‹ Essai sur le style et la langue: de Noël du FailChapitre 24 sur 59 · ALLURE DE LA CONVERSATION · texte numérisé non relu

ALLURE DE LA CONVERSATION

de l’œuvre d'Albert Dürer 6. Nous le reproduisons ici d'après le texte authentique de 1549 6 :

«... et te suffise que Durerius cest excellent painctre ayant en ces ieunes ans faict des cannes pelieres, et metloit aussi tost vne gibbessiere au bon homme Bias, comme vne pannerée de febues à Pythagoras, ce luy estoit tout vn. il luy sembloit bien vne besoigne estre bien tracée et tous ses lineaments et traiciz compassez, s’elle estoit bien peincte de diuerses couleurs, toutesfois ayant regardé de plus sain et net iugement en fin ne feist rien que le naturel qui l’a rendu l'excellence de l’Europe ».

Cette phrase est tortueuse et de syntaxe peu claire. Mais au moins la ponctuation de 1549 nous montre bien qu'il s'agit ici d’une phrase unique, tandis que l'édition interpolée de 1548 la découpe en deux tronçons par un point devant « Il luy sembloit » et par deux points devant « toutesfois ayant® », ce qui la rend absolument impossible à analyser. Elle devient grammaticalement intelligible si nous considérons comme une parenthèse toute la portion comprise entre « et mettoit » et «toutesfois ». Les deux participes présents ayant se donnent la main par-dessus la série des imparfaits.

68. Pour le fond du jugement sur Dürer, voir Vie et Œuvre, p. 289. 69. F0 48 vo. — Pour le texte de 1548, voir Assézat, I, 198. 70. Assézat renchérit en mettant un point au lieu de deux devant « Toutefois. »

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