‹ Essai sur Le Traitement des Brucelloses par les Dérivés SulfamidésChapitre 10 sur 25 · EXPERIMENTATION GENERALE · texte numérisé non relu

EXPERIMENTATION GENERALE

Il n'est pas dans nos intentions de faire une revue générale des résultats obtenus dans l’expérimentation faite sur les divers sulfamidés, question complexe et encore enévolution. Rappelons seulement certains faits qui paraissent bien établis par l’expérimentation sur le streptocoque. Le prontosil inactif « in vitro » semble agir dans l'organisme à la suite de la formation de sulfamide : ont peut retrouver celui-ci, le doser et l'isoler à état cristallisé du sang et de l'urine des malades et des animaux traités par la sulfamido-chrysoïdine. Le sulfamide (1162F) est actif « in vitro » et « in vivo » : les concentrations employées dans les cultures sont du même ordre de orandeur que celles qu'on trouve dans le sang et le liquide céphalorachidien des animaux traités. L'état réfractaire à l'infection streptococcique créé chez la souris par le 1162F est en rapport avec cette concentration et disparaît dès que le produit est éliminé, l'animal redevenant alors aussi sensible à une nouvelle infection qu'un animal neuf.

Le 1169F est d’une activité « in vivo » beaucoup plus grande que le prontosil, également plus polyvalente : ainsi, le pneumocoque, le méningocoque et surtout le gonocoque restent peu sensibles ou insensibles à la thérapeutique par la chrysoïdine. Il s’agit là de microbes beaucoup plus résistants que le streptocoque à l’action médicamenteuse. Cette différence d’activité peut s'expliquer par l'insuffisance de la vitesse de coupure dans l'organisme de la molécule de chrysoïdine (la différence est plus accentuée par l'introduction par voie sous-cutanée : la coupure s’effectuant là plus lentement que dans l'intestin).

Un fait est très important : il existe un très grand écart entre la dose utile et la dose toxique pour l’animal. Des doses trop fortes amènent chez celui-ci des phénomènes d'intoxication du système nerveux (à type d’athétose), puis la mort. Notons qu'en cette matière, il est tout à fait impossible de conclure de l'animal à l'homme, d’un organisme sain à un organisme malade, que d’ailleurs la toxicité semble augmenter assez rapidement quand on s'élève dans l'échelle animale. 3 |

Les résultats des recherches faites sur l'absorption, la diffusion dans l'organisme et l'élimination du médicament, sont particulièrement intéressants. Chez un chien qui reçoit par voie buccale 10 cg. par kg. de paramino phénylsulfamide, on trouve dans le sang, une heure après, #4 mg. environ par 100 cc.

de sang, dans les 2 à 3 heures, 10 mg. À partir de - = la troisième heure, la concentration diminue pro

ST, re

gressivement et au bout de 24 heures la totalité du produit est éliminée. L'absorption est donc complète en 3 heures, par le tractus gastro-intestinal, De ce fait résulte la règle de donner le médicament par doses fractionnées toutes les 6 heures par exemple. La diffusion dans l'organisme est rapide, le sulfamide est réparti presque uniformément dans tous les tissus. Le sulfamide apparaît un peu plus lentement dans le liquide céphalorachidien que dans le sang, et le produit est également éliminé au bout - de 24 heures.

| L'élimination du 1162F se fait presque complètement par les reins et on le retrouve dans les urines soit sous forme libre, soit sous forme de dérivé acé-

ce = tylé.

Les autres dérivés, en particulier les dérivés colo- Fe rés, sont éliminés en partie sous forme de sulfamide & __ libre ou acétylé, une autre partie restant inchangée. Quel est le mécanisme de cette action du sulfamide ? Pour la plupart des auteurs (FouRNEAU et ses collaborateurs, Lonc, etc.), cette action serait directe, bactériostatique. En effet, cette action sur le développement des microbes peut être mise en évi- dence in vitro sur les cultures de microbes, sur le - sang d’homme ou d'animal traité, sur le sang nor- mal additionné de sulfamide. On observe un parallélisme entre l’action microbicide du sang et les quantité de sulfamide contenues dans ce dernier, dosables par des méthodes chimiques (TRÉFOUËL). Le sulfamide agirait-il plutôt par neutralisation

LMD

des toxines secrétées par les microbes (Oscoop) ? I] ne le semble pas (Lonc, BUTTLE, etc.).

Cependant, dans un organisme infecté, une telle action antiseptique directe n’est évidemment pas seule en jeu.

LEvapiTi attache une grande importance au rôle joué par les leucocytes. Mais s’agirait-il là d’une action élective sur les globules blancs, entraînant l’exaltation de leur pouvoir de phagocytose, ou d’une réaction normale de l’organisme qui tend à se débarrasser de germes affaiblis dans leur agressivité ou dans leur pouvoir de multiplication ? Cependant, ni la splénectomie, ni le blocage du système réticuloendothélial n’'empêcheraient l’action protectrice du sulfamide. Insistons sur l'intérêt d’une telle question dans la recherche de la thérapeutique d’une infection telle que la brucellose, dont un des éléments caractéristiques semble bien être une atteinte spéciale des phagocytes traduites par le syndrome

sanguin de leucopénie avec diminution des polynu- cléaires.

Action du sulfamide dans la brucellose expérimentale

De nombreux auteurs, anglais et américains surtout, se sont attachés à l’étude du 1162F dans l’infection expérimentale par le Brucella abortus et cette expérimentation à donné des résultats fort intéres- sants. | ere Les premières études de MoNTGOMERIE avaient RS

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