AVERTISSEMENT
Nous avons fait entrer dans notre Lexique un certain nombre de mots ou d'expressions de Jean Maugin, l'interpolateur angevin de Noël du Fail. En ce cas les renvois sont enire crochets [ ].
À, prépos., marque le but et la cause dans la loc. à ce que (= pour que), fréquente chez du Fail (I, 232, 235 ; II, 153, 244, etc.) ; dans à quoi (= pourquoi), locution également fréquente (I, 177, 178; II, 144, etc.)1. — Marque la manière dans : « à deux mots » (= en deux mots ; II, 98), « tourner à toutes mains » (II, 100), « disputer à tous bras » (IT, 100). — Marque la possession dans : « les huys aux chirurgiens » (IT, 228 ; mais aussitôt après, du Fail, qui recherche la variation, écrit : « les portes des chasseurs »).
1. Aboyer, verbe act. — IT, 88. Le pape Adrien, « ja commencé estre aboyé » (= poursuivi par les « aboiements » des envieux et des calomniateurs); 11, 315, un chien « abboya le cep de vigne » (par rancune et non par envie).
2. Aboyer, verbe act. — convoiter. — II, 97, abboyans quelque lippee franche ; IT, 201, abboyans ce gros monceau d’or. Anc. fr. abeer, puis abaier, aboyer. Le Dict. Gén. range sous aboyer 1 cet exemple de Racan : « Il voit l'envie aboyer sa fortune ». Selon nous, il s'agit plutôt ici d'aboyer 2. Mais la distinction est parfois très délicate, le chien qui aboie ayant été pris pour symbole de l'envie, de la basse jalousie.
Academié. — II, 222. Mot d'explication difficile, que M. Courbet traduit par « assoté », mais que le contexte invite à gloser par les mots « perplex » et « confus » dont notre auteur l'accompagne. M. Sainéan, qui adopte sans examen la traduction de
1. À Quoi est encore très usité dans le patois d’Ille-et-Vilaine., Exemple : DOTTIN (Pléchâtel) : akafer = à quoi faire, pourquoi. DUINE, Annales de Bret., XIII, 513 (Dol) : a Ka = pourquoi, etc.
M. Courbet, établit un rapprochement fort obscur entre le mot académié signifiant « assoté » et une expression de patois champenois « faire des cadémies », dans le sens de « faire des embarras » (Revue de Philol. fr., 1908, p. 55). S'il m'était permis de formuler une hypothèse sur un vocable jusqu'à présent isolé dans la lexicographie, je rappellerais que du Fail était très joueur et je verrais dans académié un mot emprunté à l'argot du jeu : « confus, déconfit comme quelqu'un qui vient de se faire décaver dans une académie de joueurs ».
Achommer (s’). — II, 298, s'attarder à ne rien faire (Cf. choumant =
paresseux, dans la Vie de S. Grégoire, de frère Angier). Le sens n'est pas douteux ; mais on ne connaît pas d'autre exemple de ce composé que celui de du Faïil, et il parait avoir entièrement disparu du pays haut-breton.
A Dieu seas. — Baliverneries, éd. 1549, f° 21 r° : « et à Dieu seas,
mon petit Coqu mon amy ». Formule yrovençale que l'interpolateur de 1548 a francisée en « à Dieu sois » (1, 165), et que Rabelais avait déjà employée dans le Gargantua (I, 33).
Admirative. — Exclamation d'admiration, parole admirative, II,
109 [Propos Rust., XIV ; I, 129]. Cet emploi substantival de l'adjectif admiratif au féminin n'a pas été noté; il se retrouve pourtant, comme on le voit, chez du Fail et chez Jean Maugin. D'une façon générale, ces substantivations de féminins en -iva étaient plus fréquentes autrefois qu'aujourd'hui. On trouve chez du Fail : négatives, I, 300 (= dénégations), affirmatives, II, 213 (= affirmations), et en moyen fr. relentive (= mémoire ; cf. cidessous retentoufle), traditive (= tradition ; cf. Godefroy). Les masculins, moins abondants peut-être, sont également représentés : défensif (II, 65), terme de médecine désignant un bandage ; un retraintlif était un astringent ; signalons encore responsif, terme de droit (= réponse écrite ; Anc. th. fr., IV, 377). Tous ces adjectifs substantivés sont d'origine savante.
Adverbia localia. — Terme de grammaire bizarrement employé par
Anselme (lisez du Fail) dans le récit du chapitre X des Propos Rust., p. 82: « crians à l'aydé, adverbia docalia, et pour mieux courir laisserent.….. » Il faut comprendre que les Vindellois crient : « Ici, là, de ce côté, etc... » (et autres adverbes de lieu).
Agensdarmer. — Propos Rust., p. 8, transformer en soldats, mili-
tariser, Ce parasynthélique verbal pourrait bien être une création de du Fail. Godefroy ne connait que le réfléchi s'agendarmer (avec exemple de Brantôme).
Agoubille(s). — Menus outils, menus objets. Propos Rust., P. 40.
Sur la présence de ce mot agoubilles dans les Propos Rusl., voir Vie el Œuvre, p. 104, n. 1.
Aguisoire, adjectif. — I, 244, une pierre aguisoire. Rien de plus usuel, dans la langue populaire, que ces adjectifs en -oir, facilement substantivés. Le lexique de la Ilaute-Bretagne en est plein (cf. par exemple une canne gilloire, une canne peloire; etc.). Godefroy (Complt) ne connaît que le subst. masc. aiguisoir.
Algarade. — Bruit, tumulte nocturne, sérénade [Propos Rust., XIV; 1, 174] : « pour la resjouir d'une algarade d’espinette desemplumee ». Ex, Anc. th. fr, IV, 210 :
Avec ces payeurs en gambades Qui le plus souvent d'algarades Vous salueront toutes les nuicts.
Allant (grand). — Expression que du Fail emploie à deux reprises à propos de Robin Chevet (Propos Rust., 34) et à propos de Perrot (id., 89), et dont le sens est difficile à préciser. Godefroy 4, 210 b) définit : « rusé, trompeur », et: « coureur, vagabond, mauvais plaisant ». Chez du Kail je traduirais par : « entreprenant, répandu et connaissant son entregent ».
Ambles (perdre les). — II, 58, 223. Perdre ses pas et sa peine. Du Faïil dit dans le même sens : perdre ses sauts (I, 59).
Ame. —- Cœur et viscères d'un animal comestible. Propos Rust., p. 120 (Assézat, I, 17) : « son ovsan, son jambon... et l'ame de son pourceau » (Addition de l'interpolateur, adoptée par du Fail dans son éd. de 1549). Cf. Moyen de parvenir, ch. LXXVIIT : « Ce jars, presenté sur la table d'un seigneur, lequel en chercha l'ame, et ne la trouvant, appela le cuisinier : « Où est l'ame de ceste oye? » Nous disons aujourd'hui : l'âme d'un canon, d'un câble, etc.
Amoureux,'— S'appliquant à l'amour de soi-même, Il, 218. Tels jugemens... naissans d’un certain amoureux sentiment ou privativement à tous autres nous nous estimons parfaits ».
Ange de grève. — Propos Rust., p. 56. Périphrase comique crocheteur, porteur de hotte, à qui ses crochets tiennent lieu d'ailes. Cf. des Périers, nouv. LXVIII. Anc. th. fr., IV, 59 :
Laquais, trouve des crocheteurs.
— J'y vais, Monsieur, et. quant à eux, Ils voleront bien tost ici.
N'ont ils pas des ailes aussi ?
Andar. — Dans la loc. andar vie, employée par Jean Maugin. [Balivern., I], I, 1795. Le texte de du ail (1549 fo 29 ve) porte seulement : « et vie » (Voir : Vie).
Angiers pour. à Angers. — Propos Rust., VIII (éd. de 1547 ; Cf. éd. de la Borderie, p. 109). Voir Vie et Œuvre, p. 237. Sur celle crase au haplologie, cf. Kr. Nyrop, Gramm. Hist.3, 1, $ 287.
Annicheur de poules. — Casanier, occupé de soins ménagers. Littéralement : qui s’occupe de mettre les poules au nid, IL, 70; II, 270, « docte annicheur de poules ». Lecomte : Anijoux de poules, nom que l'on donne à un individu sot et incapable. Orain : aniger, installer chaudement un petit enfant dans son lit, comme un petit oiseau en son nid (Redon). Les poules interviennent dans un grand nombre d'expressions comiques qui expriment soit la mesquinerie, soit la sottise, — deux idées facilement conjointes. Cf. metteur de poules couver (Restif de la Bretonne, Monsieur Nicolas, I, p. 161). « Va mener les gelines pondre » (Martin le Franc, Champion des Dames, dans Romania, XVI, 419). Morlini, nouv. XLIX. Tâte-poules (Fournier, Variélés, IX, 235). Tâle-mes-glènes (Picardie). Anc. Th. fr., II, 85. Mener les poules pisser (Le Roux, Dict. Com., s. v° pisser ; Restif de la Bretonne, Monsieur Nicolas, éd. Liseux, IT, 1883 ; Cholières, Malinées) ; cette intéressante occupation est confiée à Jocrisse ou à Jacques-dale (Coulabin, s. v° Jacques-dale). |
Anses. — II, 282, « venant des anses bon compagnon. » Comme je l'ai montré ailleurs (Vie et Œuvre, p. 7), ce mot, que toutes les éditions anciennes se sont obstinées à écrire avec une initiale
minuscule, n’est cependant pas un nom commun, Mais un nom géographique, dont la place n’est pas dans un lexique de du Fail.
Apparat. — Ce mot savant apparait dans les Propos Rust., (p. 20. magnifique apparat de mangeries, p. 80) et dans Eutrapel (IT, 44). Comme l’a indiqué Delboulle (Rev. d'Hist. litt., 1895), le mot se trouve déjà au moyen âge dans la Clef d'Amours, éd. Doutrepont, v. 8829 et 2241); mais on n'en a plus d'exemple par la suite jusqu'au Gargantua (ch. 12). où vraisemblablement du Fail est allé le chercher.
Apte nate. — II, 45. Prédisposé par tempérament (c'est un médecin qui parle). Latinisme emprunté à Rabelais (II, 6 : « mon genie n'est point apte nate », etc..., dit l'écolier limousin). Au reste, je note la forme française aple né dans les Escriz de divers poeles à la suite des œuvres de Louise Labé (éd. Lyon, 1824,
p. 129) : « Discerne les aptes nez Et à l'Amour fortunez ». Arrêter à = résister à, faire obstacle à... — I, 171, « protestant. qu'il ne lui arresteroil emplus... ». I, 178, « voyant que rien ne
luy arrestoil ».
Assigner. — Terme juridique. I, 214, « ta vie [t' 15867] est assignée sur ces beaux conseils » = tes moyens d'existence (comme une rente assignée sur un bien-fonds) sont fondés sur ces conseils que tu donnes, tu en vis. Cf. Montaiglon, III, 80 (Gr. Testam. de Tastevin) : « Leurs vies leur sont assignez
À suyvre banquetz el escotz ».
Astelles. — Morceaux de bois fendus. II, 241, « buscher des astelles ». Orain, Coulabin : Atelle, atlelle, hatelle. Cf. Pionnier de Seurdre (Anjou), v. 377 (la trad. de M. Picot « bâton de pique » n'est pas très satisfaisante ; mieux : « morceau de bûche »).
Atout. — Avec; archaïsme ou provincialisme : [Propos Rust., p. 175], II, 89, 96. Cf. ci-dessus, p. 25.
Attendant que — pendant que. — II, 31, « se cacher. attendant que Myrmece usoit….. »
Attintèr. — Balivern., I, 153, 182. Pas d'exemple dans Eulrapel. Ajuster, disposer. Mot très en vogue au XV° siècle et au début du XVI°, mais qui paraît décliner très vite. D'autre part, on ne le trouve pas avant le XV® siècle. C'est donc perdre son temps que de le rattacher, comme Scheler et Behrens (Zs. f. fr.-Spr., 1905, à XXVIII, p. 298), à un latin vulgaire attinctare. Godefroy, après avoir mis atlainlier en tête de son article, ne donne ensuite aucun exemple de cette forme ancienne avec palatale. Il s’agit sans doute d’un emprunt du moyen français au provençal (Cf. Dict. Gén., 1 tin). Série sémantique : disposer une futaille sur des tins, — d'où : attinter une flèche dans la coche, attinter des besicles sur un nez (du Fail, I, 153), — sens général de « disposer, arranger, mettre en ordre » (du Fail, I, 182).
Aubader. — II, 40. Voir badé.
Aurichal. — Propos Rust., p. 30, « avec la chorde de aurichal tendue... » (éd. 1549, La Borderie, p. 121 : de jil d'archail); Jean Maugin (La Borderie, p. 141), « la corde de Richard ». Voir notre discussion dans Vie et Œuvre, p. 224.
Avoirs. — Bestiaux. Propos Rust., p. 11-12, « bœufs, vaches, moutons, oysons, et autres avoirs »; p. 64, « aux Landes et Champaignes à garder leurs avoirs ». Infinitif subslantivé du verbe avoir. Le bétail était la richesse par excellence. Cf. le développement sémantique du mot pecunia, que du Fail rappelle précisément dans son EÉpistre au Lecteur, p. 11-12. En gallois, alafoedd veut dire richesses, mais le sens primitif est « bétail » (J. Loth, Mabinogion?, II, 202). Haut-breton actuel : ava, gros bétail (Lecomte). Coulabin : avas cu avais, bêtes à cornes, etc...
Badé. — L'existence même de ce mot chez du Fail est un problème. Au chapitre XIII (Ii, 40), on dit dans la plupart des éditions : « Voicy le levrault qui sort en campagne au badé, et suivy de mesme ». Tel est le texte, non seulement de l'édition originale de 1585, mais de 15861et2, 1597, 15982, 1603. Par contre 1587 porte aubadé en un seul mot, et dans 15981, p. 138, la ligne 10 finit par au- avec un trait d'union très lisible. la ligne 11
commençant par badé. On comprend dès lors que la leçon au badé ait été préférée par Hippeau (1, 172), par Defrémery (Rev. Crit., 1876, I, 261, n. 4) et par M. Courbet (Glossaire). Hippeau (…, 297) comprend que « le levraut sort en campagne au badé, c'est-à-dire au jappement des chiens », et M. Courbet traduit badé par « aboi ». Malheureusement ces traductions reposent sur la définition de Cotgrave, dont la valeur est nulle, Quand ce lexicographe nous dit que badé, « cri de chiens courants » est un « terme breton », cela signifie tout simplement qu'il l'a recueilli dans du Fail et interprété au petit bonheur. On n'a jamais rencontré jusqu'à présent de verbe bader signifiant « crier, aboyer ». Malgré l'autorité des éditions 15862 et 1597 (qui ne sont pas infaillibles), je préfère donc reconnaître ici avec Assézat le verbe aubader (dont Godefroy a un exemple ancien) : les chiens, découplés, donnent une « aubade » au lièvre et se mettent à sa poursuite : la symétrie de la phrase s’accommode mieux de deux participes passés. È
Baïlle luy belle, « rencontra (= dit en plaisantant) Lupolde ». Balivern., I, 195). — Si l'on se reporte à la plaisanterie d'Eutrapel qui précède (il a feint de donner un sens érotique au verbe « se contenir »), on voit que Lupolde joue sur l'expression courante « baïlle luy belle » en lui faisant signifier « donne-lui une belle femme ».
Baliverner. — I, 178, 185 (Balivern.\, Passe pour une création de du Fail (Dict. Gén.) ; en tous cas le verbe n'est pas attesté avant NP CANCER CA MINE T0)
Balivernerie. — Pourrait être une création de du Faïl. L'exemple cité par Godefroy (Noguier) est postérieur à 1548. Autres exemples dans Anc. Th. fr., V, 111 et 304
Baloy, pour balai. — I, 278, 306. Godefroy cite un exemple de cette forme dans Guill. de Diguleville. Cf. le verbe baloyer. — Pour une locution proverbiale avec balai, voir notre article pouvoir.
Baloyer. — I, 282. Dans les dialectes de l'Ouest, ai et oi alternaient souvent (Cf. poyer = payer ; Gürlich, Die Nordwestl. Dial., p. 23 et 41).
Baptistaire. — Fête, repas de baptême, II, 289. Godefroy et le Dict. gén. ne remontent pas plus haut que Cotgrave.
Barbouïiller. — S'agiter, se démener. I, 216, 244 (pour le sens, voir brouîller) ; II, 356, « tracassant et barbouüllant » (Cf. le couple formé par « brouiller, tracasser »).
Bâton pastoral. — II, 230. Mentula.: Cet euphémisme n'est pas de
l'invention de du Fail ; on le trouvait dans une pièce facétieuse des environs de 1530, consacrée au même sujet que le cha-
pitre XXVIIT d'Eutrapel, Les Sept Marchans de Naples (Montaiglon, IT, 102) ; mais ici la métaphore est conforme au caractère ecclésiastique du personnage qui parle, tandis que dans Eutrapel elle est assez maladroitement appliquée à un gentilhomme.
Baudrier. — « Pas plus en ancien français qu’en français moderne, » déclare M. Ant. Thomas, « baudrier ne signifie bourse 1 ». Peutêire l’'éminent philologue eût-il été moins aflirmatif s’il avait lu attentivement Noël du Fail; dans les exemples suivants, baudrier désigne la ceinture de cuir dans laquelle se trouve la bourse, et par extension, la bourse elle-même ; Propos Rust., 77 : « Messieurs, icy je ne vous sçaurois rien donner : car je n’ay pas mon Baudrier….. »; p. 48 : « Mais quand nostre amoureux produit un Baudrier bien clousté et en bon equippage » (= une bourse bien garnie).
Baudrouillé. — II 282. Voir notre essai d'explication à l'art. Baut.
Baut. — II, 228. « Je cuyday avoir le baut et estre du guet d'apres minuict ». Bien que les éditions de 15811 et de 1587 impriment haut, la leçon baut est certaine. Comme l'avait pressenti C. Hippeau, avoir le baut signifie « attraper la syphilis ». L’expression ne se retrouve pas ailleurs, mais le contexte ne laisse aucun doute. On ne connaissait jusqu'à présent que le féminin baude, mal vénérien (Cf. Sainéan, Gloss. d'Argot), adjectif substantivé (la joyeuse maladie, la maladie gaillarde); pour le masculin, nous sous-entendons « mal » au lieu de « maladie ». Le mal Saint (ou Sainte) Baude était une expression courante pour désigner la syphilis (Cf. par exemple les Adages de Solon de Vosges : « il a le mal saincte Baude »). — Je rattacherai au même terme argotique une expression bizarre qui se trouve au chapitre XXXII d'Eutrapel (IT, 282); il s'agit d'une « gueue » qui, ayant servi dans différents lieux d'honneur, « s’estoit rendue à Baudrouillé? »; le narrateur attrapa d'elle « un poulain sellé, bridé... » On chercherait en vain Baudrouillé dans la géographie du Poitou, province où se localise l'anecdote, et même dans: d'autres provinces. Le contexte est suflisamment éloquent, et « aller à Baudrouillé » apparaît comme une substitution comique pour : « gagner la baude, autrement dit le mal de Naples ».
Beatissime [Propos Rust., I, 54, La Borderie, p. 147]. — « Vous estes les plus heureux du monde et tres beatissimes », L'interpolateur s'amuse à imiter les superlalifs à l'italienne. Plus loin, il fabriquera scienlissime (1, 128).
1. Journal des Savants, 1909, p. 442: compte rendu de l’ouvrage de M. Sainéan, qui avait admis comme argotique « baudrier, bourse », dans l'Argot ancien (1907), puis a supprimé cette définition dans son Glossaire des Sources de l’argot anc. (1912).