GÉNÉRALITÉS
Le traitement chimiothérapique des maladies microbiennes n'existait pour ainsi dire pas avant 1935. Certes, çà et là de vagues indications laissaient prévoir que tôt ou tard les chimistes seraient sur la voie d'une véritable chimiothérapie antimicrobienne, mais c'était tout. (LEVADITI.) |
C'est alors que Domacx, à la suite des recherches chimiques de HôrLeIN, de Mrerscn et KLARER, exposa les remarquables résultats qu’il avait obtenus dans l'infection streptococcique expérimentale avec
un produit colorant, la sulfamido-chrysoïdine. On
constata peu après l'effet thérapeutique non moins remarquable que ce sulfamidé azoïque exerçait sur divers processus streptococciques, tels que l’érysipèle, certains phlegmons, etc... Les résultats obtenus et sa faible toxicité assurèrent rapidement une large utilisation de cette médication nouvelle sous forme de chlorhydrate de sulfamido-chrysoïdine
(Prontosil en Allemagne, Rubiazol en France), puis Azoïque IV de Girard, carboxysulfamidochrysoïdine
ou Rubiazol C. Ce dernier fut expérimenté en France,
RE Ve VER
par Levaorri et Vaisman, Ces corps colorés très actifs, «in vivo », sont dépourvus de propriétés microbicides « in vitro »,
Fourneau et ses collaborateurs, M. et M Tré- FOUEL, Nirri et Bover, s’appliquèrent à rechercher la partie active de ces corps et démontrèrent que l'efficacité du médicament résidait dans le noyau sulfamidé, émettant l'hypothèse d’une coupure s’effectuant dans l'organisme de la molécule du Pron- 0 tosil en deux fragments : l'aminophénylsulfamide et £ le triaminobenzène. Is proposèrent donc un corps ; de formule simplifiée, non colorant, le paraminophénylsulfamide, 1162F. A ce corps il fut reconnu; tant en France, qu’à l'étranger, une activité antiseptique considérable, in vitro et in vivo, et polyvalente : il agit non seulement sur le streptocoque, mais aussi sur le gonocoque, le méningocoque, etc. Depuis bientôt trois ans, les recherches expérimentales, les observations se sont multipliées, apportant aux médecins de nouveaux produits, de nouvelles : indications, de plus en plus précises, plus encourageantes. C’est ainsi qu'en France, on utilisa d’abord un dérivé benzylé, le benzyl-paramino phényl sulfamide (septazine, 46 R. P.), alors qu'à l'étranger, dans les pays anglo-saxons, on utilisait la p. amino phényl sulfamide sur une très grande échelle, pour les affections microbiennes les plus diverses. Récemment, à la suite de travaux anglais (Ewins et Pr LiPS), la chimiothér apie antimicrobienne s’est enri- — chie d’un nouveau produit RER un : pyri- = er
sn
dique dans sa molécule, le + (p. amino phénylsulfamido) pyridine, corps 693 M. B., Dagénan. Ce médicament a une action comparable à celle des corps antérieurement utilisés sur le streptocoque, le méningocoque, mais il serait plus spécialement actif sur le gonocoque (DurEL) et le pneumocoque ; 1 serait surtout d’une toxicité moindre.
Il existe de très nombreux autres corps de cette série sulfamidée ; on a ainsi recherché des corps ayant une activité plus grande, ou une activité spécifique, des corps d’une toxicité moindre ou des dérivés solubles permettant l'utilisation de la voie parentérale. =
Signalons enfin que les expérimentateurs anglais (BUTTLE) et français (FOURNEAU) ont pu mettre en Jumière les propriétés antiseptiques d'une nouvelle série de dérivés organiques du soufre, les sulfones dérivés de la p. diaminodiphénylsulfone, dont le noyau sulfamide ne fait pas partie.
Nomenclature