‹ Essai sur le style et la langue: de Noël du FailChapitre 51 sur 59 · Rev. Crit,, 1876, I · texte numérisé non relu

Rev. Crit,, 1876, I

2. Je ne me dissimule pas au reste que l'origine de cette locution n'est pas absolument éclaïircie et que la petite discussion de LITTRÉ (s. v. Guerre) ne saurait tenir lieu d'une monographie scientifique. Certains auteurs écrivent encore de guerre las (exemple Abel HERMANT, La Biche relancée, Calmann-

Entour-lié., — Balivern., I, 181, « andouilles.. joliment entour-lyees à son vouge ». Ce composé ne se trouve ni dans Godefroy ni dans les lexiques des parlers du pays rennais. Il se pourrait que du Fail l'eût créé. Cependant le parler « gallo » morbihannais connaît encore le composé {ourlier signifiant : attacher en tordant, enrouler autour, ce qui est le sens d'entour-lier chez du Fail. On « tourlie » une jeune branche pour en faire un lien, une hart, et le chèvrefeuille s'appelle fourlis en gallo (Cf. Revue de Bretagne, 1912 : À travers le parler gallo-morbihannais, par André Viaud-Grand-Marais).

Entre-abhoier (s’). — II, 111. « Ils ne se fussent ainsi injuriez, entre abboïé.…. »

Entre-apprendre (s’). — II, 173. S'enseigner mutuellement.

Entrecoupeure. — II, 111. Interruption, incidence, parenthèse.

Entrecrocher (s)— I, 173. Se crocher l'un l’autre.

Entrecullebuter (s’). — I, 174. Se culbuter l’un l’autre.

Entrefessier. — II, 275, la platte forme de leur derrière et entrefessier. Mot inconnu par ailleurs (mais l’ancienne langue connaissait entrefesson).

Entre-hanter (s’). — Il, 290, « car il est escrit entr'-aymons nous, entre-hantons nous ». Exemple de J. Peletier du Mans, parlant d'Heroët (Art Poëét., 1. I, p. 14, éd. 1555) : « Car ni l'age ni les tans de nous deus ne nous ont soufèrt antrehanter ».

Entrejetter (s’). — Il, 157. Se jeter [des mottes] les uns aux autres.

Entrelouer (s’). — II, 47. Se louer réciproquement.

Entremarcher (s’). — IT, 201, « s'entremarchans sur les pieds ».

Entr'embrasser (s’). — I, 289. Godefroy a deux exemples de ce verbe au moyen âge (Meraugis, Rom. de la Rose).

Entremenacer (s’). — Propos Rust., p. 73, s'entremenassoyent. Godefroy a un exemple de G. Chastellain.

Entremesté. — [Propos Rust., XV : I, 136]. « Et si ne sont bien entremestez, apellez-moi Nisque..…. » = S'ils ne sont pas bien servis d’entremets, s'ils n'ont pas lieu d’être satisfaits de l'entremets... Expression formée accidentellement sur le modèle d’expressions courantes comme « estre bien disné », « estre desjeuné », etc... (régalé). C'est par erreur que Godefroy à inséré l'exemple des [Propos Rust.] à l’article entremesier de son Complément. Au reste l'édition de 1554 avait commis la même erreur et imprimé entremeslez.

Lévy, nouv. coll.’ illustrée, p. 88). Aucune étude spéciale n'ayant été publiée, du moins à ma connaissance, il reste encore permis de se demander si nous avons affaire à un fait de psychologie (hypallage) ou à une adaptation purement mécanique de l’adjectif au substantif qui le précédait immédiatement.

Entrempescher {s’). — II, 208, « se pressent à la sortie, s’entrempeschans ». Godefroy : un exemple de du Pinet (1564).

Entr'empoigner (s’). — I, 174.

Entrerencontrer (s’). — Propos Rust., p. 52.

Entresuite, — I, 23, « eux par une entresuite l'aymans et honorans » = par une conséquence naturelle, une liaison nécessaire.

Entretenir. — II, 67 (maintenir). II, 308, entretenir un contrat, = en respecter les clauses, tenir ses engagements. - Entretrainer (s’). — Propos Rust., p. 72. Godefroy a signalé un

exemple de CI Marot.

Envelousté. — Il, 13, un vilain envelousté. (vêtu de velours comme un gentilhomme) 1. Je note veloufé dans le Purgatoire des Bouchers (1586 ; Fournier, Variétés, V, 271) : « fraisez, satinisez et :veloutlez... »

Epouser une roue à l'envers (II, 63) = être roué. Aïgot. Cf. Anc. Th. fr., VII, 183 : « épouser une potence ». Cabale des jilous (Fournier, Variétés, III, 152) : « espouser ceste veve qui est à la Grève ». Voir : Sainéan, Argot anc., s. v. Mariage (p. 93) et Veuve (p. 102).

Ergoteux. — Ergoteur. IT, 288. Godefroy ne connaît qu'ergoteur, dont le premier exemple connu est tiré de Cholières.

Escacher. — I, 180, « son soulier qui l'escachoit »2? (= le comprimait). Eutrapel, IT, 93, ecaché, ne rompu un œuf » (Du Fail, on le voit, glose par « rompre »; il considérait donc le mot comme vieilli et provincial. Patois actuel d'Ille-et-Vilaine : égacher (Orain, Coulabin) = écraser. ;

Escarbillat. — Eveillé, vif, enjoué. [Propos Rust., p. 145 ; Assézat, I, 49] : « galand, brusque, escarbillat, esperruqué ». Mot gascon introduit dans le texte par l'interpolateur angevin. Cf. Lanusse, thèse, p. 321-322.

Eschallier. — {Propos Rust., XIV ; I, 126]. Petite barrière fixe posée sur le sentier, à la lisière du champ. Le premier exemple signalé jusqu'ici (Godefroy, Complt) est de 1625. — Baliverneries, éd. Courbet, 1, 46 : « À l'entree en lieu d'eschallier... » C'est ici le sens ordinaire d' «escalier ». Les éditions de 1548 donnent ici : escalier (1, 187), substitution intéressante par sa date.

Esclaïter (s’) de rire (littéralement : éclater) — Les premiers exemples connus de cet emploi sont de Rabelais (I, 11, 20). Chez du Fail, s'esclaffer de rire se trouve non seulement dans Eutrapel (1, 220; II, 9), mais encore dans les Baliverneries

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