Mai'sden, Uistory of Sumalra, p
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d'amusement que l'impossibilité où il se trouve de prononcer les sons de leur langage. Les Tasmaniens, écrit un auteur que nous avons cité plus d'une 4'ois, riaient souvent à se tordre lorsque, cherchant à répéter leurs paroles, je me trompais sur les mots ou que je les prononçais mal'. Un autre voyageur, en parlant des naturels de la côte Ouest de l'ile Vancouver, écrit : « Ce qui prouvait qu'ils avaient quelque règle pour juger de la correction du langage, c'était la promptitude des enfants à tourner en ridicule l'étranger qui prononçait mal les mots de leur langue-. » Un troisième exemple nous vient de Bornéo. Les filles du pays, nous dit un voyageur, faisaient répéter aux Européens après elles des phrases de leur langue, et éclataient en rires bruyants, « soit à cause de notre prononciation, soit à cause des choses comiques qu'elles nous faisaient dire ^ ». Rien peut-être ne montre mieux qu'une façon incorrecte de parler une langue ce qu'il y a de comique dans la violation dune coutume parfaitement uniforme. Et ce n'est pas tout : un sauvage trouve absurde, exactement comme le ferait un de nos enfants anglais ordinaires, que l'étranger ne puisse faire ce qui lui semble à lui-même n'exiger aucun efifort, bien plus, ce qu'on ne peut s'empêcher de faire, pas plus qu'on ne s'empêche de rire ou de pleurer. Assurément un sentiment de supériorité personnelle sur l'étranger ignare entre ici pour quelque chose dansle plaisir du rieur. Peut-être les enfants de l'île de Vancouver avaient-ils au plus haut degré le sentiment de cette supériorité. Cependant on nous assure que, dans certains ca.s, si l'incapacité de l'Européen provoque les rires, ils sont aussi accompagnés, ce qui peut le consoler, d'encouragements bienveillants. L'étranger provoque encore d'une autre façon, et au plus haut point, l'hilarité, en se montrant incapable de faire ce que tout le monde fait, lorsqu'il pèche contre les bonnes manières. Ici, en effet, intervient un sentiment de supériorité sociale auquel s'ajoute la joie d'être soulagé pour quelques instants des règles gênantes de l'étiquette. De même que notre «Société » ne rit jamais d'aussi bon cœur qu'en face de iMidas,