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de ressemblance. Sans doute, si l'esprit s'arrête à ces observations, il n'aura pas fait grand’chose pour avancer ses connaissances. Mais son activité le portant toujours en avant, 1l imagine des explications aux analogies constatées; il s'élève de l'observation des rapports à la raison de ces rapports (9). L’induction scientifique, qui, dans sa forme complète, est un raisonnement qui va du particulier au général, plus exactement des conséquences à la raison, débute toujours par un raisonnement analogique.
« Raïisonner par analogie consiste à conclure de ressemblances communes à la présence d’un facteur unique comme déterminant, dans les phénomènes observés, les effets semblables. Ce facteur reste d’abord inconnu « L'analogie, dit Laplace, est fondée sur la probabilité » que les choses semblables ont des causes du même genre » et produisent les mêmes effets. Plus la similitude est » parfaite, plus la probabilité augmente. Ainsi, nous » jJugeons, sans aucun doute, que des êtres pourvus des » mêmes organes exécutent les mêmes choses, éprouvent » les mêmes sensations et sont mus par les mêmes » désirs. » (20),
» C’est le principal instrument logique de l’enfant et de l’homme primitif : base de l’extension du langage, des classifications vulgaires et pratiques, des mythes, des premières connaissances quasi scientifiques.
» C’est une induction qui commence, et elle en diffère non par sa forme, mais par sa matière, qui est mal établie : « Deux choses se ressemblent par un ou plusieurs » caractères; une proposition donnée est vraie de l’une, » donc elle est vraie de l’autre. À est analogue à B, m
(19) Voir Cournot, Essai sur le fondement de nos connaissances. (20) A. Rey, Logique, p. 83, 7° éd.
Le
» est vrai de À, donc m est vrai de B .» Telle est la formule de Stuart Mill. « L'animal ou l’enfant qui, maltraité » par une femme, étend sa haine à toutes celles qui lui » ressemblent raisonne par analogie. Il est clair que ce » procédé du connu à l'inconnu est à valeur variable, » depuis zéro jusqu’au cas où il se confond avec l’induc- » tion parfaite... Il suppose, au moins dans ses formes les » plus hautes chez l’animal, une construction de l’esprit : » le but est posé et les moyens sont imaginés pour l’at- » teindre. » Cet acte consiste en un enchaînement d'images génériques et en l'attente d’une conformité dans la suite de cet enchaînement, c’est-à-dire d’une succession toujours uniforme des mêmes événements, d’un rapport constant entre les mêmes formes, abstraction faite des particularités du moment...
» Or, si nous considérons maintenant une induction scientifique, nous allons voir que c’est la notion de cette succession constante et uniforme qui en est le véritable fondement.
» Pourquoi cette succession est-elle constante et uniforme ? Ce ne peut être que parce que l’élément antécédent est la raison d’être de l’élément suivant : il est la cause dont ce dernier est l’effet. » (21).
Ainsi, du point de vue qui nous occupe, l'argument d'analogie débute comme une induction scientifique. La formule de Stuart Mill lui convient parfaitement : le cas A est analogue au cas B, la loi m régit le cas À, donc la loi m régit le cas B.
Dans l'induction scientifique comme dans l’argument par analogie, l'esprit se trouve dans une même situation
(21) A. Rey, Psychologie, p. 183, 5° éd.
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d'attente : la ressemblance observée entre les faits lui
fait présager une cause commune. C’est seulement sur le contenu de cette dernière notion que les deux méthodes ne se trouvent pas d'accord; à partir de ce point crucial, elles s'engagent chacune dans une voie différente.
Reste à l’une et à l’autre à se justifier. L’induction scientifique, comme d’ailleurs tout procédé de raisonnement, tend vers la nécessité et l’universalité, elle tire son fondement de la croyance en la succession constante et uniforme des phénomènes, postulat théoriquement indémontrable, cela va de soi, mais qui, du point de vue pratique, se confond presque avec la certitude pour n'avoir jamais été mis en défaut par l'expérience.
L’induction exégétique peut-elle se justifier de même ? Y a-t-il entre une loi humaine et une matière donnée la même succession constante et uniforme, le même fondement ? Une réponse négative ne saurait être éludée. Pour avoir adopté la notion de cause productrice, les partisans de l’Ecole de l’Exégèse ont du même coup introduit, dans leur système, la liberté. Celle-ci, réelle ou apparente, ne peut manquer de jeter le trouble dans les rapports de succession. La volonté qui a prévu une solution donnée pour un cas déterminé, qui a ainsi créé une relation entre deux éléments, reste toujours libre de la maintenir ou de la modifier. Dès lors, si l’on veut s'appuyer sur cette base mouvante pour construire un raisonnement inductif, on ne peut qu’aboutir à un résultat également incertain. Le fondement doit donc être cherché ailleurs, dans une relation moins instable. Cette relation est fournie à la méthode traditionnelle par la cause finale que l’analyse préalable de l'élément légal connu permet de saisir. Et en définitive, l’argument d’analogie peut se formuler ainsi : pour le