‹ Essai sur le style & la langue de Noël Du FailChapitre 59 sur 68 · Cf. aussi VEBEIEB ■ii.nillun · texte numérisé non relu

Cf. aussi VEBEIEB ■ii.nillun

LEXIQUE i2t)

parlait des « grosses horloges do Rennes, de Poitiers, de Tours etc » (H, 26), du Fail écrit un hortoge au chapitre xi ,,,,,„/„,,,, (H, il). Mais au chapitre XIX du même ouvrage (II 113) ou il nous entretient de la fameuse horloge de Rennes appelée .« dame Françoise ... et de l'inscription qu'elle porte, il

est bien obligé de constater q -'est i r.wll- ;•• dans

l'usage courant. Dans les docu nts municipaux du M Ie sièc e

„ue j'ai eu l'occasion de feuilleter, le féminin esi la règle et le

masculin IVx.-epli.-n*. ^ '« sn,lin en viendra ^L? Ti

à prédominer, comme le prouvent les documents du M IIIe siècle publiés par L. Decombe; et aujourd'hui encore Les Rennais appellent « le gros » l'horloge de leur ville. Hur le gay — II, 282. Onomatopée ou refrain joyeux exprimant l'ivresse. Godefroy a an article HurUgay où il cite seulement un exemple douteux de Martin Lefranc. Un individu hurlegay devait être quelque peu hurluberlu (refrain du même genre). Cf. houppegay, interjection de joie, dans Godefroy ; ajouter : «. la danse du houppegay » dans la Fleur de poésie française, 1543, édition van Bever, p. 114.

Hutin - Archaïsme. Propos Rust. de 1549, chapitre IX, p. 126 : « S'ilz ne vouloient avoir leur pari du hutin » (querelle, coups). Cette locution contient probablement un jeu de mots ironique sur Initia et butin.

Idolâtrer - II, 207, « avec deux ou trois doigts de liberté dont H idolâtre » II, 274, « idolastrant ainsi de la présence de ces Nvmphes ... Il ne faut pas oublier qu'à l'origine idolâtrer, comme idotatrier, était un verbe neutre : « devenir idolâtre, tomber idolâtre, être fou de ». Villon écrivait dans le Gr. Testant., v. MU . « Salomon en ydolatria » (Cf. Godefroy, s. v. idolatrier). Encore au XVIe s., Marguerite de Navarre écrivait dans Les Prisons : Pensant que myeulx vaut des femmes user Qiïidolastrer d'elles ou abuser.

Mais de bonne heure ce verbe subit l'influence des verbes adorer, aimer, etc., et adopte leur construction active. Iliade — 11, 192, « une Iliade et pleins paniers de chiquanerie ... Longue suite, grande collection (au .-rus péjoratif). Godefroj

culiu. mais constate que l'usage courant fait de - dame nancoise femme.

I. Par exemple, dans les comtes des miseurs de IMMMJ. ^J?»"^ jours féminin. Dans la liasse 49, ce mot est féminin en 1523, mais en 152. je trouve le gros imi-ioge. »

{Compl1) cite deux exemples, dont un de 1579. Erasme, dans ses Chiliades (chil. I, cent, ni), avait un art. Uias malorum : «*IX(â,xkzwv, id est, ilias malorum, de calamitatibus maximis simul et plurimis ; propterea quod in Iliade Homerica nullum mali genus non recensetur ».

Illec. — Cet adverbe de lieu est encore d'un emploi courant chez du Fail, dans Eutrapel autant, sinon plus, que dans les premières œuvres. Se place généralement devant le verbe, qui est le plus souvent à l'infinitif : Propos Ras t. 13 pour illec. parachever ; 21 pour illec se recréer ; I, 1 i-8 pour illec endurer ; 180 pour illec cacher ; II, falloit... illec repaistre ; 214 pour illec estre ton procès fait. — Devant des participes : I, 328 illec fait mettre ; II, 6 illec s'assemblans ; 277 illec présentes. — Après le verbe : I, 325 à faire illec des lingots. — Augment adverbial du démonstratif : II, 286 ce gars illec (c'est un campagnard qui parle) i. — Il est incontestable que nous avons ici un trait d'archaïsme et de provincialisme. En 1585 illec était en décadence (Cf. Brunot, II, 376). Rabelais l'avait ignoré (un seul ex. dans le Ve livre, à demi authentique). G. Doncieux considérait ce mot comme caractéristique de la Bretagne et des provinces limitrophes {Le Romancero français, p. 237). En tous cas, il était surtout provincial. Actuellement il a entièrement disparu des patois de Haute-Bretagne.

Immérité. — Propos Rust., p. 9, « immérité de cest honneur ». Latinisme de sens et d'emploi. Paraît rare. Codefroy ne donne qu'immérité adjectif au sens de « sans mérite, qui ne mérite pas » (sans complément). M. Brunot {Ilisl. I. fr., II, 230) a signalé chez Bugnyon immérité au sens de « qui n'a pas mérité. »

Imperience. — Evtrap. XXII, « le bas cœur et imperience des autres ». La leçon de 1585 (Assézat, II, 168 ; Courbet, II, 33) est inexpérience. Nous n'hésitons pas à adopter la leçon moins banale imperience, attestée par les trois éditions de 1586 (dont l'une fut certainement revue par du Fail), plus celle de 1598. Inexpérience reparait en 1597 et 1603. Godefroy a un exemple de 1530 du mot imperience.

Importunemens. - ■ I, 296. Du Fail a d'abord risqué ce mot, qui figure en 15S5 et 15861. Mais il revient ensuite à la forme courante impur lunitez 2, qui est la leçon de toutes les éditions depuis 15862.

Improspere. — Baliverneries, 1, 147. Funeste, de mauvais augure. Godefroy ne cite que deux exemples, postérieurs à 1548.

1. Cf. aussi, il. 302: « ces diables de Bretons Ulrc » (ici encore, du Fail tait parler autrui).

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