‹ Essai sur le théatre espagnolChapitre 36 sur 61 · RODRIGUE ARIAS · texte numérisé non relu

RODRIGUE ARIAS

» Me voici, me voici.

DIEGO DE LARA

» Je t'attends.

LE CID

» Tant de paroles vont mal aux braves.

DIEGO DE LARA

» Tiens achever de rougir la garde de mon épée.

LE CID

» Ne voyez- vous pas que beaucoup faire et beau- » coup .parler ne vont pas bien ensemble ?

AlUAS.

» Mon fils, je n'y puis plus tenir, je descendrai avec » toi dans la lice ; plus près do toi, je pourrai te di-

» riger, mon souffle, ma voix t'animeront. Permettez- » le, Madame.

L'INFANTE

» Oui, Arias, je no vous retiendrai plus, ce n'est » plus le temps de trembler et de s'attendrir, le feu » de la vengeance a séché les pleurs de la tendresse, » il me semble que mon cœur s'est endurci, que mon » âme s'est fortifiée. Allez, Rodrigue, allez venger » votre père et vos frères.

AHIAS.

» Et pour t'animer à venger tes frères, regarde » leur sang qui couvre l'épée et les mains de ton » vaillant ennemi. Ne pense qu'à ton honneur. Ouvre » les yeux au danger, mais ferme ton cœur à la crainte. » Affermis-toi sur ta -selle. Invoque d'abord l'aide de » Dieu. Pique ton cheval lorsqu'il en sera temps, » porte ta lance d'une main assurée, manie ton épée » avec dextérité... Et tout cela, hélas ! servira de » bien peu si le bonheur te manque !

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