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donné des résultats très favorables : l'auteur avait inoculé à des cobayes, une culture de Br. abortus et environ 4 semaines plus tard commencé un traitement par le sulfamide de 100 à 200 mg. par jour pendant 12 jours. Chez 3 sur 4 des animaux ainsi traités, sacrifiés 10 jours plus tard, l’ensemencement des tissus restait sans résultat. Cinn a obtenu des résultats plus favorables encore, puisqu'il était impossible de démontrer l'infection dans le groupe des animaux traités. Mais il avait commencé le traitement 2 heures après l’inoculation, donnant 100 mg. du médicament par jour pendant 1 mois et sacrifiant l'animal à la fin du traitement.
Malgré certains résultats contradictoires, il sem- blait donc bien que le paramino phénylsulfamide ait une action in vivo dans la brucellose expérimentale. Wizson et Irène Maïer ont repris tout récemment cette question et il semble que l’on puisse tirer de leur expérimentation des conclusions intéressantes. Sans entrer dans le détail des expériences, il nous paraît utile d'en rapporter un bref résumé.
Les auteurs ont pratiqué deux séries d’inoculation par injection intramusculaire de culture virulente de Brucella abortus à des cobayes.
Dans une première série, 3 catégories d'animaux ont été traitées de façon différente. Dans une première catégorie (A), les animaux ont reçu par la bouche 100 or. de sulfanilamide pendant 5 jours — le iraitement ayant été commencé 8 jours après l’inoculation. Une partie de ces animaux a été sacrifiée une
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semaine après la fin du traitement, une autre parte, une quinzaine de jours plus tard. La catégorie B a reçu 10 jours après l’inoculation 100 mg. par la bouche tous les jours pendant 10 jours. On en, sacrifie une partie 1 jour après, le reste 1 semaine plus tard. La catégorie C enfin reçoit 150 mg. par jour de sulfamide en 2 fois, pendant 10 jours, ce traitement étant commencé 17 jours après l’inoculation. On en sacrifie de même une partie un jour après la fin du traitement, le reste 1 semaine plus tard.
L'étude macroscopique des organes, l’ensemencement et la numération des colonies obtenues, l'examen des réactions d’agglutination ont donné des résultats fort intéressants, par comparaison aux animaux de contrôle. Cependant, chez aucun des animaux traités, l’'ensemencement de la rate n’est resté stérile. D'ailleurs si les lésions anatomiques étaient moins importantes, les colonies microbiennes beaucoup moins nombreuses, les variations du taux d’agglutination paraissaient de plus en plus favorables de À à C, il faut noter que chez les animaux de contrôle la maladie semblait évoluer vers la guérison. Les auteurs ont donc fait une nouvelle série d’expériences dans lesquelles ils ont utilisé des animaux plus gros (de 4 à 600 gr.), auxquels ils ont fait une inoculation moins importante ; ils commencèrent le traitement plus tard, sept semaines plus tard. Dans
le lot À, ils font un traitement de 1169F, 200 mg:
par jour par la bouche pendant 2 semaines. Dans le
lot B, un traitement de 200 mg. par jour, pendant 4 semaines.
C, 400 mg. en 2 doses pendant 3 semaines D, 400 mg. en 2 doses pendant 5 semaines
Notons qu'un des animaux de ce dernier groupe est mort avec des symptômes d'intoxication : c’est seulement dans ce lot que l’ensemencement de la rate est resté négatif. Cependant l'amélioration sur - tous les autres points était très nette. Il semble donc que le sulfamide exerce une action favorable assez importante sur l'évolution et la gravité de la brucellose expérimentale, quelle que soit la modalité d'application de cette thérapeutique. Cette action semble être conditionnée essentiellement par la dose employée, d'autant plus considérable que cette dernière est plus forte et administrée plus longtemps. Mais pour obtenir une guérison bactériologique, il est nécessaire de faire un traitement intense et prolongé pendant quelques semaines à une dose approchant la dose toxique.
Ces résultats sont fort intéressants : il est inutile d’insister sur la difficulté de conclure d’une maladie expérimentale de l’animal à la maladie humaine si polymorphe. On peut cependant concevoir que dans le traitement de la fièvre ondulante humaine, une dose moins brutale que celle-ci soit nécessaire pour obtenir une guérison, sinon une stérilisation coni- plète du germe « in vivo ». Notons d’ailleurs que | D peus chez l'homme de doses | très frac-
tionnées peut permettre d'obtenir un résultat meilleur à des doses inférieures.
Mécanisme de l’action du sulfamide
L'action du sulfamide sur le Brucella « in vivo » semble donc bien démontrée. Quel en est le mécanisme ?
De nombreux auteurs se sont attachés à démon-
trer l’action directe, bactériostatique des produits sulfamidés. Malgré quelques résultats contradictoires (BRITTON), celle-ci paraît manifeste. FrANGïS, en particulier, a étudié cette action sur 8 souches virulentes de Br. abortus (dont l’une provenait d’un de ses malades atteint de fièvre ondulante qui a, d'autre part, remarquablement guéri avec l’administration de sulfamide). L'activité du produit paraît
considérable, même à des doses très faibles : l’auteur a comparé cette action à celle observée sur une .
souche type de streptocoques : la première lui est parue beaucoup plus marquée.
Maïs ce mécanisme est-il le seul observé, est-il en cause au cours de l'infection brucellienne ? Wezcu, WenrworTn et MicxLe ont étudié chez l’homme et l’animal l'index opsonique, suivant la méthode de Huddleson. | :
Pour ces auteurs, à la suite d’une expérimentation sur l'animal et sur l'homme, l'usage des sulfamides
apparaît utile comme thérapeutique et même comme
diagnostic de la brucellose humaine. En effet, on
observe dans la brucellose un accroissement marqué
UT
de l’activité opsonocytophagique sur le Brucella : il apparaît comme une stimulation du mécanisme de défense de l'animal infecté par l'accroissement des opsonines spécifiques, effectuant ainsi la neutralisation des toxines produites par les microbes, puis la phagocytose résultante. Les examens ont porté sur 5 cas de brucellose humaine à séro diagnostic et intradermo-réactions négatifs (sauf dans un cas). A la fin du traitement par les sulfamides, les réactions d'agglutination étaient devenues positives. Les auteurs ont observé une augmentation du pouvoir opsonocytophagique, faible au début, allant jus-
qu'à 98 % de phagocytose dans certains cas à la fin
du traitement. Ils ont observé des résultats également sinon plus démonstratifs sur divers lots de cobayes : normaux recevant du sulfamide, infectés non traités, infectés traités. Chez les premiers, on n'observait aucune activité opsonophagocytosique, chez les seconds on observait seulement une légère augméntation de ce pouvoir, alors que chez les cobayes traités, il atteignait jusqu’à 100 %.
Cette augmentation du pouvoir opsonocytophagique est spécifique. Elle est très faible pour d’autres microbes que le Br. abortus et réciproquement, chez les malades atteints d’autres infections, leur pouvoir opsonocytophagique ne change pas par rapport à Br. abortus. De plus, pour ces auteurs, l’acti-
vité opsonocytophagique du sang de l'homme ou du
cobaye normaux, même traités «in vitro » par le
sulfamide ne varie pas, qu'on les mélange à des
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Brucella abortus non traités, ou traités. Il leur a été possible de démontrer chez le cobaye infecté, traité par le sulfamide, l'absence du médicament en même temps que l'accroissement de la phagocytose, puis de transférer ce pouvoir phagocytosiqué aux cellules de l’homme ou du cobaye normal en les suspendant dans ce sérum de cobaye infecté, traité, dans : lequel on ne trouve plus de sulfamide. Retenons simplement, de l’ensemble de ces expériences très délicates, qu'il semble résulter de l'utilisation des sulfamides une augmentation du pouvoir phagocytaire des leucocytes et que celle-ci serait due à l’apparition d’opsones spécifiques dans le sérum.
Il nous semble, d’ailleurs, logique d'observer que le mécanisme d'action directe bactériostatique observé «in vitro » ne peut que faciliter l'apparition et le développement des réactions normales de défense de l'organisme, en particulier l’activité leucocytaire, dont la perturbation semble un élément essentiel de l'infection à Brucella. Remarquons par ailleurs que les divers auteurs ont observé, chez l'animal comme chez l’homme, à la suite de l'emploi de sulfa- = mide, des réactions biologiques, réactions d'agglutination, qui nous semblent traduire une accélération et une accentuation des processus habituels qui aboutissent à la guérison normale. Sans insister sur ces faits qui sont encore insuffisamment connus : notons que l'emploi précoce du sulfamide semble faire monter très rapidement le taux limite d'agelu LE tination de 1/150 à 1/1.500 par exemple, alors
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