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IOO ESSAI SUR LE SENTIMENT ESTHETIQUE
Le jugement sur la parfaite adaptation, que l’on pourrait appeler la vérité de l’ensemble, représente devant la nature l’harmonie de l’imagination et de l’entendement, et devant l’art, l’assimilation sympathique de la pensée ; de la facture des sentiments de l’artiste. Dans les deux cas il est donc bien, selon la théorie intellectualiste, partie intégrante du sentiment esthétique supérieur et secondaire, et son plaisir est, au premier chef, esthétique.
Qualités particulières :
Considérons à présent l’agrément inhérent au moyen esthétique isolé, pris en lui-même, s’il existe ; et afin de réduire au minimum l’influence de l’élément personnel, prenons, ainsi que le fait Fechner dans « l’Esthétique d'en bas », des exemples simples : une ligne, un son, une couleur, des formes planes élémentaires. A moins que l’on ne soit d’avance acquis aux exagérations de la théorie hédoniste intégrale, le plaisir qui en résulte pour l’œil ou l’oreille ne saurait être qualifié d’esthétique à aucun degré.
La ligne. — La ligne de beauté sera courbe selon les uns1, selon les autres tantôt elliptique2, tantôt ondulée et serpentine 3, ou encore carrée4, horizontale, verticale, etc... Les causes de ces préférences, qu’elles soient physiologiques ou sentimentales, tiennent à l’habitude, à l’expression, à la sensation. Pourquoi la ligne courbe réunit-elle le plus grand nombre de suffrages P Chacun donne ses raisons. D’après Wundt et Spencer, les mouvements des yeux seraient alors moins