Rabelais, II
du Fail renchérit, en réduisant ces trois jours à deux heures. Citons encore : « faire le glorieux, tout au long de l’aune, pouce et tout » (II, 55); — « Plutarque... dit qu’un jour, voire deux. » (I, 311); — « tous gueux... cognoistront une puce d'avec un poux, fust il ferré à glace » {I, 100); — « après avoir. « embasmé et charmé les puces » (voir : Lexique, s. v. Puces). Un brigand choit en arrière dans un trou que du Fail appelle « un receveur sans compte » (I, 62); comprenez : « un réceptacle sur lequel notre homme ne comptait pas 6 ».
Venons-en aux éléments proprement « savants » du style de Noël du Fail. Ils abondent:; mais il faut ajouter que souvent ils servent à la plaisanterie et se combinent avec les éléments populaires pour produire des effets de discordance comique. Le début des Baliverneries fournirait un bon exemple de ce genre d'humour qui, cn le sait, n’était nullement inconnu de Rabelais : après nous avoir rapporté, avec tous les détails techniques, comment Eutrapel partant un matin pour une vulgaire promenade, à « prins ses Ephemerides », « faict ses elections », considéré que « Mercure venoit en trin aspect avec la Lune? », etc... l'auteur lui fait rencontrer un villageois préoccupé, se parlant à lui-même, et qui « silogisant à par luy, faisoit terribles et enormes figures ». Avant de l’aborder, Eutrapel feint de croire que ce vilain « pouvoit estre quelque Philosophe qui deschiffroit par nombres l'harmonie des corps superieurs », etc... Le même procédé se retrouve avec plus d’ampleur et plus de comique burlesque dans le chapitre d'Eutrapel et un vielleur (XVII. Un gentilhomme casanier est qualifié « docte anni-
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6. Il y à là un jeu de mots sur les sens de receveur et de compte. GODEFROY (Complt) a un exemple de receveur = réceptacle.
7. 11 y à là toute une série de termes techniques qui demanderaient à être commentés par des traités astrologiques de l’époque. Par exemple sur la façon de « prendre des Ephemerides » et de « faire ses elections », on pourra consulter l'Introduction au jugement &es astres par Claude DARIOT (Lyon, 1558). Ni LITTRÉ ni GODEFROY ne signalent d'exemple de trin(e) aspect, terme d'’astrologie, avant Thomas Corneille. Cf. Prédictions de Bruscambille pour l'année 1619 (Gautier-Garguille, éd. elzév., p. 136): « Venus, entrant dans la maison de Mars avec le trine aspect de Vulcain. »