OBSERVATIONS
OBSERVATION I (personnelle) ll sagit d'un jeune homme, âgé de 22 ans, étudiant à Grenoble, que nous avons vu le 20 juillet 1936, alors qu'il était malade depuis plus de 3 mois.
Le début s'était fait progressivement par une fiè- 2 vre croissant régulièrement jusqu'à 38,8, où elle
s’est maintenue quelques jours pour décroître ensuite. Ce premier épisode fébrile avait duré une douzaine de jours. Cette fièvre ne présentait rien de ca-. Ê ractéristique, sauf peut-être des sueurs abondantes. L'examen clinique était resté négatif ; le malade était cependant amaigri, asthénique. Dans les mois qui suivent, le malade s’est plaint de petites poussées fébriles, la température atteignant au maximum 88,2-38,4 le soir, revenant à la normale le matin.
Ces poussées duraient une semaine environ et étaient séparées par des intervalles totalement apyrétiques
| CarpoN ; ss 3
ai
de dix à quinze jours. Le 15 mai, l'examen clinique ne montre aucun signe particulier. On pense à la possibilité d'une tuberculose, le malade étant particulièrement amaigri, asthénique : rien ne vient confirmer cette hypothèse. C’est à l’occasion d'une nouvelle poussée thermique, séparée des précédentes par un intervalle de 3 semaines, que nous voyons le malade :
Son état général est assez bien conservé, il a poursuivi ses études presque normalement, il est cependant asthénique, très amaigri (7 kgs depuis le début * de la maladie). La fièvre varie entre 37,8 et 38,2 ; l'examen ne montre rien de particulier, sauf une légère splénomégalie. Deux jours après le début de cette pousséé, on administre 8 puis 10 comprimés de rubiazol (2 gr. 50) par jour en trois fois, pendant 8 jours. La température revient en 3 jours à la normale. L'état général s'améliore rapidement, le
malade reprend du poids ; on peut penser à la gué- 4
rison définitive.
Mais au bout d’un mois environ, le 18 août, débute une nouvelle poussée thermique, la température oscillant de 37 à 38,2. Une nouvelle administration, dès le troisième jour, de 10 comprimés de rubiazol pendant 10 jours, est suivie d’un retour rapide et définitif de la température à la normale. C'est à cette occasion qu’on pose le diagnostic de fièvre dé Malte, confirmé par un sérodiagnostic au
Br. melitensis au 1/2.000 et une intradermo-réaction
positive. Il n’y a pas eu de rechute depuis lors.
Ses:
En résumé :
Forme assez bénigne, mais prolongée de fièvre ondulante semblant avoir bénéficié d’un traitement par le rubiazol à doses assez faibles.
OBSERVATION II (personnelle)
Le malade, ouvrier agricole à Limours, âgé de 44 ans, entre à l'hôpital le 26 septembre 1938 pour
une céphalée intense. Il a été, pendant la guerre,
trépané dans la région pariétale droite. Cette trépanation a élé suivie de plusieurs crises Bravais- Jacksoniennes, d’une hémiparésie gauche ayant duré 5 à 6 mois.
Le début de la maladie remonte aux premiers Jours de septembre : il s'est fait par de la céphalée
intense, asthénie progressive, insomnie, sueurs, l’ap-
pétit est conservé. Le malade a maigri de 7 kgs en un mois, il pèse cependant 95 kgs et mesure 1 m. 80. L'examen clinique est presque totalement négatif, cependant la température se maintient en plateau à 39,4. En somme, fièvre continue avec céphalée persistant depuis un mois. Après quatre jours de tem-
pérature en plateau à 39,2, la fièvre amorce une ré-
mission, puis prend un aspect osciliant de 38 à 39,4. Le pouls, relativement lent (84), la leucopénie pouvaient faire penser à la fièvre typhoïde. Hémoculture et séro-diagnostie de Widal restent négatifs. L'examen du sang montre une anémie de 3.800.000 globules rouges avec leucopénie 3.500, la formule leucocytaire étant sensiblement normale, Une ponc-
tion lombaire montre un liquide céphalo-rachidien normal. Le 6 octobre, une intra-dermo réaction à l'abortine donne une réaction locale violente, de la largeur de la paume de la main, sans réaction générale.
Divers traitements sont alors successivement prescrits : salicylate de soude intraveineux (1 gr. par +jour) sans effet apparent, puis septoplix (4 gr. par jour pendant 8 jours). Le séro-diagnostic au Br. melitensis est alors positif au 1/2.500. =
L’hémoculture après repiquage sur bouillon était restée négative. Le tableau clinique est alors caractéristique : fièvre ondulante, sudoro-algique.
Le 24 octobre, à la fin du traitement par le septoplix, un nouvel examen du sang montre une légère amélioration : 4.200.000 globules rouges. 5.100 leucocytes, formule leucocytaire normale. Il faut noter que la fin du traitement par le septoplix coïncide avec la terminaison d’une onde thermique dont le maximum était de 39°8. On pratique ensuite 5 injections de pyoformine, tous les 2 jours sans effet apparent. Mais, le 30 octobre, apparaissent une douleur à la racine de la cuisse, un œdème blanc de la jambe droite et s’installe une phlébite.
Le 6 novembre, on commence un traitement par le Dagénan, à la dose de 3 gr., puis 2 gr. par jour pendant 8 jours, qui paraît dès le premier jour avoir
interrompu l'évolution d’une nouvelle onde. La tem- . pérature tombe de 38°9 à 37°2 et se maintient au- es
dessous de 38. Son administration est assez mal sup-
or
portée, elle engendre des troubles nauséeux à la dose de 3 gr. ; on l'interrompt après 8 jours alors que la température se maintient au-dessous de 38. Une numération globulaire montre alors 4.300.000 globules rouges, 6.000 leucocytes, formule leucocytaire normale.
On assiste ensuite à une reprise de l’état général qui avait été assez sérieusement affecté, à la guérison progressive assez rapide de la phlébite. Le malade quitte le service le 20 décembre, il Li actuellement guéri.
En somme, il s’agit d’une forme assez sévère de fièvre de Malte compliquée d’une phlébite (fait assez rare dans la brucellose) semblant avoir bénéficié du traitement par les sulfamides, alors que salicylate de soude et pyoformine sont restés inactifs. Cependant, le 1162F, peut-être donné à doses trop faibles pour un homme de 95 kgs, n’a donné que des résultats insuffisants. De même, le 693 MB a eu des effets plus nets, mais il n'a été donné qu'à une phase assez tardive, et il semble bien que la maladie évoluait progressivement vers une guérison qu'il n'a fait qu'accélérer.
: __— OBSERVATION III (S. OPPENHEIM) Le malade, âgé de 43 ans, était jusqu’en septembre 1936 d'une excellente santé. On ne relève dans antécédents qu'une blessure de guerre et une in- tervention pour hernie. C’est au retour de ses vacances en Algérie, où il se rendait tous les ans (il
était un grand buveur de lait cru), qu’apparaissent fièvre, asthénie, amaigrissement. On pense à une évolution tuberculeuse ; tous les examens restent négatifs, sauf un Vernes résorcine à 80. En mars 1937, l’état général déclinant, le malade présentait alors des poussées fébriles à 39, apparaissant par ondes d’une durée d’une quinzaine de jours, sépa-
rées par des intervalles plus ou moins longs, pres-
que apyrétiques. L'hémoculture est négative ; étant donné l’anémie marquée, la splénomégalie importante, on pense à une maladie du sang : la formule leucocytaire est cependant sensiblement normale à plusieurs examens répétés. Cependant, l’état général s’améliore au vours de l'été 193%: en décembre 1937, on assiste à une nouvelle poussée. À ce moment, on pense à la mélitococcie, le sérum du malade agglutine le melitensis à 1/50, taux peut-être insuffisant pour affirmer le diagnostic. Cependant le syndrome clinique de fièvre ondulante sudoroalgique est alors assez complet. La splénomégalie, qui avait régressé, reparaît, la rate est palpable. L'état général décline à nouveau. : F
On commence à ce moment une série d’injections de pyoformine antimélitococcique de Ranque et Senez, sans aucun effet sur la température ni les manifestations cliniques. De même, en juin, un traitement par le rubiazol (huit comprimés par jour pendant 6 jours) est sans résultat. La maladie semble, au bout de quelque temps, s'améliorer, le pa-
tient continue son travail, jusqu’au 10 septembre S
1933, où elle s'aggrave à nouveau. CAMBESSÉDES le voit alors, l’intradermo-réaction à la mélitine est totalement négative à plusieurs reprises. Cependant, le sérum agglutine le melitensis au 1/50 à nouveau : réaction douteuse, mais intéressante. On tente alors un traitement par le sulfar, interrompu dès la première injection à la suite d'une violente réaction thermique. De même une série de 6 injections intraveineuses de 10 cc. de soluseptazine, solution à 6 %, reste sans grand résultat. Une série de Quinby se montre également inefficace. C’est alors que le 20 octobre 1938, on donne au malade du Dagénan à raison de 4 comprimés (2 gr.) pendant 6 jours. Pour la première fois, on obtient une action nette d’un médicament sur la fièvre qui s'élevait à 38°5 et sur les signes cliniques : baisse presqu'immédiate de la température suivie d’une amélioration rapide de l'état général. Malheureusement, le malade étant, le 9 novembre, en excellent état apparent, dans la nuit du 9 au 10, il se plaint de douleurs épigastriques et meurt très rapidement à la suite d’une hémorragie gastro-intestinale très abondante dont la cause nous reste inconnue.
— S Î : à En somme, il semble s'agir là d’une forme pro-
: ‘longée, résistante, anergique, de fièvre de Malte. Les “divers traitements essayés se sont montrés ineffica-
ces (pyoformine, rubiazol, septazine, quinby) ou dangereux (sulfar).
Seul le 693 semble avoir donné des effets favorables, à d’assez faibles doses.
OBSERVATION IV (CAMBESSEDÈS)
L'interrogatoire de la malade, une femme de 42 ans, ne rapporte rien dans les antécédents ni le mode de contamination possible.
La maladie a débuté dans les derniers jours d’octobre 1938, assez progressivement, par courbature, frissons vespéraux, anorexie. Ces symptômes s’accentuant : céphalée, anorexie, fièvre vespérale, sueurs très abondantes, courbatures de plus én plus intenses, avec des intervalles de calme. Le 19 novembre, asthénie considérable, douleurs musculaires généralisées, t. 39, nécessitant hospitalisation. Les divers examens pratiqués restent négatifs. On donne
alors régulièrement du rubiazol, 20 comprimés par
jour. Cette administration est suivie le lendemain
d’une chute de la température de 39 à 37,3. Pendant
3 jours, elle ne varie plus que de 37,3 à 37,8 le soir.
Mais elle remonte progressivement. L'urotropine
paraît inefficace, nouvelle onde thermique séro D. à Eberth para A et B négatifs.
Syndrome où dominent fièvre et sueurs , pas. 2. : splénomégalie, courbe thermique ni assez | Lypique. Hémoculture négative le 14 décembre ; le 20 décembre, intradermo-réaction à la mélitine,. pratiquée par CAMBESSÉDÈS, très positives . af
firmé. à Po
Une nouvelle .. thermique commence malgré