous les points par des envahisseurs de plus en plus audacieux, firent abandonner ce plan sans retour. Un arrêt de plusieurs siècles dans la marche de la civilisation fut la conséquence de cet abandon de l'ancienne politique romaine.

Ce plan était^-il réalisable? Pouvait-on, au deuxième siècle, faire entrer la Germanie dans la communauté romaine? M. Mignet ne le pense pas. < Quels points d'appui les Romains pouvaieni- « ils y trouver (dans l'Europe centrale)? Où pouvaient-ila « adosser leurs légions sur ce territoire mal limité et qui ne « finissait nulle part? Où devaient-ils arrêter leurs frontièreç? « Comment parviendraient-ils à y subjuguer des populations « belliqueuses dont la plupart, encore errantes, s'enfonçaient « dans les profondeurs de leurs forêts et disparaissaient dans le « vaste espace ouvert devant elles, à moins qu'elles n'en sortisse sent pour surprendre les légions comme elles le firent en égorge géant celles de Varus? Les Romains avaient à craindre d'y « être vaincus s'ils entreprenaient des expéditions, et d'y être « débordés s'ils y fondaient des établissements 3. >

1. Dion, LXVllI^ 13. — M. Durdy, Hist. des Romains IV, 361, regarde ces assertions d^Butrope et de Dion (ou de son abréviateur), comme les échos de calomnies systématiquement dirigées contre Hadrien, sans leur opposer, pourtant, de fait bien signiflcatif.

2. Capitolin, M. AfU, Phil., cap. 27. c Triennio beilum postea cum Marcomannis, Hermunduris, Sarmatis, Quadis etiam egit et, si anno uno superfuisset, provincias ex his fecisset. »

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