Terme de médecine : bandage, appareil
3%. À moins qu'il ne faille conjecturer « sur ce Mal » (toutes les éditions anciennes ont mol). Mais on commence à voir à quelle débauche de conjectures se trouverait entraîné l’éditeur des Contes d'Eulrapel.
31. II, 282. Nous avons déjà signalé au début de cet épisode deux bizarreries grammaticales : estans et trouvons (cf. ci-dessus, p. 18, et n. 23. Donnons en note le texte complet que nous analysons : « Je seu depuis qu'elle [ma femme] et la femme de Pierre Tourteau, encore qu'elles fussent commeres, s’estoient entrebatues à qui moudroit la première: de ma part, venant des anses bon compagnon, et hur le gay, par tel refus non encore ouy, me jettay à corps perdu sur une gueve qui avoit servy les confreres de Hurlep, Madame de quelque lieu, champs d’Albia, la Curcaille, trois Pucelles, Pontrocart, le Chesne verd, Tison, et autres lieux d'honneur, et s’estoit rendue à Baudrouillé, et escartee à la malheure jusques là, où il auroit prins d'avec elle par troque ou autrement, un poulain sellé, bridé, et des poix pour des febves, le bon estre (car sa riche femme avoit creu que c’estoit un rheume et en ceste qualité le traitoit et médicamentoit, jusques à puis deux jours) que ses voisines se seroient moquees d'elle, comme ignorante que les rheumes n'’assailloient telles parties, et que par ceste folle croyance elle se faisoit non seulement tort, mais à tout leur sexe et ordre : toustesfois si nous voulions tenir ferme, et soustenir que tels lieux se peuvent endommager par des rheumes, celles qui avoient consulté
commence par s'adresser à eux en style direct : « Je seu depuis... de ma part... me jettay... » Je’fis, dit-il, Ja connaissance d’une gueuse qui, après avoir passé par divers lieux des plus honorables, comme on peut penser, « s’estoit rendue à Baudrouillé, et escartée à la malheure jusque là, où... » Passons sur l'obscurité contenue dans ce « Baudrouillé »; elle ne tient peut-être qu'à l'insuffisance de notre érudition #; mais l'expression « là où » est vague; elle inaugure une portion de récit où, sans crier gare, l'auteur passe au style indirect : «là, où il auroit pris d'elle, par troque ou autrement, un poulain..., le bon estre (car sa riche femme ..….. ) que ses voisines se seroient moquées d'elle... et que par ceste folle croyance elle se faisoit non seulement tort... » N'allons point plus avant. Ji, c'est le narrateur qui, un instant auparavant, s'exprimait en style direct; le bon estre, c’est encore du style indirect, mais cette fois avec la proposition infinitive, qui succède au conditionnel auroit ; quant au verbe déclaratif qui justifierait la dite proposition infinitive (par ex. « il ajoutait le bon [du conte] estre que... »), du Fail s'en passe et juge le lecteur assez intelligent pour s'en passer lui aussi; nous voyons ensuite notre auteur insérer une parenthèse de trois lignes qui, au lieu de renfermer une idée accessoire, une réflexion adventice, contient au contraire une donnée essentielle du conte. Remarquons enfin que le.second que, celui qui commence la proposition complétive « et que par cette folle croyance », ne joue nullement, malgré toutes les apparences, le même rôle que le premier : « que Ses voisines ». celui-ci dépend en effet du verbe estre, tandis que le second aépend de « se seroient moquées d'elle », ou plus exactement d'un verbe déclaratif non exprimé et contenu dans se moquer de : « les autres femmes lui disaient que... lui reprochaient que... » Et ainsi, nous faisant galoper sur un chemin raboteux et parsemé d'’ellipses, du Fail nous mène dare-dare vers la
et mesdit au contraire, en pourroient bien tomber beau saut, attendu qu'il avoit de l'aide dedans le village, et messire Jean leur Curé, qui tous luy tenoient bon, »
32. Si ce nom est poitevin, est-il bien sür que les Français et même les Rennais du XVIe siècle, lecteurs de du Fail, fussent plus avancés que nous ? Cette question peut se poser à chaque page d'Eutrapel, et le plus souvent il est clair qu'elle doit se résoudre par la négative.
conclusion, vers l'endroit où il nous quittera avec une pirouette : « tant que tout alla si mal, qu’en fin tout se trouva bien ». Mais le lecteur cahoté, violenté et nargué fait lx grimace et juge qu’il était préférable, et en somme plus expéditif, de lui exposer un peu plus longuement les choses que de l’obliger à relire deux ou trois fois la même phrase en se prenant la tête entre les mains.
Ajoutons, pour être juste : 1° que, si les exemples cités précédemment ne sont nullement des accidents, des verrues malicieusement choisies par nous, mais ont une valeur représentative, tous les Contes d'Eutrapel ne sont pas un tissu d'énigmes indéchiffrables et ont souvent de la prestesse et du brillant sans détriment pour la clarté; 2 que les deux premiers ouvrages de du Fail, et surtout le premier, sont à peu près exempts des contorsions de style et des déhanchements syntaxiques dont le dernier ouvrage, malheureusement le plus long, nous offre le troublant spectacle.