OBSERVATION RÉSUMÉE
Syphilitique, ayant déja eu des accidents d’iodisme, présente une exostose du tibia droit. Dans la connaissance de ce fait que le malade ne tolérait pas KI, M. le D' Thomas lui prescrivit une cuillerée à bouche avant chaque repas d’une solution de 15 grammes de Nal, pour 250 grammes d’excipient. Dès le premier jour, le malade s’alite après la deuxième cuillerée, en proie à des maux de tête violents accompagnés de coryza et de pharyngite. — La nuit suivante, délire.
(1) TroucHauD : Contribution à l'étude des manifest. cutanées de l’intolérance iodique, Thèse, Paris, 1895.
Le lendemain, éruption vésiculeuse sur les cuisses; on double la dose d’iodure, pensant obtenir la sédation complète des accidents. Au contraire, le malade ayant pris ses 4 grammes de Nal, M. Thomas est appelé en toute hâte et constate l’état suivant : Bouffissure de la face, des paupières, du nez; les conjonctives oculaires et palpébrales sont envahies par une rougeur intense. — Dyspnée ; gène inspiratoire, gonflement de la muqueuse du pharynx et du voile.
Le lendemain : Conjonctive droite envahie par un œdème considérable, la muqueuse, présentant un semis de phlycténules, encadre la cornée qui tend à disparaître sous la conjonctive oculaire, atteinte d’un chémosis œdémateux. La paupière infé rieure, fortement œdematiée ; est en ectropion.
Dès ce moment, tout traitement est supprimé ; applications de compresses boriquées chaudes sur les yeux : tout rentre dans l’ordre en trente-six heures.
Notre observation If, qu'il est inutile de reproduire ici, montre fort nettement un cas d’œdème grave de la glotte chez un malade qui absorba 2 grammes de KI, pendant deux jours.
Nous insistons à dessein sur ces manifestations; les observations et les faits précis disent plus que les commentaires ; ce sont les meilleurs arguments en faveur d’un traitement capable de lutter contre l’iodisme.
Il serait facile de rapporter encore les preuves de l’action des iodures sur l'appareil respiratoire; nous nous contenterons simplement de l’énumération faite plus haut.
L'appareil digestif n’est pas plus épargné que ce dernier ; tous les malades ont d'abord une désagréable sensation de goût métallique, dont l'importance est faible. La salivation est plus désagréable, sans avoir cependant d’inconvénients réels ; mais c’est une gêne, un ennui qu’il est juste d'épargner au patient.