‹ Essai sur le rôle respectif de la déduction et de l’induction dans les principaux systèmes d’interprétation du droit civil françaisChapitre 31 sur 35 · ASS ETES · texte numérisé non relu

ASS ETES

maine) 1), soit que l’on adopte une attitude plus positive en s'appuyant sur des faits d'observation (fait de conscience de M. Jèze 2) interdépendance des hommes de Duguit @3), règle morale de M. Ripert) (2), une constatation s'impose, néanmoins, dans tous les cas : la science, dans la conception des jurisconsultes modernes, ne veut et ne peut faire abstraction des facteurs subjectifs (25), Autrement comment justifierait-elle les normes juridiques qui, comme toute norme, n'existent qu’en raison de leur caractère obligatoire ? Cette première constatation va nous amener à cette autre que, malgré les divergences de vues sur le fondement du droit, l’accord se fait unanime quand on aborde le problème du but. Car le droit est essentiellement une science pratique, et toute science pratique est subordonnée à une fin qu’elle ne discute pas.

Cette fin suffit-elle pour rallier les suffrages sur le terrain pratique de l'interprétation juridique ? C'est ce que nous verrons dans le chapitre qui suit,

(21) Bonnecase, Supplément au Traité théorique et pratique de Droit civil, par Baudry-Lacantinerie, t. I, 1924.

(22) Jèze, Les principes généraux de Droit administratif, 2 Ed., p. 8.

(23) Duguit, Traité de Droit constitutionnel, 3e 6d., t. I, p. 66.

(24) Ripert, La règle morale dans les obligations civiles, 3e 6d., 1934. — Comp. Piot, Droit naturel et réalisme, thèse Paris, 1930.

(25) Tel n’est pas l’avis des sociologues de l’Ecole de Durkheim, qui se refusent à considérer le droit et la morale comme des sciences. En effet, toute science se propose de tirer des faits une loi nécessaire. Dès lors, ne semble-t-il pas contradictoire de transformer une loi prétendue inévitable en une règle que l’on conseille de suivre ? A la vérité, le droit, comme la morale, ne peuvent être qu’un art, une technique, qui utilisent les lois découvertes par les sciences qui traitent des faits touchant à la conduite des hommes. Voir Durkheim, Esquisse des fondements d’une morale positive, Bulletin de la Société française de philosophie, 1906, p. 116; Les règles de la méthode sociologique, Paris, Alcan, 3° éd., 1904; Lévy-Brulh, La morale et la science des mœurs, Paris, Alcan, 1903; Rauh, L'expérience morale, Paris, Alcan, 1908.

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