‹ Essai sur le théatre espagnol (volume 2)Chapitre 21 sur 64 · IL · texte numérisé non relu

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ESSAI sua LE THEATRE ESPAGNOL 1^

deut, c'est D. Lucas del Cigarral (1), Tuue des plus célèbres parmi les pièces de Figuron ou de caractère. Il y a peint en traits un peu chargés, mais fortement comiques, les ridicules d'un provincial qui, tout fier du rang qu'il occupe dans sa petite ville et habitué à l'obséquieuse déférence de parents ou de voisins plus pauvres que lui, se trouve tout à coup transporté hors du théâtre où il exerce fort insolemment cette espèce de domination. On a arrangé son mariage avec une jeune personne de Madrid, et il vient la chercher pour la conduire à Tolède où il doit l'épouser, mais dans ce trajet de quelques heures, la pauvreté de son esprit, son insurmontable présomption, la bizarre grossièreté de ses manières révoltent tellement sa fiancée et son futur beau-père, il seconde si merveilleusement, lïialgré sa jalousie ou plutôt par la maladresse de sa jalousie, les entreprises d'un rival préféré, il donne, avec une stupidité si confiante et si gourmée, dans les pièges qui lui sont tendus, que le mariage projeté flixit par se rompre. Les nombreux incidents accueillies, sans trop d'invraisemblance, dans ce très Ç^ourt voyage, sont d'une extrême gaîté et donnent beaucoup de mouvement à Taction. Rojas, comme Pour mieux faire ressortir la physionomie du principal personnage, a mis en contraste avec lui un ^utre amant également dédaigné, presque aussi insupportable par la fadeur de la galanterie et la re-

iXi Cette piè(ie a encore un gecon^ titre peu facile à traduire, ^OWiùiie tojis- ceux «iulsont fprinéa d'un proverbe : -Eu/re 60^0^ ^*^^^ el juago, le jeu roule entre des ôots^^ ;

yèÔ ESSAI SUR LE THÉÂTRE ESPAGNOL

cherche affectée de son langage que D. Lucas par s^. ^a sotte rusticité.

Cette pièce, qui a une ressemblance incomplet»- ^izie avec une jolie comédie de Tirso de Molina, De Tolèi à Madrid, a été, comme le Maître valet ^ transporté sur la scène française au commencement du de Louis XIV au moyen d'une traduction libre c Thomas Corneille qui, nous ne savons trop pourqu en a légèrement modifié le titré : au nom de D. L cas, il a substitué celui de Z>. Bertrand del Cigarr

Dans Ouvrir les yeiujo^ Rojas a tracé un table

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gracieux et animé des artifices et de l'avidité dt femmes galantes, des pièges qu'elles tendent à leo. amants et de ceux où elles peuvent tomber ell^ mêmes lorsqu'elles s'attaquent à des roués ou à d chevaliers d'industrie. Cette comédie est un ench^^înement de situations piquantes autant qu'ina-^fctendues ; les dialogues en sont pleins de sel, d'espr^jfc ^ et d'une élégante facilité ; elle abonde en traits c3ie mœurs et de caractère. Ce qui nous y frappe encor* c'est la décence parfaite avec laquelle le poète traité un sujet quelque peu difficile à produire sur théâtre. Lope n'avait pas eu la touche aussi délicaÊ^^^ dans un drame qui, d'ailleurs, n'est pas à beaucou ^^ près sans mérite et dont nous avons dit quelqu( mots, le Filet de Feni^.

La même habileté à peindre les ridicules, la mêin puissance d'invention pour imaginer les incideni propres à les mettre en relief, la même abondan( de reparties et d'étincelantes tirades, distinguent autre oun^age do Rojas : Ce que c'est que les fomnc^^^-

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ous ne pousserons pas plus loin l'analyse du théâtre e ce poète : nous croyons avoir indiqué tous ceux de Bs drames qui ont mérité et conservé quelque réfutation.

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