tellement qu'il consuldra plus de dixsept mousches
leurs outils ». C’est un latinisme (Cf. ci-dessous Repeler). Le sens de « souhaiter, désirer, demander, chercher », qui n’a pas été indiqué par Godefroy, se trouve dans la farce de d'Arbaleste (Mabille, IT, 20, v. 255) : J
Je suis maintenant un sage homme ;
Contrepeler me fault il rien ?
Contronglé. — II, 126. Glosé par « dur » : « il n’y avoit si contronglé et dur cœur... » Ce mot a dû être inspiré à du Fail par le terme de chasse contre-ongle, que Hippeau cite à ce propos (Cf. Littré).
Corbeau. — I, 184, « faites grand'chere (corbeau) le roy le veult bien ». Juron euphémique, pour corps-Dieu. Cf. Vraybot (Rabelais, II, 3). Godefroy, s. v. Vraibot. Les Secrets et Loix de Mariage (Montaiglon, III, 181) : « Vrai bot, se dira la cousine ».
Cornillois. — II, 79. Langage des corneilles. C’est ainsi que des Périers avait fabriqué renardois (nouv. XXIX). ;
Cotignon. — Balivern., Courbet. I, 16 (1549). Terme que l'inter. polateur a supprimé, sans doute parce qu'il était inconnu en ‘Anjou (Cf. Vie et Œuvre, p. 249). Il désigne un vêtement d'homme, distinct du cotillon, vêtement de femme, que du Fail connaît aussi (Cf. ci-dessous colin). Coiignon n'est pas attesté ailleurs : c’est pour le moment un @reë 1.
Cotin. — « Par mon cotin, » formule de serment qu'on trouve dans les Propos Rustiques (89), et qu'on ne retrouve pas ailleurs. Si l'on se reporte à Godefroy, on y voit un mot cotin signifiant « cabane, maisonnette », et donné comme spécialement normand. Mais ce mot n’est relevé par aucun lexique haut-breton. D'autre part, je n'ai aucun autre exemple de serment fait au nom d’une habitation quelconque ; en revanche on jurait volontiers sur des pièces du costume : ainsi dans Eutrapel (IT, 242), une femme jure « par son cofillon verd ». Je suis amené à supposer que cotlin est un dérivé de colte dont les traces se sont perdues, ce qui est le cas pour cotignon (Voir ce mot).
Couaner. — I, 293 (les éd. de 15862, 1597, 1598, 1603 ont couaué?; couru est la leçon de 1585, 15861, 15981; cf. Vie et Œuvre, p. 378) : « Le cheval ayant. couané, gambadé et ruadé..… » Faire du crottin. Provincialisme. Cf. Dottin-Langouët (Pléchâtel), kwéne. Coulabin, Lecomte, Verrier-Onillon : couanne, couane, couanée (crottin). Cf. L. Sainéan, Revue de Philol. fr., XX (1908), p. 118,
1. On peut songer à une simple variante de prononciation (cf. quatrinionem > quarignon > carillon), Mais il y a aussi spécialisation d'emploi, et le « cotignon » masculin (vêtement de buste, d’après le contexte) n'avait rien à faire avec le « cotillon » féminin, seul connu aujourd’hui.
2. Marie Guichard, qui reproduit couavé (p. 177), comprend: « remué la queue. »
Etymol. lyonnaises : couame (coueme). C'est le même mot que couenne de lard.
Coupation. — Propos Rust., p. 87 : « coupement, ou coupation d’aiguillette ». Dérivé forgé à plaisir, peut-être pour caricaturer les créations de mots populaires. On trouve bon nombre de ces dérivés en -ation dans la littérature comique. Ex. : ficassion (= figue) dans la farce de Guillerme (Anc. Th. fr., I, 335); homicidation, dans la farce de l'Adventureux et Guermouset (rec. Mabille, v. 137); babilation (babillage), dans la farce de la Mere, l'Official, etc. (Mabille, IT, v. 88); appointation 1 (Rabelais, II, 41; farce de l'Adventureux...) ; arquemination (arquemie, alchimie), dans une farce publiée par M. E. Picot, Bull. du Biblioph., 15 sept. 1913. N'oublions pas non plus l’imposante equipollation de Pihourt au chapitre XXXIII d'Eutrapel (IT, 298). Dans le Menelogue poitevin de Robin, on note : intrication, difficultation, distingation, disputation ; et ailleurs dans la Gente Poitevin'rie (éd. Favre) : respondation, etc.
Coutel. — I, 282 — couteau (c'est un paysan qui parle). Ces formes étymologiquement régulières persistèrent longtemps dans le parler populaire et provincial; et c'est bien à tort que Ch. Magnin, trouvant dans la farce de Jolyet lhésitation suivante :
« Ne suis-je mie aussi gras Qu'un veel; doy-je dire un veau », :
concluait de là que la dite farce ne devait pas être postérieure à la fin du XIVe siècle.
Credit (de). — A la mode [Propos Rust., XIV ; I, 128] : la coiffure de credit ». Cf. Le Satyrique de la Court (1613; Fournier, Variétés, IIT, 230) : « Les cottes de taftas ont beaucoup de credit ».
Crueliser. — I, 235, « asservir, crueliser, et esclaver ses sujets ». Crueliser n’est pas une création de du Fail, non plus qu'esclaver. Godefroy (Complt) cite un exemple antérieur, tiré de Vignier, Bibl. hist., II, 241.
Cube. — Balivern., V, « par addition, substraction et racine cubé » (Sic, éd. 1549, f° 46 v° : le texte interpolé de 1548 remplace « racine cubé » par « deduction », I, 196). Faute évidente : il faut lire cube, adjectif, dont Godefroy donne deux exemples (Compl'), et qui équivaut ici à cubique.
Gul. — II, 147 : « nonobstant les grosses questions quodlibetaires qui eussent ja fait monstrer le cul à deux ou trois bouteilles. » Il y à ici deux images superposées : d'une part nous nous représentons les bouteilles le « cul » en l'air parce qu'on les vide ; mais il y a aussi un souvenir des chàätiments infligés aux