Cité par Lalo, op. cit
2. D’après Wundt, il faudrait admettre pour expliquer le plaisir esthétique de la section d’or que le rapport intelligible est perçu sensiblement.
3. Preyer par la méthode d’appellation, Binet par la méthode de reconnaissance et Baldwin par la méthode dynamogénique ont essayé de classer les goûts des enfants en ce qui concerne les couleurs. Selon le premier, ils préfèrent le jaune ; selon les deux autres, le bleu ! (V. Lalo, op. cit.').
répertoire des formes agréables qu’il n’en résulterait en aucune façon que le plaisir du goût satisfait, associé ou non à d’autres jouissances, soit un plaisir de nature esthétique; seuls les partisans de la théorie hédoniste intégrale l’interpréteront de cette façon. En résumé, les tentatives de Fechner échouèrent pour une double raison ; incertitude des résultats, et, chez les promoteurs, un mysticisme superstitieux qui ne pouvait que discréditer leur système.
De même que pour les idées dominantes, si l’on esthétise en ce qui concerne les moyens concrets le pur agrément des sens ou du goût, la confusion ainsi établie entre les sentiments de tous ordres devient inextricable. Pour définir le plaisir esthétique en soi, il n’est alors d’autre alternative que d’invoquer un ((bloc» qui contenant tout n’explique rien, ou bien une sorte d’intuition spéciale plus ou moins teintée de mystère. L’exemple du sentimentalisme allemand et, je dirai même, du néovitalisme français nous en donne la preuve.
B. — Les moyens de relation.
Ce qui est vrai des moyens concrets l’est aussi des moyens de relation. Qu’il s’agisse de symétrie, d’équilibre, de répétition, de repos, de contraste, du rythme, de la cadence, delà rime, etc., etc., toute identification de leur agrément propre avec le sentiment esthétique aboutit à des confusions dont on retrouve la trace en des expressions courantes telles que celles-ci: harmonie universelle, eurythmie, symphonie naturelle, etc., etc. ; langage imagé qui loin d’apporter une solution complique à souhait le problème.
La symétrie dans la nature et l’art traduit le besoin
LES MOYENS ESTHÉTIQUES IOg
d’équilibre et le besoin de repos ; elle est directrice d’évolution ; rompue elle essaye de se rétablir1. L’équilibre ne diffère de la symétrie que par la diversité plus grande des oppositions ; la première pose de chaque côté des parties qui se ressemblent et s’équivalent ; le second est moins exigeant. Nous apercevons la symétrie dans les animaux et les plantes, dans l’homme, dans ses productions, en nous-même ; elle nous plaît autant par habitude que par besoin physiologique. Elle encadre et facilite l’attention, signale le passage de l’homme et exprime le fini, la stabilité, la durée2; par cela même son abus, qui abolit le mouvement, ennuie. Le grand sublime de la nature représente la force active, aveugle, irrésistible, désordonnnée ; le paysage gracieux est au contraire symétrique ou du moins équilibré3.
La répétition est une sorte de symétrie qui s’établit en profondeur comme en largeur. Elle aussi guide et repose le regard au milieu de la variété des détails, met en évidence L’unité d’intention, souligne un geste, une figure, un épisode et, grâce à la prévision, par un effet analogue à celui que produisent en musique certains artifices bien connus4, elle dirige et soulage l’attention.
1 . Si l’on enlève dans le corps de certains animaux une partie symétrique, l’autre partie, du côté opposé, tend à s’atrophier, afin de se modeler sur ce qui reste de la première. « Ainsi chez un crabe, coupez le doigt d’une pince, il repousse plus petit, et sans dent ; dès que l’animal mue, le doigt correspondant de la pince opposée perd sa différenciation et de dentelé devient lisse. »
2. La symétrie, dit Dussauze, nous plairait encore parce qu’elle « donne au regard une direction parallèle, diminue l’effort d’investigation et en même temps les préoccupations analytiques » (Dussauze, Les réglés esthétiques et les lois du sentiment ).
3. Au tableau d’un paysage grandiose ne correspond pas toujours l’impression du sublime 5 et là aussi, par conséquent, un certain équilibre est nécessaire.
4. Par exemple l’attraction, le ton fondamental, le leit-motiv, le retour du thème, etc., etc.
Elle annonce en littérature la solution où éclatent les caractères, indique leurs tendances et nous aide à suivre leur développement.
Le repos s’adresse à l’attention, et, généralement, au tonus émotif qu'il soulage, à l’effort qu’il soutient et concrétise, favorisant ainsi efficacement l’aperception esthétique générale. L’arabesque agirait par le repos. Sans doute, dit M. Seailles1, on y découvre quelquefois des images répondant à des sensations réelles, mais en général, la signification esthétique est nulle (sauf, rarement, grâce au sentiment esthétique secondaire). Devant un fronton plat et dégarni le regard va aux contours et continue à chercher ; quelques décors ou motifs le retiennent ; l’attention s’arrête, l'esprit se détend.
Cause de plaisir pour les yeux et les oreilles, stimulant de la curiosité, évocateur d’idées, renforçateur d’expression, le contraste occupe parmi les moyens de relation un rang privilégié ; le plaisir, le soulagement qui en résultent pour l’œil ou l’ouïe, ne sont à aucun degré de nature esthétique ; seule l’interprétation lui donnerait ce caractère. Etendant ces conclusions nous pouvons dire que des moyens de relations ci-dessus énumérés, l'effet ne saurait être que physiologique ou bien le résultat de l’interprétation2. Dans le premier cas l’agrément ressenti, bien qu’utile au sentiment esthétique, ne s’identifie pas avec lui; il est d’autre nature; dans le second cas l’exercice intellectuel correspondant, pour peu qu’il soit conscient, trouve évidem-