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Du sommeil morbide

Dans la partie physiologique de ce travail nous avons vu que le temps nécessaire à la réparation des forces est ordinairement de six à huit heures, mais que l'habitude exerce une grande influence sur

cet acte de la vie: nous.avons rapporté des exemples d’un sommeil long-temps prolongé, et d'autres, au contraire, où il manquait pendant un temps plus ou moins long. Ce ne sont pas, en vérité, ces cas qui constituent le sommeil morbide; on doit entendre par ces mots les modifications que les maladies font éprouver au sommeil physiologique, tant sous le rapport de sa durée, que sous. celui des phénomènes concomitans. «

Sous le rapport de la durée, le sommeil peut être prolongé ou diminué. Dans le premier cas, ou bien le malade a une tendance continuelle au sommeil, mais si on lui parle, il peut se tenir éveillé et répondre avec justesse, il y a somnolence; ou bien le sommieil est plus profond; on peut, à la vérité, en tirer le malade quand on l'excite, mais il retombe dans son assoupissement aussitôt que l’excitation a cessé, c’est le coma; ou, enfin, le malade est entièrement insensible à toute espèce de stimulus, c’est ce qu’on a nommé carus. Le coma à été distingué, suivant son degré de profondeur, en coma vigil et coma somnolentum : dans le premier, le malade chuchotte, parle, il a des rêvasseries, il ouvre les yeux au moindre bruit, ou bien: il s’agite. et délire; dans le second cas, il est tranquille, sa respiration est bruyante, on croirait qu'il dort profondément.

Je ne parle pas de léthargie, mot pris souvent dans des acceptions diverses, mais qui doit s'entendre plus particulièrement de cet état de mort apparente dans. lequel on peut rester pendant plusieurs jours sans que les fonctions de la vie organique cessent de s’exercer:

Toutes les maladies dans lesquelles il y a compression du cerveau, soit-par un épanchement de sang, de sérosité ou de pus dans les ventricules, ou entre les lames de l’arachnoïde, l'afflux d’une trop: grande quantité de sang vers cet or gane (congestion), soit par üune stase de ce liquide dans les veines, soit enfin par des causes mécaniques, telles qu’une fracture avec enfoncement des os du crâne, la présence de corps étrangers qui ont pénétré dans le cerveau et reposent sur quelque partie de ce viscère, ou des tumeurs osseuses,

fibreuses, cancéreuses , qui én compriment certaines parties; toutes ces Hétrdies ont pour symptôme constant un état comateux avec ow sans délire. C'est ce qu'on observe, en effet, dans l'hémorrhagie cérébrale, l'hydrocéphale aiguë et chronique, la méningite, l’encéphalite, plusieurs fièvres continues, inflammatoires, certaines formes de: typhus, la période de réaction de choléra er etc:

Le-coma peut encore avoir lieu sans cause mécanique, c’est-à-dire: sans qu'il y ait compression sur le cerveau. En effet, nous connaissons plusieurs maladies qui ont offert un état comateux dt sans qu’on: ait pu, après la mort, trouver aucune altération appréciable, soit dans les enveloppes i cerveau, soit dans la texture de cet organe.

On pourrait très-bien, ce me semble, se rendre compte de ce phénomène, ‘en admettant un Ab dnert extrême, un épuisement. du système nerveux, et spécialement de l'organe principal de ce sys-. tème. Qui ne sait que l'abus des émissions sanguines, dans les affections cérébrales, loin de calmer le délire, ne fait que l’exaspérer ?: qui ne sait qu'une diète trop sévère, une abstinence absolue trop long-temps continuée, provoquent même le délire ? Il suffit de se: rappeler ce que la physiologie nous enseigne des individus morts de: faim, pour se convaincre que le délire peut être produit par unépuisement du système nerveux. ns.

Pour appuyer mon. opinion d'exemples Écie : à saisir, je citerai. particulièrement. certaines fièvres, appelées à à bon droit nerveuses, dans lesquelles le cerveau a été trouvé parfaitement sain; on sait d’ailleurs que plusieurs maladies peuvent revêtir un caractère typhoïde, sans qu'on rencontre, après la mort, aucune altération dans cet organe : telles sont la pneumonie et la pleurésie adynamiques; le typhus qui se développe à la suite des plaies graves, etc.

‘Enfin, à un ébranlement violent du,système nerveux en. général, ou du cerveau en particulier, peut succéder une sorte d'inertie de: cet organe; inertie qui se caractérise par le coma ou même le, carus, comme cela arrive dans les commotions cérébrales.

. L'état comateux qui suit souvent les accès d'hystérie ou d'épilepsie, provient sans doute de l’affaissement où se trouve plongé le système nerveux après les fortes secousses qu’il a éprouvées.

Le sommeil est diminué dans le début de presque toutes les maladies aiguës, et dans beaucoup de maladies chroniques. Quelquelois il n'existe pas du tout; d’autres fois ilest entrecoupé, agité par des rêves, et n’est nullement réparateur. Certaines circonstances sde aussi abréger le sommeil sans qu’il y ait maladie : ainsi les mauvaises digestions, un exercice trop prolongé des facultés intellectuelles, une grande fatigue corporelle, des passions profondes, provoquent l'insomnie ou rendent le sommeil agité. Il peut alors arriver ce qu on appelle réveil en sursaut. |

Mais c'est surtout chez les individus affectés de arellés maladies que ce phénomène a lieu : on sait qu'il est un symptôme de l'hydrothorax, de l’hydropéricardite ou d'altérations mp és du cœur. ñ.

Je ne dois pas oublier de mentionner ici cet état pénible sppelé cauchemar ou incube, dans lequel le malade, en proie à des rêves effrayans, croit sentir un poids affreux qui opprime sa poitrine; au réveil son corps est couvert d’une sueur abondante qui témoigne des angoisses qu’il a éprouvées. Le cauchemar peut être produit par l'accumulation de gaz dans l'estomac, par des digestions pénibles, ou même par le décubitus sur le dos.

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