Ling Roth, Natives of Sarnwn/c. etc., I. p
:2. Burton, La/ce Régions of Central Af'rica, II* p. 831.
:5. Waitz, Naltirvôllcer, 6» s. 162.
enfants, prend volontiers une forme brutale. Une dame qui écrit sur les habitants de Founafouti fait cette observation : « On trouve à Founafouti que c'est de la part d'une jeune fille une très bonne farce à faire à un jeune homme qui ne s'attend à rien que de lui scier la peau avec une feuille de pandanus», ce qui produit des égratignures très douloureuses. « De grands éclats de rire d'un côté et un flot de paroles de l'autre sont l'effet ordinaire de cette plaisanterie ^ ».
Les farces viennent de l'instinct de la taquinerie : ce sont des inventions nouvelles qui prennent la victime par surprise, quand elles ne la trompent pas complètement. L'intelligence du sauvage ressemble tput à fait à celle de l'enfant par la fécondité de ses inventions en ce genre.
La jeunesse semble pratiquer chez eux des farces très analogues à celles où se plaisent nos jeunes écoliers. En voici un exemple. Un jeune nègre d'Afrique, voyant une vieille femme qui portait une citrouille, s'approcha d'elle et lui cria qu'elle avait quelque chose sur la tête. Oubliant tout à fait sa citrouille elle poussa un cri de terreur à la pensée qu'elle avait sur la tête quelque objet hideux, et s'enfuit à toutes jambes, tandis que son agresseur ramassait en riant la proie qu'elle avait laissé tomber-. Naturellement ces farces sont parfois dirigées, avec quelques précautions, bien entendu, contre les Européens. Un jour un jeune Tasmanien déroba adraitement un sac de coquillages qu'un matelot avait déposé au pied d'un arbre, et le lui laissa chercher inutilement; puis, quand il eut assez joui de sa plaisanterie, il remit le sac à sa place en se montrant « on ne peut plus content du tour qu'il avait joué à l'Européen » ' .
Gomme chez nous, on rend quelquefois la pareille, et avec usure, aux auteurs de ces tours. On raconte une histoire de certains Hottentots qui firent une farce à quelques-uns de leurs compagnons endormis, en décochant tout près d'eux une couple de flèches; les dormeurs éveillés au bruit se levèrent au plus vite et coururent chercher des armes à leurs chariots, où ils furent accueillis par une salve d'éclats de rire. Ceux qui avaient
•I. Mrs Edge\vorth David, Founafouti, p. 230.