RODRIGUE ARIAS
» Me voici, me voici.
DIEGO DE LARA
» Je t'attends.
LE CID
» Tant de paroles vont mal aux braves.
DIEGO DE LARA
» Tiens achever de rougir la garde de mon épée.
LE CID
» Ne voyez- vous pas que beaucoup faire et beau- » coup .parler ne vont pas bien ensemble ?
AlUAS.
» Mon fils, je n'y puis plus tenir, je descendrai avec » toi dans la lice ; plus près do toi, je pourrai te di-
» riger, mon souffle, ma voix t'animeront. Permettez- » le, Madame.
L'INFANTE
» Oui, Arias, je no vous retiendrai plus, ce n'est » plus le temps de trembler et de s'attendrir, le feu » de la vengeance a séché les pleurs de la tendresse, » il me semble que mon cœur s'est endurci, que mon » âme s'est fortifiée. Allez, Rodrigue, allez venger » votre père et vos frères.
AHIAS.
» Et pour t'animer à venger tes frères, regarde » leur sang qui couvre l'épée et les mains de ton » vaillant ennemi. Ne pense qu'à ton honneur. Ouvre » les yeux au danger, mais ferme ton cœur à la crainte. » Affermis-toi sur ta -selle. Invoque d'abord l'aide de » Dieu. Pique ton cheval lorsqu'il en sera temps, » porte ta lance d'une main assurée, manie ton épée » avec dextérité... Et tout cela, hélas ! servira de » bien peu si le bonheur te manque !