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3. « Séducteur ne se dit que des personnes ou de leurs actions ; il suppose toujours l’intention de séduire par adresse, par artifice. Séduisant se dit de tout ce qui séduit par sa nature même, sans effort, sans art... Des attraits séducteurs sont ceux qu’une femme se donne par la toilette ou par la coquetterie... » (Dictionnaire de Larousse). — Ce n’est donc pas une subtilité de séparer la grâce séductrice, active et dynamique de la grâce séduisante, expectante et subie. Non que cette dernière ne puisse être l’objet d’une exhibition intentionnelle mais elle n’en gardera pas moins, en apparence, son caractère de passivité. A d’autres points de vue les différences entre les deux genres de grâce sont considérables.
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le mouvement ondoyant et doux, que la science des poses, que l’air bon accueil, que la minauderie provoquante et l’élégance lascive, que la toilette et la parure, que l’expression des yeux et du visage, qu’un nombre infini d’attraits impossibles à cataloguer ; elle utilise à son profit les charmes de l’esprit et du corps. Particulièrement féminine, son action s’exerce, consciemment ou non, de complicité avec l’attrait sexuel ; langage de convention sans doute mais qui doit être volontairement prononcé ou du moins bégayé.
L’intention est donc facteur nécessaire et facteur prédominant ; et c’est alors que se justifie la définition de Shiller « la grâce est une beauté qui n’est pas donnée par la nature mais produite par le sujet même ».
Le sourire des acrobates, qui dissimule simplement l’effort, n’est donc pas de la grâce séductrice, et, d’autre part, les mouvements et attitudes qui veulent plaire ne sont pas, pour cela, toujours gracieux. Le provoquant lascif ne mérite pas ce nom ; le geste de l’homme ne le mérite que rarement.
En tant que valeur esthétique, la grâce séductrice marche de pair avec la grâce ordinaire et pour les mêmes raisons à cette différence près que son expression, plus intéressante, s’impose davantage, grâce à l’instinct sexuel, comme objet d’aperception esthétique. Il peut arriver que l’intention de plaire bien que réelle ne puisse être soupçonnée, ou que réciproquement elle apparaisse aux yeux sans exister dans la réalité. En nous plaçant au point de vue subjectif, le seul à condérer, la réponse est que la grâce n’est pas séductrice dans le premier cas mais qu’elle l’est dans le second.
Donc le propre de la grâce séductrice vraie est d’être
LA GRACE
agissante, dynamique, enveloppante ; d’exprimer l’intention, le besoin d’attirer, de subjuguer, de conquérir. Elle confine d’un côté à l’indifférence sexuelle, de l’autre au lascif, par des frontières qu’il n’est pas toujours facile de déterminer ; elle côtoie aussi de près la grâce séduisante que nous analyserons dans le chapitre suivant.