Ling Roth, op. cil. (2« édit.), p
t. Sproat. Savage Life, p. 266.
o. Cité par Ling Roth, Sarav:ak and Brifi.tlt A'o/'//t îiovneo. I, p. 93.
lorsqu il parvient à introduire dans le sanctuaire du bon ton sa personne vulgaire, de même exactement le sauvage prend le plaisir le plus vif à constater à l'occasion chez ses visiteurs de race blanche la gaucherie et le manque de savoir-faire ^ Il semble en efîet disposé, quand il est sûr de ne pas blesser les gens, à se livrer, devant ces infractions à Fétiquette, à une gaité pleine de bonhomie. Un voyageur nous raconte qu'en visitant la demeure d'un chef indien du Canada, il s'assit sur ce qu'il crut être un ballot de fourrures de bison. Son sangfroid et la gravité qu'il lui convenait de garder en présence d'un hôte royal durent être légèrement troublés, quand il s'aperçut que les fourrures commençaient à s'agiter et à onduler sous lui ; et surtout quand il se sentit, à son extrême confusion projeté jusqu'au milieu de la tente parmi les cendres. Le chef, trois de ses femmes et les autres assistants indigènes riaient cependant aux éclats de la catastrophe. Le visiteur blanc put apprécier pleinement tout ce qu'il y avait de bonne humeur dans ce rire, quand il vit émerger de l'amas de fourrures la quatrième femme du chef, la plus jeune de toutes, et qu'elle-même d'ailleurs (ceci soit dit à son éloge) se joignit à l'hilarité générale -.
On voit poindre, à ce qu'il me semble, un commencement de réflexion dans une des variétés de ce rire provoqué par les façons bizarres de l'homme blanc. Certain missionnaire, un de ceux qui savent voir, parait-il, trouva les Dayaks de la côte disposés à regarder nos services religieux comme une plaisanterie. Ils étaient curieux d'apprendre ce qu'on demandait à celui qui prenait part au culte, et surtout voulaient savoir s'il lui était défendu de rire; ils expliquèrent leur curiosité en avouant, comme « l'Humoriste » de M. Barrie, qu'ils n'étaient pas du tout sûrs de pouvoir se retenir 'K Les cérémonies solennelles, avec la sévérité de leurs exigences, sont de nature, quand on n'en pénètre pas la signification, à provoquer chez les sauvages, tout comme chez les enfants, le désir impérieux d'un rire de soulagement.