LA SUIVANTE DE LEONOR
* Parce qu'il est lui-même cruel et sanguinaire, » qu'il ne nous fera pas justice et qu'au contraire il » se réjouira qu'on imite ainsi sa méchanceté.
LE ROL
» C'est bien l'erreur du vulgaire ignorant, quicon- » fond la justice avec la cruauté et qui lui fait un » crime d'avoir su rétablit^ le respect des lois... »
Léonor, encouragée par les paroles bienveillantes de l'inconnu qui lui promet sa protection auprès du roi, se décide, non sans quelque embarras, à lui faire confidence de l'affront dont elle demande la réparation. Rodrigue lui raconte aussi la violence qui vient de lui enlever sa jeune épouse.
LE ROI (à pari).
» Et on me laisse ignorer qu'il existe en Castille » de semblables scélérats ! Et l'on m'appelle cruel » parce que je punis leurs forfaits ! {liant.) IS'y a-t- » il donc pas de justice à Alcala ? L'alcalde, le corre-
» gidor ne devraient-ils pas l'avoir fait arrêter?
» Quel homme est-ce donc ? Je veux aller le
» voir Madame, habitez-vous sa maison?
LEONOR
» Je l'habitais, mais maintenant, j'ignore si la » porte m'en sei'a ouverte.
LE ROI
» Ayez soin de vous y trouver, j'y passerai ce soir » et je verrai s'il m'est possible d'obtenir qu'à vous, » il vous rende votre femme et qu'envers vous, Ma- » dame, il accomplisse ses obligations.
RODRIGUE
» Pour moi, je veux parler au roi,
LE ROI
» Allez donc à Madrid, je m'engage à vous faire » donner audience. »
Cependant les agents des violences de D. Tello ont conduit dans sa maison la malheureuse Dona Maria. Vainement il s'efforce de la calmer et de la séduire par le pompeux étalage de sa puissance et de sa richesse ; vainement il oppose au triste sort qui serait son .partage auprès d'un pauvre et obscur gentilhomme tout ce qu'elle peut attendre de l'amour d'un homme tel que lui. Maria ne l'écoute point, elle ne cesse de demander qu'il lui soit permis d'aller retrouver son époux.
On vient annoncer à D. Tello qu'un voyageur demande à lui parler.
^< Qu'on le fasse entrer sur-le-champ, » dit-il, « mes » portes sont ouvertes pour tous ceux qui veulent » me voir; aujourd'hui surtout, je désire avoir de » nombreux témoins de mon bonheur. »
Le roi est introduit. Ici commence une scène admirable.
« Il a l'air distingué.