‹ Essai sur le sentiment esthétiqueChapitre 31 sur 75 · LES MOYENS ESTHÉTIQUES III · texte numérisé non relu

LES MOYENS ESTHÉTIQUES III

ment sa place dans l’aperception esthétique générale.

Le rythme correspond dans la nature à l’arrêt d’un mouvement par une résistance, il est intimement lié aux possibilités physiques sur notre globe et en révèle les limites. (( Concentration, expansion, dit Evellin, voilà l’opposition éclatante, indiscutable qui plane audessus de toute la nature. » Elles existent et se succèdent « dans les sommets de l’être » aussi bien que « dans les plus obscures et les plus imperceptibles pulsations de la vie individuelle1 ». C’est dire que le rythme s’impose à tout mouvement et soumet à ses lois la force brutale des éléments aussi bien que l’activité des corps organisés. Le jour succède à la nuit, l’été à l'hiver; après la tempête le calme, après l’efTort le repos2 ! Dans l’ordre spirituel la pensée et la volonté tour à tour cèdent au besoin d’expansion avant de se concentrer sur elles-mêmes ; le travail d’esprit n’est possible que s’il est soulagé par la distraction. Le mouvement radicalement arythmé, indéfiniment continué, suppose une puissance sans bornes ou l’impossibilité d’une résistance ; ici nous sortons des contingences et nous touchons au suprême ! Aussi bien en ce domaine où règne l’infini, le rythme nest-il pas à sa place? Telle est cependant la suggestion de son rôle sur notre humble planète que le Brahmanisme, cette émanation de la sagesse antique, étendant à l’illimité les conditions du limité,

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