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pathie vraie ces effets d’imagination grâce auxquels nous tirons dçs objets les sentiments que nous leur prêtons, ou que par hasard ils suggèrent du consentement universel. La sympathie symbolique nous ferait donc « trembler avec les feuilles, mugir avec le vent, monter avec la fusée qui s’élance », ressentir le plaisir des sons et des couleurs comme l’expression « d’une harmonie préétablie entre le monde extérieur et notre système nerveux». Négligeant l’intervention de la faculté spéciale monopolisée par les Allemands, nous pouvons dire que le rôle attribué à la sympathie ne diffère pas sensiblement, qu’il s’agisse de l’Einfuhlung ou du néo-vitalisme français.
A la décharge de cette confusion volontairement introduite dans l’usage du mot sympathie et dont le résultat est d’entraîner le système tout entier vers un mysticisme plus ou moins discret, on invoque Y imitation el\a suggestion fortuite. Assurément, nous le savons, certaines formes ou certains mouvements provoquent chez le spectateur l’ébauche de mouvements correspondants ou semblables, d’où la naissance possible des sentiments que le mouvement exprime ; certaines expressions réveillent un état d’âme ou le produisent à la longue. En tout ceci, lorsqu’il s’agit d’objets, nulle trace de sympathie vraie. Est-il donc besoin, est-il logique pour expliquer le sentiment esthétique devant le chêne séculaire, l’étang bordé de saules, la vallée riante et féconde, la robuste élégance d’un château fort, la grâce féminine, etc..., etc..., d’inventer des mystérieux encerclements, des sympathies protéiformes, réductibles au produit imagination X sentiment1.