En français dans le te.vte
262 ESSAI s LU LE KIHE
Romain de la capitale pour les provinciaux ses inférieurs ^ el chez nous la comédie de la Restauration, prenant pour modèle la vie des citadins, déverse le ridicule sur la petite noblesse de province 2. On voit encore cette importance dans les rapports entre le clergé considéré comme classe savante et les laïques ignorants. Ainsi que nous l'apprennent les contes amusants du moyen âge, l'autorité du clergé pendant ces siècles d'ignorance reposait en grande partie sur sa supériorité intellectuelle. Si nous considérons la culture des esprits dans son ensemble, nous y pouvons distinguer le nombre indéfini de niveaux différents qui constituent comme une échelle de dignité intellectuelle. On suppose en général que ces degrés coïncident avec certains groupes tels que les professions libérales, les commerçants et la basse classe. Mais on ne peut plus admettre aucune coïncidence de ce genre lorsque l'éducation est devenue un bien commum. Une grande partie de notre classe « supérieure », dont les limites ne sont plus déterminées par la naissance, mais, dans une large mesure, par la richesse, n'est ni cultivée ni même bien informée. Un employé possède souvent plus de connaissances générales et de goût littéraire que son riche patron, et un ouvrier, malgré tous les obstacles de la pauvreté, peut, sur des sujets comme la philosophie et l'histoire, être plus instruit que la grande majorité de la classe moyenne. Nous voyons donc que les couches qui représentent des degrés de culture différents sont en grande partie indépendantes des divisions généralement reconnues. Ces distinctions anciennes peuvent en effet avoir été singulièrement atténuées par les progrès de l'instruction. L'ancienne ligne de démarcation entre l'homme, être supérieur, et l'épouse son inférieure, a été à demi etfacée par le droit reconnu aux femmes de pénétrer dans la sphère de la haute culture. Ces divisions établies par la culture sont de véritables groupes sociaux dont chacun est formé par une large communion d'idées, de goûts et d'intérêts, et leur imporlanci^ dans le groupement social tend à s'accroître.